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CHAPITRE III. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE. U

pour interdire à renncnii les routes qui tournent Belfort au sud; aujourd'hui, dans le cas où Tennemi violerait la neutralité de la Suisse et voudrait se servir de ces routes, il faudrait occuper en toute hâte le plateau des Rangiers entre Porentruy et Délémont, position très-forte qui les domine toutes.

Les forts qu on construit, commanderont toutes les routes qui n'empruntent pas le territoire suisse, en sorte qu'on pourra sur ce point, si on le juge convenable, se tenir sur une défensive absolue pour consacrer toutes nos forces disponibles à agir vers le nord. Ces routes sont :

1* Celle de Massevaux h Giromagny par PcLit-Magny et Gros-Magny.

2° Celles qui aboutissent à Belfort ou qui passent dans son rayon d'action, elles viennent de Gros-Magny, de Cernay, d'Altkirch, de Délie; cette dernière aboutit sur la ligne de la Savoureuse, entre Belfort et Montbéliard.

3* Celles qui, venant d'Altkirch, de Ferrette ou de Délie, passent à Montbéliard, ainsi que le canal du Rhône au Rhin.

4° Celles qui, traversant la boucle du Doubs au sud de Montbéliard, viennent passer au pied du Mont-Bart, au confluent de TAUaine et du Doubs.

5° Celles qui descendent plus au sud vers Pont-de-Roide,

6* Enfin le chemin qui franchit la chaîne du Lomont au-dessus de Pierre-Fontaine pour redescendre à Sainl-Hippolyte où se trouve un pont sur le Doubs.

Belfort dont l'enceinte agrandie sur la rive droite de la Savoureuse comprendra les forts des Barres et de Bclleoue, possède un grand nombre de forts détachés qui en font un grand camp retranché et une immense place de manœuvre. Ce sont à lest sur la rive gauche de la Savoureuse : les anciens forts de la Justice et de la Miotte^ reliés à la ville par une ligne continue de retranchements, le fort de RoppCy les forts des Hautes et des Basses-Perclu's reconstruits depuis 1871 en ouvrages de fortification permanente, le fort du Bosmont, une batterie projetée barrant le chemin de fer à Chevremont, le fort projeté de Vezelois; enfin à l'ouest sur la rive droite de la rivière : le fort du Salbert avec ses deux batteries annexes, le fort projeté sur la Côte, deux batteries projetées au nord et au sud d'Urcei'ey, et le fort du Mont-Yaudois presque terminé au-dessus d'IIéricourt.

Au nord, se trouve le fort de Giromagny sur un piton appelé la Tôte-du -Milieu, puis au sud vers le Doubs on construit encore d'autres forts sous la dépendance de Belfort. On n'a pas conservé l'ancieil château moyen-âge de Montbéliard et on a construit deux forts, l'un au-dessus, l'autre au-dessous de cette ville : à La Chaux et au Hont-Bart. A Pont-de-Roide, il y a deux batteries en projet. Tune sur la rive droite du Doubs dominant la ville, l'autre sur la rive gauche aux Roches; on travaille au fort du Lomont barrant la route qui traverse la crête de ce nom au sud de Pierre-Fontaine.

Offensive. — Telles sont les places qui se trouvent en première ligne sur cette frontière ; si nous recherchons maintenant les points qui se prêtent le mieux à

Toffensive de notre part, nous en trouvons fort peu et nous rencontrons partout de grandes difficultés.

Le plan qui consisterait à partir de Belforl, «'i envahir le duché de Bade où TAllemagne n a pas de place forte, à s'établir fortement à Fribourg, à passer les défilés de la Forêt-Noire et à renouveler la campagne d*Iéna en traversant le Franken-Wald ou le Thuringer-Wald, peut paraître séduisant au premier abord, mais on ne dispose que d'une base beaucoup trop étroite dont on serait bientôt coupé. Pour tenter une pareille opération, il faudrait être maître de la Suisse et pouvoir se baser sur le Rhin de Bâle à Constance. Les opérations partant de Belfort ne peuvent guère*^ dépasser FAlsace et le duché de Bade, c'est-à-dire la plaine du Rhin, avant qu'on ne se soit emparé de Strasbourg.

Marcher sur un large front, en traversant de Touest à Test la partie des Vosges qui nous sert de frontière, n'offre également aucune chance de succès. En admettant môme que nos colonnes aient pu francliir les montagnes, elles seraient écrasées séparément avant d'avoir pu se réunir. De ce côté, il n'y a que les routes de la vallée de la Bruche qui aient de l'importance au point de vue des grandes opérations ; elles débouchent sur Strasbourg et on ne peut s'y engager que si on est absolument maître de la Lorraine.

Il ne reste donc comme zone de concentration des armées offensives que la contrée en arrière de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe, depuis Sedan jusqu'à Lunéville et Saint-Dié. Nous avons déjà étudié ce pays, nous avons vu qu'il est sillonné par de nombreuses routes et qu'un grand nombre de chemins de fer y aboutissent; c'est donc là que se fera sans doute le déploiement stratégique de nos armées. On sera en face des armées allemandes qui se rassembleront; la gauche sera couverte par la Meuse, Verdun et les Hauts de la Meuse , de plus, elle sera séparée de la Moselle par une distance de 40 à 50 kilomètres; le centre sera protégé par les positions de Commercy, de Toul et de la forêt de Haye ; la droite, plus exposée, ne sera couverte que par des obstacles d'assez peu de valeur, mais faciles à surveiller au moyen des quatre régiments de cavalerie légère de Lunéville, ce sont : les collines boisées au sud de la Seille, le canal de la Marne au Rhin, la forêt de Paroy, le cours de la Vezouse. Au premier moment, il s'agira simplement d'empêcher les coureurs ennemis venant de Metz de passer le canal pour inquiéter la concentration.

Pour prendre l'offensive, on pourra masser l'armée principale à l'aile gauche et se porter immédiatement sur la Moselle au nord de Metz, les flancs seront bien appuyés : la gauche à un pays neutre, au massif des Ârdennes, aux petites places de Longwy et de Montmédy ; la droite aux fortifications de Verdun et à la position de Commercy ; les communications seront assurées et on n'aura nulle crainte de les voir coupées.

Une autre combinaison consisterait à faire partir l'armée principale de la position de Nancy et à se porter de là sur le plateau de la Lorraine en faisant bloquer Metz et surveiller les débouchés des Vosges, mais le petit nombre de routes

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