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CHAPITRE III. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE

avancées par les routes entre la Seine et la Marne ; Blûcher franchit la Marne vers Meauz et déboucha, en formant la droite, dans la plaine de Saint-Denis; Schwarzenberg passa cette rivière vers Lagny et se dirigea sur Parisen suivant les routes entre le canal de TOurcq et la Marne.

Les troupes françaises qui couvraient la capitale, étaient fortes d'environ 25,000 hommes, débris des corps des deux maréchaux Marmont et Mortier, auxquels s'étaient joints les élèves de TEcole Polytechnique et les volontaires de la garde nationale. Marmont formait la droite et occupait les hauteurs de Belleville, s*étendant de Montreuil à La Villette; Mortier à gauche avait pris position : son centre sur les hauteurs de Montmartre, sa droite à La Villette se reliant à Marmont, sa gauche à Saint-Ouen appuyée à la Seine.

Le 30 mars, 150,000 ennemis attaquent et enveloppent ces positions : pendant que les Russes abordent de front le plateau de Romain ville, des colonnes Autrichiennes tournent la position par Fontenay-sous-Boisetpar le pontde Charenton, les Prussiens au centre séparent nos deux ailes, et à notre extrême gauche refoulent le maréchal Moncey à la barrière de Clichy. Malgré les efforts des deux maréchaux, les coalisés font partout des progrès, à la fin de la journée nos troupes forcées d'abandonner Montmartre vont être acculées aux barrières de Paris, quand le duc de Raguse, faisant usage de l'autorisation que lui a laissée le roi Joseph, se décide à signer une capitulation et à évacuer la capitale.

Situation de Paris en 1815. — Aussitôt après son retour de Tile d'Elbe, Napoléon s'était occupé de mettre Paris à l'abri d'une surprise, en faisant construire des batteries, à Test, sur les hauteurs de Belleville et de Romainville, à peu près à l'emplacement des forts construits en 1840, et au nord, en arrière du canal de TOurcq et du canal Saint-Denis ; au sud, les ouvrages qu'on avait commencés, ne purent être achevés.

Après la bataille de Waterloo, les armées anglaise et prussienne marchèrent sur Paris par la vallée de l'Oise et trouvèrent les positions en avant de la ville occupées par 100,000 hommes commandés par le maréchal Davoust. Les Prussiens s'étaient d'abord établis au nord de Saint-Denis et n'osèrent aborder les lignes de batteries bien défendues qui couvraient la plaine de leurs feux. A l'arrivée des Anglais, ils leur cédèrent leurs positions et, par un mouvement extrêmement audacieux qu'ils eussent pu payer cher si Napoléon eût été encore à la tête de son armée, ils se portèrent par Argenteuil et le pont du Pecq qu'ils surprirent sur Versailles et sur les hauteurs au sud de Paris. Leur avant-garde fut écrasée dans ce mouvement trop décousu, mais le lendemain ils continuèrent à avancer et s'emparèrent de Châtillon, de Meudon, d'Issy ; la résistance était devenue impossible, une seconde capitulation fut signée et Tarmée se retira derrière la Loire.

Situation de Paris en 1870. — A la suite des événements que nous venons de rappeler, on sentit le besoin de fortifier Paris et, sur l'initiative de M. Thiers, les travaux furent entrepris en 1840. La ville fut enveloppée d'une enceinte continue

baslionnée, d'un déYeloppement de 33 kilomètres, comprenant 94 bastions dont 67 sur la rive droite et 27 sur la rive gauche. De plus une ceinture de forts extérieurs distants lie l'enceinte de deux à cinq kilomètres devait préserver la ville d*un bombardement, éloigner les attaques et favoriser la défense mobile. Ces forts étaient au nombre de seize, reliés par plusieurs redoutes ; dix se trouvaient sur la rive droite et six sur la rive gauche, savoir:

l*»Sur la rive droite : \efort de Charenton au confluent de la Seine et de la Marne ; les redoutes de Gravelle et de la Faisanderie^ reliées par une ligne baslionnée, barrant la presqu'île de Saint-Maur et empêchant par suite le passage de la Marne; le fort de Nogent, la redoute de Fontenay, le fort deRosny^ la redoute de la Boissière, le fort et la redoute rfe Noisy^ le fort de Romainvilk défendant le plateau de Romainville à Test de Paris; les redoutes en avant de Pantin sur le canal, le fort d'Aubervîlliers couvrant la plaine Saint-Denis; le fort de l'Est^ la double couronne du Nord, le fort de la Briche, entourant Saint-Denis.

2* Sur la rive gauche : le fort du Mont-Yalèrien dans une très-belle position, qui barre l'entrée de la presqu'île de Gennevilliers et empêche le passage de la Seine à Touest de Paris; les forts d'Issy^ de VanvcSy de Montrouge, de Bicêtre^ trop rapprochés de Paris au sud et qui de ce côté ne mettent pas la ville à l'abri d'un bombardement, à ce point que, déjà on 1840, on avait hésité à occuper l'extrémité des plateaux qui les dominent ; enfin le fort dlvnj qui commande la vallée de la Seine et croise ses feux avec le fort de Charenton.

Telles étaient les défenses qui existaient lors de la déclaration de guerre en 1870; on voulut les compléter en construisant des ouvrages au plateau d'Avron en avant du fonde Rosny. à Gennevilliers pour empocher Tennemi de prendre pied dans la presqu'île, à Montrctout pour fouiller les bois en avant et empêcher les Prussiens de s'établir dans le parc de Saint-Cloud d'où la batterie de Breteuil leurpermit plus tard de bombarder Issy elle Point-du-Jour, kChdtillonsuv une terrasse qui domine de 80 mètres les forts du sud à une distance de 2,000 mètres environ, ce dernier ouvrage ayant pour but d'empêcher le bombardement par les hauteurs au sud-ouest de Paris; tous ces forts inachevés ne rendirent guère de services et furent abandonnés avant la fin du siège, les redoutes des HavteS'Bniycres ei du 3/oM7m-5a^u^(, défendant le plateau de Villejuif, purent au contraire être conservées.

Après la bataille de Sedan, les armées allemandes se dirigèrent en deux masses sur Paris, marchant sur de larges fronts : l'une, l'armée du prince r03''al, par la vallée de la Marne qu'elle avait quittée pour marcher vers le nord ; l'autre, l'armée du prince de Saxe, par TAisne et la vallée de l'Oise. Chaque armée comptait trois corps d'armée, deux autres restés à Sedan devaient rejoindre plus tard; il y avait en outre la division vvurtembergeoise et trois divisions de cavalerie. L'armée de la Meuse occupa les positions de la rive droite de la Seine couvertes de Bougival à Saint- Denis par le cours du fleuve, de Saint-Denis à la forêt de Bondy par les inondations de la Morée promptement organisées en détournant le canal de l'Ouroq, de ce point

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