CHAPITRE III. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE
mins do fer de la Nahe et du Palatinat, ce qui en fait un point stratégique fort important.
La Sarre coule d'abord au milieu du terrain de trias, elle coupe entre Sarrebrûck etSarrelouis le grès des Vosges et Textrémité du bassin houiller de la Nahe, puis elle retrouve le grès bigarré du trias et coule à la limite du grès bigarré et du terrain de transition avant de se jeter dans la Moselle h Conz un peu au-dessus de Ti*èves. A partir de Sarrelouis elle devient très-sinueuse et est bordée de hauteurs ; sur la rive gauche entre le village de Bisten et la Xied se trouve un plateau ciui forme une bonne position défensive contre un*assaillant venant du nord ; au-delà de Mcrzifj, point de passage de droite à gauche, la vallée devient très étroite et souvent ne laisse de place ni au chemin de fer, ni h la i^oute. Dans Tangle compris entre les rives droites de la Sarre et de la Moselle, se trouve l'importante position de Conzarbruche. La Sarre reçoit à droite la lilies qui passe à Neunkirchen et à gauche audessoQS de Sari'elouis la Sied^ dont les deux bras la Sied française et la Sied ailemande baignent le plateau de la Lorraine ; les berges de ces deux rivières forment des positions qui auraient pu être défendues en 1870 pour couvrir Metz.
Au centre du plateau de la Lorraine^Xord qui appartient maintenant à TAllemagne, se trouve l'importante position de Baronville ; elle est située aux sources de la Nied, de la Seille et de TAlbe, c'est là que viennent se croiser les routes de Sarregucmines, de Saint-xVvold, de Metz, de CliâtcauSalins, de Dieuze. Les Prussiens doivent compléter le réseau des voies ferrées de la Lorraine en construisant une ligne de Sarrebourg à Remilly^ station de la ligne de Metz à Sarrebrûck, de manière à avoir une communication directe entre les deux grandes forteresses de Strasbourg et de Metz ; la ligne de Natwj à Chdteau^Salitis doit aussi être prolongée jusqu'à Sarrablc; enfin la ligne de Sarregucmines à Hening doit être pi'olongée jusqu'à Thionvillc où on construira une grande gare militaire dans Tile formée par la Moselle et le canal du Fort.
Presque en face de l'embouchure de la Sarre, se trouve celle de la Sure qui vient des Ardennes et reroit YAlzeiie qui passe à Luxembourg ; elle coule au milieu de prairies dans une vallée étroite et boisée, elle est navigable dans la partie inférieure de son cours. Ces rivières et leurs aiiluents arrosent le Luxembourg Hollandms^ jMiys montueux et couvert de vastes forêts, dont la partie centrale présente d'énormes masses de rochers surplombant au-dessus des vallées.
lies affluents de gauche de la Moselle : le Rupt de Mad, la Mance, l'Ornes, tra- %'ersent la grande plaine couverte de forêts et d'étangs qui se trouve entre les Hauts de la Meuse et la Moselle, et forment quelques belles positions défensives.
£nQn au-dessous de Trêves, la Moselle reçoit encore la Kyll dont la vallée étroite et sinueuse trace un véritable sillon entre deux murailles basaltiques taillées dans TEifel et se resserre de plus en plus vers l'embouchure. Dans ces dernières années, on a construit le long de cette vallée un chemin de fer qui rejoint Trêves à Euskir-
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chen et à Cologne ; les travaux d'art sont nombreux, le tunnel le plus long se trouve près de Killbourg.
La vallée de la Moselle au-dessous de Thion ville n*est encore suivie par aucun chemin de fer à cause des difficultés du tracé au nord de Trêves, mais bientôt on en construira un qui rejoindra 3l€tz à Trêves et à Coblenls et qui sera une des sections de la grande ligne directe de Metz à Berlin; il suivra les plateaux de la rive gauche.
Les canaux qui mettent en relation le bassin du Rhin avec les bassins situés à Touest de son cours, sont : 1® le canal du Rhône au Rhin qui fait communiquer ces deux fleuves par l'intermédiaire de la Saône et du Doubs, il aboutit au Rhin à Huningue et à Strasbourg, il détache des embranchements sur Colmar et sur Soultz {canal de la Bruche) ; 2^ le canal de la Marne au, Rhin qui coupe les vallées de la Meuse, de la Moselle et de la Sarre, emprunte au passage des Vosges la vallée de la Zorn et aboutit à Strasbourg. De plus dans le bassin de la Sarre se trouve le canal des Houillères et dans celui de la Seille le canal des Salines,
La Saône. — Le Doubs. — La Saône et le Doubs appartiennent au bassin du Rhône et nous ne nous occuperons de ce théâtre d* opérations que plus tard ; mais comme les routes qui passent par la trouée de Belfort viennent déboucher dans la partie supérieure de leurs vallées, nous allons décrire de suite ces dernières.
La Saône qui coule au centre d*une longue bande. d'alluvions modernes, prend sa source dans les monts Faucilles, elle possède de suite un volume d'eau considérable et ne peut pas être franchie sans pont ; elle devient navigable entre Port-sur- Saône et Gray. Jusqu^à Chalon, elle suit la direction du sud-ouest en faisant des nombreuses sinuosités; à partir de cette ville, elle se dirige directement verç le sud jusqu'à Lyon où elle se jette dans le Rhône,
Elle longe les versants orientaux des montagnes de la Côte-d'Or, du Gharolais, du Beaujolais, et sa vallée n'est ouverte que sur sa rive gauche. Son cours est assea calme, mais elle déborde après de longues pluies.
Le principal affluent de la Saône est le Doubs qui a un cours extrêmement bizarre et sinueux entre les crêtes du Jura, il prend sa source au mont Risoux au sud de Pontarlier et se dirige vers le nord-est ; il traverse le lac de SainhPointi passe à Pontarlier, puis au-dessous de Morteau il s'élargit en une nappe d*eau qu'on appelle lac de Chaillexon, il se rétrécit bientôt et forme une cascade de 27 mètres^ connue sous le nom du Saut du Doubs ; le cours de la rivière sert ensuite de limite a la France et à la Suisse presque jusqu'au point où elle change de direction, le coude qu'elle forme à Saint-Ursanne appartient tout entier à la Suisse, puis elle redevient entièrement français et se dirige directement à l'est. Le Doubs longe au sud les pentes du Lomonl, reprend la direction du nord, coupe cette chaîne à Ponl-de- Roide, forme un nouveau coude à Montbéliard, où il devient navigable, se dirige vers le sud -ouest en longeant les escarpements du plateau Séquanaris jusqu'à Id