CHAPITRE III. — FRONTIÈRE BU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE. m
les cours d'eau qui desendent des Vosges : la Doller, la ThUr^ la Fecht^ la Brûcht ; elle les empêche d'aller directement au Rhin et par suite de former des obstacles continus, barrant la vallée enti*e les montagnes et In fleuve. Le canal du Rhône au Rhin passe entre 1111 et le Rhin dans cette plaine de graviers et de tourbières souvent stérile qui se trouve enti*e ces deux cours d*eau. Ce n'est que sur la rive gauche de nu dans les parties où le limon ou lôss rhénan domine qu on trouve les riches cultures de l'Alsace. La partie supérieure de bassin de TIU s'appelait jadis le Snndgau et la partie septentrionale le Wa^gau.
Les rivières qui descendent des Vosges au nord de la Bruche, y compris cette dernière qui se jette dans Tlll aux portes de Strasboui'g, remplissent le but indiqué précédemment et coupent transversalement toute la plaine de la basse Alsace, formant ainsi des lignes de défense plus ou moins bonnes. Ce sont :
la Zorn qui trace le passage le plus important des Vosges ; elle débouche à Saveme et, avant de se jeter dans le Rhin, elle reçoit la Zinlzel et la Moder ;
la Saner qui passe à Wœrlh et sur la rive droite de laquelle se trouve la position de Frer^c/iuuV^r défendue avec tant d opiniâtreté par le Maréchal de Mac-Mahon le 6 août 1870 ; la position de Wœrlh, sur la rive gauche, avait été occupée face à l'ouest par Wûrmser en 1793 ;
la Laiiter dont le cours inférieur servait de limite à la France avant 1870 et dont les inondations, produites par une suite de barrages, servaient à renforcer les lignes de Wissembourg construites par le maréchal de Villars pendant la guerre de la Succession d'Espagne et utilisées par les généraux de la République ; elles étaient formées par une suite de redoutes et s'appuyaient à droite au Rhin et àLauterbourg alors fortifié, à gauche au Pigeonnier et à Wissembourg. En octobre 1793, ces lignes avaient été forcées par Wûrmser; à la fin de la même année Hoche les i*eprenait par la victoire du Geisherg au sud de Wissembourg. La Lauter prend sa source au plateau de Pirmasens et est suivie jusqu'à Wissembourg par une route qui vient de Pirmasens. Sur la rive gauche de celle rivière, dans la Bavière Rhénane, se trouve la vaste forêt de Bienxoald^ qui favorisa l'offensive des Allemands dans la campagne de 1870, en permettant au 1 !• corps prussien de déboucher à couvert sur la Lauter et de tourner la position du Geisberg. Cette forêt est du reste bien percée et forme par elle-même une bonne position ; au centre se trouve une grande clairière dominée par un mamelon sur lequel est construit le village de Buchelberg,
Viennent ensuite :
la Queich qui passe h Landau et se jette dans le Rhin ii Germersheim ;
le Spirebach, qui vient du plateau de KaiserslaAtern, qui passe à Neustadt et finit à Spire ;
la Pfirimm qui descend du Mont-Tonnerre et qui finit à Worms ; elle forme une bonne position défensive face au sud ; elle fut souvent occupée dans les guerres de la Révolution ; en 1870, le général de Moltke comptait pouvoir y concentrer les finrces allemandes en cas d'attaque subite des Français ;
m LIVRE IL — LA FRANCS,
la Selz qui vient du Mont-Tonnerre ; elle arvose le plateau d*Alzey et Be jette dans Rhin en aval de Mayence ;
la Nahe qui descend du plateau de Tholey et qui reçoit la Glan ; elle traverse une vallée riche en houille et eu minéraux de toutes espèces ; à droite et à gauche elle est encaissée entre des hauteurs qui la dominent de 200 mètres. Les positions les plus importantes à occuper sur cette ligne sont celles de Dirkenfeld, de Kim et le plateau entre Kreuznach et Bingen^ elles sont situées sur la rive gauche et font face au sud-est ; les positions de la rive droite sont beaucoup moins fortes. Cette rivière forme la ligne d'opérations la plus courte entre les deux bases Trèves^Sarrebrùck et Bingen-Mayence^ et elle coupe toutes les lignes de communications entre le Hardt et le Hûnsrûck. Elle est suivie par une grande route et par la voie ferrée de Neunkirchen-Bingen ; cette dernière n'a encore qu'une voie, mais on travaille à établir la seconde ; elle traverse 24 fois la rivière. Il faudrait 5 à 6 journées de marche pour aller de Sarrebruck à Mayence.
En descendant le Rhin, on arrive à la Moselle qui est le plus considérable des affluents de la rive gauche et dont nous allons nous occuper spécialement.
Au nord de la Moselle, on rencontre des rivières qui descendent de TEifel et dont les vallées encaissées donnent lieu à quelques bonnes positions militaires ; ce sont d'abord la Nette et TAhr qui coulent de l'ouest à Test, enân TErft qui coule du sud au nord, et passe à Euskirchen^ nœud de communications important situé sur la voie ferrée de la Kyll et qu'un embranchement doit relier directement au Rhin Vers Brûhl; cette dernière rivière devient navigable à partir de Bcrgiveim et aboutit au Rhin un peu en amont de Neuss, Entre celte rivière et le Rhin se trouve le plateau tertiaire des Ville qui est couvert par la grande forêt de Cologne et qui protège cette ville à Touestî il a plus de 30 kilomètres de longueur et 5 de largeur, il domine la plaine d'une quarantaine de mètres et la voie ferrée à.' Aix-la-Chapelle à Cologne le traverse sous un tunnel de 1300 mètres.
La Moselle. — La Moselle prend sa source dans les Vosges au pied du Drumont, sa vallée est assez étroite et limitée par des hauteurs escarpées jusqu'à Épinal; plus bas elle s'élargit, quoique souvent les berges soit abruptes et rapprochées de la rivière, comme cela a lieu dans le coude qu'elle décrit autour de la forêt de Haye ou bien aux environs de Metz. La rive droite est presque toujours dominante excepté entre Charmes et Bayon,
La Moselle coupe les divers étages du terrain de trias, et les étages inférieurs du terrain jurassique, elle écorne entre Toul et Metz le calcaire oolitique et retraverse les mômes terrains en sens inverse, A partir de Metz, les berges s'éloignent et deviennent pins basses ; puis vers Trêves la rivière atteint le terrain de transition et coule dans une profonde vallée qu'elle sest creusée entre l'Eifel et le Hûnsrûck, son cours est extrêmement sinueux et rapide. La largeur de la Moselle ne dépasse pas 60 mètres en France, elle devient navigable à partir de Frouard : en Allemagne elle