CHAPITRE III. ^ FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE
H^nerre. — Sur cette frontière telle qu*elle existait avant 1870, de même que sur la frontière du nord, nous avions trop de places et elles ne répondaient pas aux besoins de la guerre moderne. Les Allemands n ont pas conservé toutes celles qu'ils ont prises. Phalsbourg^ Marsal^ la Petite^Pierre^ Lichtenberg^ Schelestadt ont été déclassés. Ils n ont conservé que Metz et Thionville en Lorraine, le fort de Bitcbe dans les Vosges, Neuf-Brisach et Strasbourg considérablement agrandi en Alsace. L'Allemagne, mettant sa confiance dans les bommes plus que dans les choses, dans la valeur de ses troupes plus que dans des murailles inertes, fait partout disparaître les petites places qui absorbent des garnisons hors de proportion avec les services qu'elles peuvent rendre ; il est vrai que la force naturelle de sa frontière, Texcellence de la barrière du Rhin et de celle de l'Oder, la parfaite organisation de ses armées lui assurent une grande supériorité sur tous ses voisins et font qu'elle se préoccupe bien plus de Toffensive que de la défensive. Elle ne garde comme places que ce qui est indispensable ; car en fait de fortifications, ce qui est inutile ou mal défendu est souvent nuisible. Depuis longtemps on savait à l'étranger à quoi s'en tenir sur le grand nombre de nos places, on pensait bi(tn qu'elles ne pourraient pas être pourvues du nécessaire, et elles n'inspiraient plus le même respect qu'au siècle passé. Metz même, notre grand camp retranché, n'était pas un point obligé de passage sur une grande voie d'invasion ; les Prussiens en 1870 purent utiliser la voie ferrée de Forbach à Paris avant la prise de la place au moyen d'une voie de raccord de 36 kilomètres entre Romilly et Pont-à-Mousson, elle passait sur quatre grands ponts dont un viaduc de 165 mètres de long et 7 mètres de haut, le travail fut achevé en 35 jours ; la campagne de TArgonne en 1792 avait déjà montré que Metz pouvait être tournée.
Le général Haxo avait signalé le défaut de cet emplacement de Metz, et dans un mémoire écrit en 1819, il disait que nos généraux battus sur la Sarre devraient bien se garder de s'enfermer dans Metz, mais qu'ils devraient défendre les lignes de la Seille convenablement organisées, puis, en cas de nouvel échec, battre en retraite parallèlement aux Vosges sur Langres ; il signalait aussi la position de la forêt de Hayes, entre Toul et Nancy, comme le point de concentration le plus avantageux et le centre de la défense de la Lorraine. On sait que ce plan, du reste fort discutable, ne fut pas suivi en 1870.
Metx et les plaees fortes de la Lorraine. — Avant la dernière guerre, les places qui défendaient cette frontière, étaient munies d'une simple enceinte, bonne pour la défense rapprochée, mais ne les mettant nullement à l'abri d'un bombardement. La ville de Metz seule avait été entourée de forts détachés la mettant à l'abri des bombes ennemies, et encore ces forts n'étaient-ils ni terminés, ni armés au début des hostilités, ce qui servit de prétexte au maréchal Bazaine pour ne pas abandonner la place à elle-même et pour y enfermer son armée. Ce$ forts étaient les suivants : sur la rive droite de la Moselle, le fort <k Sainh
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Julien, que les Allemanâs appellent fort Manteuffel, le fort de Queuleu aujourd'hui fort Gœben^de plus on construisit, pendant le blocus, à Test près delà route de Strasbourg la redoute des Bordes, qui est devenue le fort Zastrow, et au sud dans la plaine de la Moselle la redoute de Saînt-Privat devenue le fort du Prince de Wurtemberg ; sur la rive gauche, le fort du Saint-Quentin, considérablement agrandi, désigné sous le nom de fort Frédéric-Cliarlcs et relié par des retranchements couronnant la crête au fort Manstein que les Prussiens ont élevé en avant à l'autre extrémité du plateau, le fort de Plappeville aujourd'hui fort Avensleben et dans la plaine au nord, le fort de Saint'Eloy] enûn les Allemands construisent un nouveau fort au-dessus de Voippy et ont eu soin d'établir près de la gare d'immenses magasins toujours remplis pour l'approvisionnement de la place.
