‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 91 sur 288 · DESCRIPTION HYDROGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION HYDROGRAPHIQUE

Lie Rhône et aea affluents. En arrière des montagnes que nous venons de décrire, le Rhône et la Saône forment une seconde barrière, un grand fossé où abou-< tissent toutes les routes gui traversent la frontière.

Le Rhône prend sa source à la Furca, traverse le Valais entre les Alpes Pennines et les Alpes Bernoises, fait un coude à Martigny et vient se jeter à Villeneuve dans le lac de Genève où il se débarrasse des boues et des graviers arrachés aux montagnes et entraînés jusque-là. Dans cette partie de son cours, il est resserré dans d'étroits dé&lés dont le plus remarquable ^t le plus facile à défendre est celui de Saint' Maurice^ dit porte du Valais^ entre la Dent de Mordes et laiDentdu Midi. A Genève^ le fleuve sort du lac débarrassé de son limon et parfaitement limpide, il coule d* abord vers le sud-ouest, traverse un étroit défilé entre le mont Vouache et le Grand Credo, disparaît presqu'entièrement à Bellegarde où dans ces dernières années on a utilisé la chute qu'il y fait pour obtenir la force motrice nécessaire à la marche d*une grande usine, puis il se dirige vers le sud jusqu'au coudequ'il forme à Cordon, tantôt atteignant une très-grande largeur et tantôt resserré entre les montagnes qui le bordent. II remonte ensuite vers le nord-ouest, entourant ainsi les dernières arêtes du Jura, s'infléchit de nouveau et traverse Lyon où il prend sa direction définitive vers le sud qu'il conserve jusqu'à la mer. Son cours, bien qu'encombré d'Iles, est souvent très-rapide, le pente de son lit est de 1/350 en moyenne entre Lyon et Arles. Il se jette dans la Méditerranée par plusieurs bouches formant, comme tous les fleuves des mers qui n'ont pas de marée, un delta qui gagne sans cesse sur la mer. Les bras extrêmes : le grand Rhône à l'est, qui prend les 86/100 de Teau du fleuve, le petit Rhône àTouest, qui n'en a que les 14/100, embrassent la grande lie de la Camargue, contrée marécageuse et inculte où ne paissent que quelques troupeaux à dem'i-sauvages, où se produisent des mirages comme en plein désert, et qui pourtant, formée d'un sol d'alluvious, serait si fertile, si elle, était desséchée et irriguée ; elle deviendrait alors le jardin du Midi.

Le Rhône est le premier fleuve de France; aux eaux moyennes il roule 650 mètres cubes par seconde à Lyon et 2,603 à la bifurcation d'Arles; il est sujet à de grands débordements, et c'est alors 10,000 à 12,000 mètres cubes par seconde qui s'écoulent dans son lit et sur les campagnes voisines qu'il dévaste. Ces inondations sont dues à la fonte des neiges et surtout aux crues subites et énormes auxquelles sont sujets tous les tributaires du Rhône inférieur. Deux causes pourtant empêchent de plus grands désastres : le Léman sert de régulateur au fleuve, en ne laissant écouler à Genève que la moitié des 1,200 mètres cubes qu'il reçoit dans les hautes

no LIVRE II. — LA FRANCE.

eaux à Villeneuve ; en second lieu Ips affluents du bas Rhône ne subissent pas tous ensemble ces crues effrayantes qui portent leur débit à mille fois c« qu'il est à Tétiago.

La largeur du Rhône qui atteint plusieurs kilomètres vers Culoz, n'est plus que de 36 mètres au dernier étranglement qu'il subit avant de quitter les montagnes. Il a de 200 à 350 mètres à Lyon, 800 mètres à Pont-Saint-Esprit, 1,600 mètres en certains points de son cours inférieur. Les ponts sont nombreux sur tout son cours, il y en a seize au-dessous de Lyon jusqu'à Arles, soit en pierre ou en fer, soit suspendus, soit pour voitures, soit pour chemins de fer.

Les deux embouchures du Rhône sont fort ensablées, et les barres qu*ont formées les vases apportées par le fleuve, y rendent la navigation fort difficile même pour les petits navires de commerce, c'est ce qui empêche Arles d'être un grand port marchand comme Bordeaux, le Havre ou Rouen. Au temps des sRomains, les galères qui n'avaient qu'un faible tonnage, pouvaient franchirjles passes, de plus Arles communiquait avec la mer par le cana/ des Fosses-Mariannes, creusé par les soldats de Marius, ce qui valut à cette ville la grande prospérité dont elle jouissait à cette époque. Aujourd'hui la communication avec la mer se fait par le canal de navigation d'Arles au port de Bouc, au débouché de Tétang de Berre dans le golfe de Fos ; on a aussi relié plus bas la rive gauche du grand Rhône avec le golfe de Fos par le canal Saint- Louis qui permet de tourner la barre, il a 4 kilomètres de longueur, 60 mètres de largeur et 7. mètres de profondeur.

Les principaux affluents du Rhône sont :

La Dranse Valaisane^ rive gauche, qui vient se jeter dans le fleuve au coude de Martigny.

La Dranse Savoyarde, r. g., gros torrent, qui aboutit dans le lac de Genève entre Thonon et Evian.

L'Arve, r. g., qui porte au Rhône les eaux provenant des glaciers du Mont-Blanc. C'est un torrent impétueux dont le débit varie de 35 à 1 ,240 mètres cubes. Si au lieu de se jeter dans le fleuve au-dessous de Genève, il déviait un peu au nord et aboutissait au réservoir formé par le lac, les inondations du Rhône seraient diminuées du tribut qu'il leur apporte souvent. * •

La Valsérine, r. d., qui coule dans une étroite gorge du Jura et qui se perd dans les fissures du sol avant d'atteindre le Rhône à Bellegarde.

Les Usses, r. g., torrent savoisien souvent encaissé dans des gorges profondes.

Le Fier, r. g., qui reçoit l'écoulement du joli lac d'Annecy et qui traverse égale* ment de sombres défilés avant d'arriver au Rhône au-dessous de Seyssel.

Le canal de Savières dont le cours marécageux sert de déversoir au beau lac du Bourget dominé à droite et à gauche par de hautes montagnes. Peut-être à une époque plus ou moins reculée, le Rhône traversant le lac du Bourget, suivit- il la dépression du canal de Savières et de la vallée de Chambéry pour emprunter le lit de l'Isère à partir de Montmélian.

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