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CHAPITRE m. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE. 12T

forêt de Chaux, coule ensuite en plaine, reçoit la Lom qui vient du Jura et va se jeter dans la Saône à Verdun. Un canal rejoint Rochefort ou Dote sur le cours inférieur du Doubs à Saint-Symphorien sur la Saône, presque en face de Saint Jean-dC'Losne oCi débouche le canal de Bourgogne, La largeur du Doubs auprès de Besançon est de 64 mètres et sa profondeur de 4 mètres.

Un autre affluent de la Saône, situé un peu plus au nord, est rOgnon qui prend sa source au Ballon de Servance et qui coule parallèlement au cours inférieur du Doubs dont il est séparé par des collines souvent boisées; il couvre Besançon contre les attaques venant du nord-ouest et les défenses de cette place vont s*étendro jusqu'à cette rivière par la construction des forts de Challuz et de GhAtillon-le-Duc.

(Vest par la Saône et le Doubs que le Rhône est mis en relation avec les bassins voisins ; par le canal du Rhône au Rhin qui suit ou emprunte le lit du Doubs jusqu fi Montbéliard,il commuuique avec le Rhin; par le canal de Bourgogne avec la Seine; par le canal du Centre qui commence à Chalon-sur-Saône et finit à Digoin, avec la Loire. Ce dernier est alimenté par Vèlang de. Long-Pendu qui se trouve auprès de Montchanin au point de partage des eaux. On doit prochainement, c^mme nous Tavons déjà dit, construire un canal qui passera par Langres et fera communiquer directement la Marne avec la Saône qu'il atteindra à Gray.

DÉFENSE DE LA FIlOxNTlÈRE. — Avant la guerre de 1870, les Allemands pouvaient déjà franchir le Rhin chez eux, circonstance qui leur faisait préférer pour l'invasion les directions venant du nord^est à celles venant de Test se heurter au Rhin et aux Vosges. L'ennemi avait dans le rentrant protégé par Coblentz, Maycnce et Landau une grande place de rassemblement; il avait donc tout avantage à attaquer de ce côté, près de sa base, et n'avait nul intérêt à violer la neutralité do la Belgique. Aujourd'hui, les circonstances sont encore plus favorables pour lui, il est libre d'aborder la frontière sur tout son développement, il possède la Lorraine qui forme comme un coin dans le territoire français, avec la place de Metz au saillant, ce qui lui assure un débouché sur les lignes d'invasion les plus courtes ; de plus ses lianes sont parfaitement garantis d'une surprise, à l'ouest par la ligne de la Moselle renforcée par Metz et Thionville, au sud par la ligne de la Seille et le pays entre cette rivière et la Moselle où les routes sont très-peu nombreuses.

Chemins de fer. — Tunnel» et viaduots qu'ils fVanchisiient. — Les

voies ferrées ont acquis une importance capitale qui décide souvent delà marche des armées eUde la direction des lignes d'invasion. Pour empocher l'ennemi de les utiliser, on détruira un ou deux grands ouvrages d'art impossibles à tourner par une voie dé raccprd, mais il sera inutile de multiplier les destructions comme on l'a fait dans la dernière guerre. Il faut donc connaître l'emplacement des principaux tunnels, des grands viaducs, des profondes tranchées, et nous allons énumérer ceux que traversent lés lignes qui franchissent la frontière pour aboutir à Pari».

Quatre voies ferrées conduisent de la frontière vers Paris, ce sont :

!<* La ligne des Ardennes de Thionville à Mézières, prolongée parcelle de Mézières à Paris par Reims, Elle est trop près de la frontière belge pour que Tennemi puisse s'en emparer et l'utiliser dès le début des hostilités. Cette ligne pourrait être barrée par la destruction du tunnel de Fonloy (323 mètres), mais ce dernier est aujourd'hui en Allemagne ; un peu plus k Toaest et en France elle passe auprès du village de Mercy-le-Haut sous un tunnel de 200 mètres qui ne pourrait être tourné. Au delà, on rencontre un tunnel à.t 750 mètres sous le canon -de Monlmèdy^ de profondes tranchées entre Mézières et Relhel, un tunnel de 750 mètres au sud de Rethel^ le tunnel de Rilly-la-Mentagne de 3,450 mètres entre Reims et Épernay, puis le tunnel de Nanteuil (944 m.) entre Epernay et Paris.' — Cette ligne doit être prolongée en Allemagne au delà de Thionville et être rejointe à la ligne de Betiing, Sarreguemines^ Bitche, Haguenau,

2^ La ligne de Metz, Verdun, Châlons, qui traverse les Hauts de la Meuse sous le tunnel de Tavann€s{\^\^Q mètres), au-dessus duquel on construit un fort qui le protège et qui se lie à la défense de Verdun. Cette même ligne traverse TArgonne aux Iskttes^ par de profondes tranchées, puis sous un tunnel de 790 mètres. En Allemagne au-delà de Metz, elle se prolonge vers Forhach^ Neuenkirchen^ Kaiserslaûtem et Mayence^ elle traverse de profondes tranchées à Saiîit-Avold et à Forbach et le tun* nel d'Heiligenberg, long de 1,547 mètres, au-delà de Kaiserslaûtem, il y a un grand nombre de tranchées et de tunnels le long du Spirebach. La lig)ie de la Nahe traverse une i^ofonde tranchée entre la Blies et la Nahe ; elle passe sur un grand nombre de ponts et sous plusieurs tunnels le long de la Nahe ; il n'y a pas moins de 27 ponts et de 10 tunnels.

Z^ La grande ligne à deux voies de Strasbourg à Paris, qui traverse les Vosges sous plusieurs tunnels dont le principal est celui d'Arschtviller (2,800 mètres). Ces tunnels ainsi que le grand viaduc de la Zorn sont maintenant en Allemagne. En France, cette ligne franchit la Moselle au viaduc de Fontcnoy qui fut détruit au commencement de 1871 ; elle traverse les Hauts de la Meuse aux tunnels de Foug (1,122 mètres) et de Pagny (572 mètres), et les monts du Barroîs par des tranchées qui ont 22 mètres de profondeur. Le tunnel de Nanteuil qui a été ruiné pendant la dernière guerre et que les Prussiens n'ont pas pu rétablir, peut être tourné comme il l'a été dans cette circonstance, du reste il est trop près de Paris et laisse à la disposition de Tennemi une trop grande partie de la voie ferrée.

4*" La ligne de Mulhouse, Belfort, Langres, Paris. Avant d'arriver à Belfort, elle a déjà franchi en Allemagne le viaduc de Dannemarie qui a 35 arches et 24 mètres de haut; au-delà, c'est-à-dire à l'ouest de cette ville, on trouve le tunnel de Champagney (1,250 mètres), puis avant Langres les deux tunnels de Chaudcnay (1,100 mètres), et de Chalindrey (1,400 mètres), et après Chaumont un grand viaduc sur la vallée de la Suizcj qui a 600 mètres de longueur et 50 mètres de hauteur maximum.

5* Une cinquième ligne partant de Belfort se dirige Besançon, Bourg et Ljron

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