Les deux ouvrages de Bellecroix et du Fort-Moselle construits par Cormontaigne ont été conservés, ils font pour ainsi dire partie de l'enceinte ; à la gorge de Bellecroix les Allemands ont construit une grande caserne à Fépreuve de la bombe. Les nouveaux forts que nous avions commencés avant la guerre, ont ime enceinte basse avec escarpe et contrescarpe revêtues, puis un grand cavalier armé d'artillerie pour la défense éloignée et muni de casemates pour les logements et les magasins.
La place exige pour sa défense une garnison de 25à30,000 hommes; la meilleure position à occuper pour couvrir Metz du côté de l'ouest est celle à'Amanvillers^ eu avant du ravin du Chatel, où s'est livrée la bataille du 18 août 1870.
Metz, aujourd'hui grande place olTensive contre la France, est donc devenue une menace continuelle pour nous; elle forme un excellent appui pour les opérations des Allemands sur Paris et, en cas d'ofl'ensive de notre part, elle exige que nous laissions devant ses murs une partie considérable de nos forces. Avant 1870, c'était entre nos mains une place mieux placée pour l'offensive que pour La défensive, mais^ vu son importance, l'ennemi, pour envahir la Lorraine, devait ou Tassiéger, ou y laisser plusieurs corps d'observation.
Elle assurait le passage de la Moselle et, conjointement avec Thionville et Toul^ situés également sur cette rivière, elle barrait les voies ferrées se dirigeant vers Paris.
Thionville dont les fortifications ont été complétées et améliorées par Cormontaigne, est entourée d'une première ligne bastionnée avec dehors, puis d'une seconde ligne de lunettes reliées par un chemin couvert ; sur la rive droite de la Moselle se trouve une double couronne, et en avant, de l'autre côté d'un bras canalisé de la rivière, une seconde double couronne appelée le Fort, qui renferme des casernes et des magasins. Déjà avant la guerre on avait créé un certain nombre de casemates sous les terre-pleins de l'enceinte ; les Prussiens ont encore augmenté le nombre des abris, mais ils n'ont pas encore construit de fort détaché pour protéger toutes les voies ferrées qui viennent se croiser à Thionville ; ces voies ferrées sont ou seront au nombre de six : celle de Metz sur la rive gauche de la Moselle, celle des Ardennes, celle de Luxembourg, celle de BouzonvUle et Sarreguemines,
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celle de Trêves qui se prolongera jusqu'à Metz par la rive droite de la Moselle. Une grande gare militaire sera construite dans l'île entre les deux bras de la Moselle.
Les hauteurs dangereuses d'où la ville a été bombardée en 1792 et en 1870, sont celles de Guentrange à deux kilomètres sur la rive droite et celles d'Ilange à 1,500 mètres sur la rive gauche.
Harsal, construite sous le gouvernement de Juillet, était destinée à soutenir le centre de la ligne marécageuse de la Seille, mais on n'avait pas organisé d'autre appui sur cette rivière et les inondations ne furent pas tendues en 1870. Les Allemands, après lavoir déclassé, ont fait des expériences sur la dynamite et la nitroglycérine en démolissant les ouvrages avancés HHarraucourt et d! Orléans.
En plus de ces places nous possédions sous Louis XIV sur cette frontière de Lorraine plusieurs forteresses et postes abandonnés ou perdus depuis : Sierch sur la Moselle qui servit d*appui aux opérations du maréchal de Villars pendant la guerre de la Succession, Rodemack qui en est voisin, Sarrelouis^ à un point de passage important de la Sarre, qui fut perdu en 1815, Mont-Royalj fort construit par Vauban sur un escarpement dominant la Moselle auprès de Trarbach entre Trêves et Coblenz et destiné à soutenir nos opérations vers le Rhin à travers le Hûnsrûck et l'Eifel.
