CHAPITRE III. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE
vrîr cette grande ville et à en faire un pivot de manœuvres; ces forts situés sur des Citons isolés au milieu de la plaine de la Champagne sont : celui de Brimont avec deux batteries annexes, battant Tune la route de.Neufchûtel, Tautre le chemin de fer de Tergnier; celui de Derru Nord qui enfile la route de Mézières; celui de la Vigie de Berru, réduit du massif des collines isolées de BerrU, avec deux batteries annexes; celui de Berne Sud qui bat la vallée de la Vesle et la route de Châlons. De plus on a étudié les positions en arrière de Reims, sur la crête du plateau, de manière à faire de cette ville un véritable camp retranché.
A Tau tre extrémité de la ligne delà falaise tertiaire, on a à peu près décidé remplacement des forts qui doivent couvrir ht position de Nogent-sur-Seine ; les points à fortifier sont situés au-dessus de Fontaine-Denis, à l'ouest de Villenauxe, à l'ouest de Romilly et peut-être au sud de Nogent sur un sommet auprès du village de Mûcon; en cas de guerre on occuperait aussi le parc de Pont qui domine tout le pays au sud de la Seine. L'intérieur de cette position est formée, sur la rive droite de la Seine, de terrains bas, marécageux, coupés de canaux et de ruisseaux, et par suite difficiles à parcourir. On aurait donc là encore un camp retranché destiné à protéger le ralliement et la formation d'une armée, môme dans le cas où l'ennemi aurait forcé la ligne de la falaise.
Les autres points qui ont été reconnus et étudiés le long de la ligne de collines de la Brie, du Tardenois et du Laonais, sont : celui de Montereau, belle position qui domine les vallées de l'Yonne et de la Seine et qui par l'intermédiaire de la forêt de Fontainebleau et de Melun se lie à la défense de Paris, puis ceux où les différentes vallées pénètrent dans le plateau de la Brie.
Entre la Seine et Reims, il y a trois de ces vallées auxquelles correspondent trois grandes voies d'jnvasion : 1** la route de Yilrijà Paris par Sézanne; 2^ la route de Chdlons à Paris par Étor/es, Monlmirail Qt la vallée du Pelit-Morin ; 3^ la vallée de la Marne \ pour les intercepter il faudrait établir des forts et de nombreuses batteries aux saillants de la falaise ou sur les pitons isolés qui sont des témoins de terrain tertiaire restés au milieu de la craie de la Champagne.
Sézanne est située au fond d'une espèce de conque que forme en cet endroit la falaise, et serait bien dominée par les batteries bordant la crête.
La route d'Eloges avant d'aborder le plateau passe dans un défilé entre le Monl- Aimé et le Cormont^ au sud de cette route se trouvent les nmrais de Saint-Gond où on pourrait tendre une inondation par un barrage établi à Saint-Prix.
•En avant d'Épernay s'élève le Mont Bernon, sommet isolé qui domine la vallée de la Marne, la ville et les voies ferrées qui s'y croisent.
Enfln au nord-ouest de Reims, la falaise est percée par la vallée de l'Aisne dominée par la position de Craonne, puis on trouve encore les places de Laon, de Soissons et de la Fère dont nous avons déjà indiqué le rôle et la valeur. Soissons sur l'Aisne est la plus importante de ces positions, elle se trouve à la fois sur la ligne d'opérations de Thionville, Mézières, Paris, et sur celle de l'Oise; si les fortifications de
cette place étaient étendues et complétées par la création de forts détachés, elle deviendrait le point d'appui et le réduit de la défense de toute la partie nord de la falaise tertiaire et joindrait la position de Reims à TOise en tenant la ligne de T Aisne.
Paris olijeotir décisif et réduit central. — En arrière de cette seconde ligne formée par l'extrémité du plateau de la Brie, et au centre de ce riche bassin tertiaire, se trouve Paris, la capitale de la France, le centre politique, administratif, intellectuel et militaire du pays, le réduit puissamment fortifié des diverses positions de défense que nous venons d'étudier et, par suite, Tobjectif décisif de toute guerre avec l'Allemagne ou avec l'Europe.
Description topographique. — La Seine qui décrit un arc de cercle au milieu de Paris, partage la ville en deux parties inégales; plus bas elle forme une suite déboucles dont les sommets sont à Sèvres, à Saint-Denis, à Saint- Germain, à Conflans et à Poissy; à chacune de ces boucles correspond une presqu'île : 1** presqu'île de Gennevilliers^ 2® presqu'île de Houilles^ 3^ presqu'île de Saint-Germain. La Seine reçoit avant d'entrer dans Paris : V Yvette auprès de Juvisy, Vïèrcs à Villeneuvo-Saint- 6eorges,la .Varnc à Charenton. Cette dernière forme une boucle qui entoure la presqu'île de Saint'Maur^ dont l'entrée très-élroite est percée par le canal de Saint-Maur en partie souterrain. A Paris même vient se jeter la Bicvre qui prend naissance près de Saint-Cyr; puis au-dessous de Paris, à Saint-Denis, aboutissent plusieurs petits ruisseaux, le Croud^ la Morée, la Molette^ qui peuvent servir à tendre des inondations et qui ont été utilisés par les Prussiens en 1870 pour couvrir leurs lignes de blocus, enfin, entre Conflans et Poissy, se trouve l'embouchure de VOise qui trace une grande ligne d'invasion venant de la frontière belge.
Au nord de Paris, entre la Marne et la Seine, le canal de fO^rcq et le canal Saint- Denis se réunissent à La Villetteà leur entrée dans la capitale et forment le canal Saint'Martin qui, après un cours en partie souterrain, vient aboutir à la Seine auprès du pont d'Austerlitz.
Les hauteurs qui avoisinent immédiatement Paris et qui jadis avaient une trèsgrande importance dans la défense, sont les suivantes; sur la rive droite : 1® le plateau de Romainville et de Belleville couronné par les anciens forts et en partie compris dans l'enceinte; 2** la butte Montmartre tout entière à l'intérieur des fortifications ; 3° les hauteurs du Trocadéro et de Poissy q\xi dominent le bois de Boulogne; sur la rive gauche : les hauteurs qui forment les dernières terrasses du plateau d'Orléans et dont les extrémités sont couronnées par les anciens Torts ou par des redoutes construites lors de la déclaration de guerre, ces hauteurs sont le Mont-Valérien^ le plateau de Chdtillon^ le plateau de Yillejuif.
Situation de Paris en 1814. — En 1814, quand les Alliés se présentèrent devant Paris, cette ville n'était entourée que d'un simple mur d'octroi, quilaissait en dehors les hauteurs de Ménilmontant, des Buttes-Chaumont, de Montmartre aujourd'hui comprises dans les fortifications. Les deux armées de Silésie et de Bohême s'étaient