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CHAPITRE III. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE

à la Marne par de vastes bois ; la division wurtembergeoise défendit le terrain entre la Marne et la Seine. La troisième armée, arrivant par Test, franchit la Seine h Villeneuve-Saint-Georges et compléta le cercle d'investissement en nous enlevant les hauteurs du sud par le combat de Châtillon. Elle prit position entre la Seine et la Bièvre, de Choisy-le-Roi à THay, et occupa le plateau de ChâtilloU) les hauteurs de Meudon et celles qui dominent Saint-Cloud et qui ferment la presqu'île de Gennevilliers jusqu'à Bougival.

Les forces enfermées dans Paris étaient nombreuses, mais démoralisées et composées en grande partie de soldats non exercés, de gardes mobiles et de gardes nationaux. Les premiers combats eurent pour but d'aguerrir ces troupes, de reconnaître les dispositigns des Allemands et de leur reprendre certaines positions importantes qu'ils avaient enlevées dans les premiers jours. On tenta ensuite de grandes sorties pour rompre le cercle d'investissement, mais tous les efforts furent inutiles et, après quatre mois de siège, Paris vaincu par la famine dut capituler.

Nouvelle organisation de la défense; nouveaux forts. — Ce siège vint montrer l'insulfisance, déjà reconnue, des fortifications de 1840 pour préserver la ville d'un bombardement en présence des progrès qu'avait faits l'artillerie. Les positions des batteries allemandes qui couvraient de leurs projectiles Saint-Denis et les quartiers de la rive gauche, indiquaient déjà les points qu'il fallait occuper ou interdire à l'ennemi.

Des études furent entreprises immédiatement après la signature de la paix et conduisirent à protéger Paris au moyen de trois camps retranchés : l'un au nord s'étendant de la Seine au canal de TOurcq et couvrant Saint-Denis, le second à Test barrant les routes venant de la frontière et comprenant le pays entre la Seine et la Marne avec tête de pont sur cette dernière rivière, le troisième au sud mettant la ville, ainsi que Versailles, à l'abri d'un bombardement et cherchant à maintenir les communications de Paris avec la Beauce et avec Orléans.

Le pays qui entoure Paris peut être divisé, au point de vue de la défense, en sept secteurs qui correspondent à autant de divisions naturelles de la contrée et qui, bien que liés entre eux, peuvent devenir autant de théâtres distincts d'opérations.

Ces diverses zones, entre lesquelles on peut partager la défense, sont les suivantes :

1** Au nord, le camp retranché de Saint-Denis, formé par les hauteurs de Cormeilles et de Montmorency, s'étendant de la Seine au Bouillon. Il est destiné à protéger le débouché sur la basse Seine par Pontoise et Bouen, cette dernière ville étant couverte de ce côté par la ligne de l'Andelle, il favorisera aussi le débouché vers l'Oise et la Somme soit par Beaumont et Beauvais, soit par Luzarches et Creil ; on rencontre sur cette dernière roule les forêts de Chantilly, d'Halatte, les fossés de la Thève, de la Nonette et l'Oise. Cette position sera protégée par le fort de Cormeilles (cote 170) et les batteries situées sur le plateau en arrière qui ferment la presqu'île

de Houilles, par le fort de Montlignon (172), le fort de Domont (181), la batterie de Blémvr, le fort de Montmorency fl 68) qui couronnent le plateau de Montmorency, par la batterie de la Butle-Pinçon (101), par le fort de Stains (70) et enfin par un fort qu'on doit construire sur la hauteur du château d'Ecouen (152). Les anciens forts autour de Saint-Denis serviront de réduit.

2° Au nord-est, la trouée formée par la plaine Saint-Denis, qui sera protégée à gauche par les forts de Stains et d'Ecouen, à droite par les ouvrages qu'on doit élever sur les hauteurs de Vavjours en avant de la foret de Bondy. La défense se tiendra en arrière de la ligne de laMorée dont les inondations seront tendues; au fond de ce rentrant se trouvent comme réduits le fort d'Aubervilliers et ceux du plateau de Romainville. C'est par cette plaine que passent les routes qui débouchent vers l'Oise par Senlis ou vers l'Aisne par Dainmartin, Villers-Cotterets et Soissons.

3^ A l'est, la position de la rive droite de la Marne, formée par le massif de hauteurs en partie boisées de Romainville, d'Avron, de Livry, de Vaujours, de Montfermeil et de Chelles, d'où partent les routes de la vallée de la Marne vers la Champagne par Meaux, Château-Thierry, Reims ou Épemay, ou plus au sud sur Montmirail etChAlons par la vallée du Petit-Morin. Cette position sera défendue par les forts qu'on doit élèvera Vaujours et au piton de Chelles (108), par les bois qu'il sera facile ti'organiser défensivement, par les ouvrages du moment qu'il faudra établir sur le versant nord-ouest des hauteurs qui relient Vaujours à Rosny, puis en arrière par les forts et les redoutes du plateau de Romainville et par le fort de Nogent.

¥ Au sud-est, la tête de pont entre la Marne et la Seine qui sera défendue par des ouvrages dont l'emplacement n'est pas encore parfaitement décidé, mais qui couvriront la rive gauche de la Marne, de Noisy-le-Grand à Villiers et Champ! gny, qui couronneront le plateau de Boissy-Saint-Léger et qui s'appuieront sur la Seine au grand fort projeté à Villeneuvc-Saint-Georgcs. Le fort de Saint-Maur et celui de Charenton serviront de réduits. Celte tête de pont protégera le débouché vers la plaine de la Champagne, soit parCoulommiers, la Ferté-Gauchcr,Sézanne,en suivant la vallée du Grand-Morin, après avoir traversé les forets d'Armainvilliers et de Crécy, soit par Brie-Comte-Robert, Mormant, Nangis, Provins et Nogenl-sur-Seine, en traversant la forêt de Boissy-Saint-Léger et la vallée de l'ïères.

5* Au sud, la trouée formée par la rive gauche de la Seine et le plateau qui s'étend entre cette rivière, la Bièvre et l'Yvette. Dans ce secteur, il n'y a qu'un seul emplacement de fort qui soit bien fixé, c'est celui du fort de la Butte-Chaumont, qui domine la vallée de l'Yvette et qui doit croiser ses feux avec ceux des ouvrages de Palaiseau] ce rentrant est du reste protégé par les ouvrages du secteur voisin à l'ouest depuis Palaiscau jusqu'à Chdtillon, puis en arrière par la redoute des Hautes- Bruyères j les forts d'Ivry et de Bicêtre. C'est de ce secteur que débouchent les routes vers la haute Seine et l'Yonne par Corbeil, Fontainebleau, Montereau, qui rencontrent le fossé de l'Orge, les lignes de l'Essonne, du Loing et qui traversent la

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