Enfin Luxembourg, dans une si belle position, au nœud de toutes les voies de communication entre les Ardennes et la Moselle, nous a appartenu quelques années et nous fut enlevé par le traité de Ryswick. Cette forteresse qui faillit devenir un prétexte de guerre entre la France et la Prusse en 1867, fut déclassée à cette époque et dût être démantelée, mais on se contenta de faire une brèche de 60 mètres de large dans le front correspondant à la grande rue de la ville. Les fortifications qui dominent les vallées de l'Alzette et du Petrus de près de 70 mètres, seraient donc faciles à remettre en état, elles comprennent une enceinte et de nombreux ouvrages (ouvrages de la gare au sud, fort sur le front d'attaque à Touest, ouvrage de Rlian et citadelle sur les escarpements de la rive droite de l'Alzette) ; néanmoins la ville n'est pas à l'abri d'un bombardement du côté de l'ouest ou du côté du sud. Cette forteresse, nœud de routes et de voies ferrées important, entre les mains des Allemands, couvrait Trêves et la ligne d'invasion sur Coblenz. Après l'avoir évacuée, les Prussiens songèrent à fortifier Trêves ou Conz, les événements se précipitèrent et il ne fut pas donné suite à ce projet.
Parmi les places que nous venons d*énumérer, Sarrelouis est encore entourée de fortifications construites par Vauban ; la ville est située sur la rive gauche de la Sarre et possède une tête de pont sur la rive droite. Des hauteurs dominantes situées à 3,000 mètres à l'ouest et à 1,500 mètres au sud permettraient de bombarder la place. Sarrelouis entre les mains de la France était un important débouché sur la vallée de la Nahe, mais elle a perdu beaucoup de son importance depuis que toutes les voies ferrées et les roules de cette contrée viennent converger à Sarrebrûck.
Idd LIVRI II — LA FRANCS.
Places des Vosges et de la Basée- Aleaœ. — Dans les Basses- Vosges, avant 1870, nous possédions Bitche dont nous avons déjà signalé Timportance, Içs postes insignifiants de Lichtemberg et de la PetUe-Pien^e, la petite place de Phalsbaurg qui barrait assez bien la principale route des Vosges, mais qui n'avait aucune action sur le chemin de fer. L'ancien château de Saverne qui commandait le défilé, n'était depuis longtemps qu'une ruine.
En Alsace, il existait jadis un grand nombre de places fortes que nous avons successivement dû céder à TAUemagne. Landau, situé sur les principales voies de communication de la rive gauche du Rhin, nous a été enlevé en 1815; cette place était dominée par des hauteurs à faible distance au nord et au sud, elle n^avait plus que peu de valeur et elle vient d'être déclassée par les Prussiens ; Philippsbourg, sur la rive droite du fleuve et en assurant le passage, ne nous a appartenu que quelques années sous Louis XIV, ses fortifications ont été rasées et remplacées par celles de Germersheim.
