CHAPITRE III. — FRONTliRS DU N0RD-B6T OU D'ALLEMAGNE
taide pas à atteindre 100 mètres au-dessous do Metz et elle a 200 mètres de large & son embouchure à Cobknz.
La Moselle, dans son parcours sur le territoire français et en Lorraine, n'est difficile à passer sur aucun point ; on ne compte pas moins de 36 ponts fixes depuis sa source jusqu'à Metz, sans compter les ponts en bois et les passerelles du cours supérieur ; elle coule presque partout au milieu de prairies, le fond est solide et les gués assez nombreux, ceux qui sont au-dessous de Frouard ne sont praticables qu'après une longue sécheresse ; au sud de la forêt de Hayes, la rivière est encaissée entre des pentes raides et ne pourrait pas êti*e franchie en cet endroit. Elle est traversée par des ponts fixes à Frouard^ Marbache, Dieulanard^ Pont^à-Mousson, Corny et Ars^ puis au-dessous de ce point on ne trouve plus de passage jusqu à Trêves que dans le rayon des places fortes de Metz et de Thionville, La vallée de la Moselle, comme nous Favons vu, est limitée par des hauteurs qui la dominent de 100 à 150 mètres, elles lui laissent une largeur de 1500 mètres vers Pont-à-Mousson, de 3000 mètres à Metz. A Pont-à'Motisson^ sur la rive droite, des coteaux couverts de vignobles s'élèvent jusqu'à une hauteur de 200 mètres audessus de la rivière et sont couronnés par les ruines du château de Mousson ; c'est là un point fort important pour couvrir le passage de la rivière. Plus au nord vers Jouy-aux-Arches se trouve le piton isolé du Saint'Blaise^ qui forme Textrémité du plateau de Mousson ; les collines s effacent alors sur la rive droite et la vallée s'élargit de ce côté tandisque les hauteurs bordent la rive gauche jusqu'au mont Saint-Quentin qui domine Metz, En aval de cette place, les terrasses de la rive gauche s'éloignent à 3500 mètres de la Moselle, tandis que le plateau au nord du ravin de Vallières se termine en pente brusque sur la rivière même, en sorte que ces hauteurs de la rive droite, bien que moins élevées que celles de la rive gauche, commandent la vallée et les voies de communication qui s'y trouvent. Cet avantage reste à la rive droite jusqu'à l'embouchure de TOrne.
Au nord de Trêves, le passage est difficile, parce que les berges sont élevées, rocheuses, et bordent le fleuve, parce que de plus les routes sont beaucoup plus lares sur les deux rives. Le passage d'une rive à l'autre se fait au moyen de bacs. Trarbaeh à mi-chemin entre Trêves et Goblenz commande les principales routes des deux rives ; c'est dans une presqu'île de la rive gauche en face de Trarbaeh que Louis XIY avait faitélever le fort de Mont-Royal àQs^\iù& à dominer toute lacontrée et à mettre sous notre dépendance les électeurs de Trêves, de Mayence et de Cologne ; nous avons vu que le traité de Ryswick avait forcé le roi à démolir cette citadelle.
Avant de sortir des montagnes, la Moselle reçoit sur sa droite la Hoselotte et la Tologne, ruisseaux dont les vallées, larges sur certains points, sont sur d'autres de véritables défilés ; nous avons déjà signalé la profonde échancrure que suit la Vologne entre Gérardmer et Granges.
Vieat ensuite la Heurthe qui nait au nord du col de laSchlûcht, qui passe à Saint- Dift, Raon l'Etape, Lunéville, Nancy, et qui se jette dans la Moselle à Frouard ; elle est
elle-même grossie de la Mortagne à gauche, de la Yezouse et du Sanon à droite ; ces deux dernières rivières qui servent d'écoulement aux étangs qui se trouvent aux environs de Réchicourt, sont assez marécageuses ; entre elles se trouve une longue crête couverte par la forêt de Paroy. La vallée de la Meurthe est large et d'un parcours facile, elle est suivie à partir de Saint-Dié par une voie ferré qui dessert Raon-rÉtape, Baccarat, Lunéville, puis plus bas par la grande ligne de Paris- Strasbourg, entre Lunéville et Frouard. Le canal de la Marne au Rhin qui atteint la Moselle à Toul, après avoir passé les hauts de la Meuse sous un tunnel parallèle à celui du chemin de fer, la suit jusqu'à Frouard, puis remonte la Meurthe et emprunte la vallée de son affluent le Sanon pour se diriger vers la Sarre. La Meurthe coule d'abord au milieu des granits de la partie méridionale des Vosges, au milieu du grès rouge des environs de Saint-Dié, traverse le grès des Vosges et les divers étages du trias, arrose vers Lunéville une plaine de diluvium alpin et atteint Toolite inférieur à Nancy. La Meurthe devient navigable à Nancy, le passage en est partout facile, on compte 25 ponts fixes depuis sa source jusqu'à son embouchure. La Moselle reçoit la Saille à Metz ; cette rivière dont les bords sont presque partout marécageux, sert d'écoulement à Vétang de Lindre, passe dans les fossés de la place de Metz et permet de créer sous cette place une inondation destinée à rendre inabordables les fronts du sud-est. Elle forme une ligne continue qui coupe toutes les routes d'invasion A Test de Metz. Plusieurs généraux l'ont préconisée et ont pensé qu'elle pourrait être facilement défendue, si elle était organisée et renforcée, mais elle n*a jamais joué aucun rôle. Après les événements de 1814 et de 1815, on avait pourtant créé la place de Marsal destinée à servir d'appui à la ligne et à soutenir un des principaux barrages de la vallée. Nomèny est le seul point du cours de la Seille qui soit resté à la France.
La Sarre a sa source au Donon, elle coule du sud au nord parallèlement aux Vosges dans une vallée assez ouverte, mais boisée et marécageuse, elle est suivie par la voie ferrée de Sarrebourg à Sarreguemines et Sarrebrûck, qui est établie sur la rive gauche entre Sarralbe et Sarreguemines, et sur la rive droite sur tout le reste du parcours ; à quelque distance à l'ouest de Sarrebourg le canal des Houil^ lères ou canal de la Sarre s'embranche sur le canal de la Marne au Rhin, atteint la Sarre à Sarralbe et la suit jusqu'à Sarreguemines où cette rivière devient navigable. Au-delà de Sarreguemines, son lit est souvent encaissé et dominé par des rives élevées. Avant de changer de direction à Sarrebrûck, la Sarre longe le pied des hauteurs qui terminent à l'est la forte position de Spickeren^ défendue par le général Frossard dans la journée du 6 août 1870 ; c'est par la petite vallée de la Rosselle que la 13^ division prussienne tourna la gauche de la position ; en arrière de Spickeren se trouve une seconde position très forte, mais qu'on ne put occuper par suite de la trop grande désorganisation des corps après l'échec de Forbach, c'est celle de Calembronn. Sarrebrûck où se trouvent trois ponts, est un point de passage favorable de la rive gauche à la rive droite ; c'est le principal débouché en Lorraine des che-*