Viennent ensuite les places perdues en 1870. Wissembourg et LauterbourgyCe^ deux appuis sans valeur des hgnes de la Lauter, avaient été déclassés en 1867, mais les fortifications n'avaient malheureusement pas été rasées. Le fort Louis^ situé plus haut dans une lie du Hhin, a été démoli par les Autrichiens en 1794 ; il n'en reste plus que quelques niasses de maçonneries ; c'était le réduit des fortifications de rile et il pouvait nous servir de télé de pont pour franchir le fleuve, en rétablissant Tancien lit entre l'Ile et la rive alors française, où le Rhin tend toujoui*s à revenir ; sur la rive gauche se trouvait le fort d'Alsace. Haguenau était déclassé depuis quelques années; il avait été question d'y créer de nouvelles défenses dans le but de fournir un appui aux forces actives du Bas-Rhin et d'assurer le ravitaillement et les communications de l'armée défensive, mais ce projet n'avait pas été exécuté,
Strasboiir§f« — A Strasbourg qui était considéré comme la grande place d'armes de l'Alsace, il manquait Kehl pour en faire un pivot stratégique de premier ordre. Cette place touchait à peine au Rhin, elle le surveillait, mais elle n'était pas à cheval sur le fleuve et n'en assurait pas le passage. Elle avait une enceinte bastionnée, construite par Speckle en 1570, et une citadelle créée par Vauban ainsi que quelques ouvrages extérieurs ; elle était couverte en certains points par des inondations produites par l'IU, mais aucun fort détaché ne mettait la ville à l'abri d'un bombardement. Aujourd'hui les Prussiens Tout entourée ainsi que Kehl d'un môme cercle de forts, neuf sur la rive gauche et trois sur la rive droite ; de plus ils vont reporter son enceinte bien au-delà de son emplacement actuel au nord et à l'ouest pour agrandir la ville et lui donner une superficie triple de celle qu'elle occupe actuellement. Ces forts qui aujourd'hui sont entièrement terminés et armés, portent, comme ceux de Metz, les noms des principaux généraux de l'armée allemande ; sur la rive gauche se trouvent : le fort Fransecky à fossés pleins d'eau, situé dans la forêt de la Wantzenau et commandant avec le fort Blumenthal, sur
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rantre rive, le cours inférieur du Rhin, le fort Moltke en arrière de Reicbstett, le fo7H Roon, une batterie projetée à la pointe de Mûndolsbeim, le fort Kronprinz près de Niederbausbergen, le fort Grosherzog von Baden près d'Oberbausbergen, le fort Bismark près de Wolfisheira, le fort Kronprins von Sachsen eu avant de Lingolsheim, les forts von der Thann et Werder à fossés pleins d'eau en avant d'IUkirch, au sud sur la rive du Rbin un dernier fort en construction près de la ferme d'Altenheim ; sur la rive droite les forts sont à fossés pleins d'eau, ce sont les forts Kirchbach^ Bose et Blumenthal.
Ces forts ont la forme d*une grande lunette avec fossés de 10 à 12 mètres de largeur, avec contrescarpe revêtue et escarpe détacbée ; les fossés sont flanqués par des caponnières; les grands forts ont sur cbaqueface quatre traverses placées de deux en deux pièces et quatre traverses sur chaque flanc une par pièce ; les petits forts n'ont que trois traverses sur chaque face et sur chaque flanc. Les grands forts ont environ 30 pièces et les petits 25. Suivant la capitale se trouve une grande traverse formant un passage couvert de la gorge au saillant ; les logements des troupes sont sous le parapet de gorge. Ces forts communiquent avec la ville par un télégraphe, un chemin de fer doit les relier entre eux.
Strasbourg, ainsi transformé en un immense camp retranché assis sur les deux rives du Rhin, complète la série de places fortes destinées à renforcer la belle ligne de défense formée par ce fleuve, ligne qui couvre TAllemagne contre les attaques de la France, qu'il nous faudra aborder de front et que nous aurons bien du mal à franchir.
Avant 1870, on s'était bien préoccupé en France de mettre Strasbourg à l'abri d'un bombardement en créant de nouveaux forts ; le point le plus important à occuper était le pl&teau d'Hausbergen à 3 kilomètres au nord-ouest, mais on recula devant l'extension à donner aux ouvrages et on s'arrêta & un projet plus restreint qui devait être exécuté les années suivantes, si les fonds nécessaires étaient accordés. Du côté du Eehl, on devait construire des batteries dans Tile des Epis pour contrebattre celles de la rive droite.
On sait qu en 1870, le point d'attaque choisi par les Allemands fut au nordouest à la porte de Pierre entre le chemin de fer de Paris et Vinondation inférieure de l'Ill.
Anciennes places de la Hante-Alsace* — Scbelestadt couvrait le débouché du col de Sainte-Marie-aux-Mines et appuyait la position de Chatenois, qui barrait la vallée entre TIU et les montagnes ; mais avec le mode de guerre actuel on ne pouvait plus supposer que la lutte serait localisée en Alsace et qu'on défendrait cette province en occupant une série de positions perpendiculaires au Bbin ; aussi Scbelestadt n'avait-elle pas grande valeur.
La Haute-Alsace n'avait pas à craindre d'attaque de l'ennemi, parce qu'elle était protégée par le Rhin, par mi, puis entre ces deux cours d'eau par le canal du
Rhône âu Rhin et par une ligne de vastes forêts; de plus, en arrière de ces obstacles, une voie ferrée permettait de transporter des troupes partout où besoin était. Aussi est-K^e contre la basse Alsace que les Allemands ont dirigé leur attaque etilsTavaient préparée par la création de Rastadt et de Germersheim.
Nous n*avions guère besoin de place défensive dans la Haute-Alsace ; Neof- Brisach, créé par Vauban en 1698 après la perte de Vieux-Brisach, était une place offensive et favorisait le passage du Rhin en face du principal déûlé de la Forât- Noire qui par Freiburg et le val d*Enfer mène aux sources du Danube. Cette petite place de Neuf-Brisach, située elle-même sur le canal, à proximité du Rhin, permettait de tenter un coup de main sur Yieux-Brisach et de s*y créer une tôle de pont. Comme ouvrages dépendants de Neuf Brisach, il existait une petite redoute couvrant un pont sur un petit bras du Rhin et le fort Mortier sur la rive du fleuve; ce dernier n'était qu'une demi-lune oubliée lors de la démolition des fortifications de Vieux-Brisach à qui elle servait de tôte de pont sur la rive gauche. Vieux-Brisach, situé dans une position dominante sur un rocher basaltique, pourrait aujourd'hui, entre les mains de l'Allemagne, devenir le réduit d'un grand camp retranché assis sur les deux rives du Rhin et étendant son action sur les principaux débouchés des Vosges et de la Forôt-Noire et sur toutes les voies de communication qui viennent aboutir à ce point, dont la valeur stratégique est fort grande.
Enfin aux portes de Bâle, Huningue était jadis complété par une tête de pont sur la rive droite du Rhin ; le traité de Ryswick nous avait enlevé cette annexe importante surtout pour l'offensive, néanmoins cette place nous était encore utile, car dé ses remparts on pouvait jeter des bombes jusqu'au milieu de Bàle et elle nous était un sûr garant de la neutralité de la Suisse. En 1814, le général Barbanègre s'y défendit héroïquement pendant treize jours avec une garnisoâ de 135 hommes contre 26,000 Autrichiens ; aussi les alliés en exigèrent-ils le démantellement corn* plet et nous interdirent-ils de la reconstruire.
En arrière du col de Valdieu, se trouve la place de Belfort qui fut si habilement défendue en 1815 par le général Lecourbe et lui servit de base .dans ses petites opérations contre les armées d'invasion; mais plusieurs succès qu'il remporta furent rendus inutiles par le désastre de Waterloo et l'affaissement général qui le suivit. On sait qu'en 1871 l'énergique défense du colonel Denfert nous conserva cette précieuse position. A cette époque, cette place ne bouchait pas la trouée dé Belfort, les routes passant loin d'elle et la trouée étant fort large ; aussi aujourd'hui s'est-on décidé, comme nous le verrons, à construire un grand nombre d'ouvrages pour arriver à ce but.
Belfort a été de tous temps fortifié ; les Romains y avaient un camp et nos plus célèbres ingénieurs depuis le moyen âge jusqu'à nos jours ont travaillé à renforcer cette importante position. La ville est sur la rive gauche de la Savoureuse et dominée au sud par le Château, citadelle très-forte située au haut d'escarpements à pic ; à l'est se trouve le Vallon, traversé par la route de Strasbourg et que Vauban avait