FRONTIÈRE DU JURA OU FRONTIÈRE SUISSE
^^ommalre t Partago de la frontière de Test et du sud-est eu quatre sections. — Défense du Jura. — Boutes qui le traversent. — Bâle et Genève. — Campagne de 1814. — Lignes de défense da plateau suisse. — Offensive française sur la frontière suisse. — Le Simplon. — Tltbleau des principaux passages du Jura.
Partage de la frontièpe de l'est et du sud-est en quatre sec^ tions. — Après Tétude d ensemble du théâtre d'opérations du bassin du Rhône que nous venons de faire au chapitre précédent, nous allons nous occuper, au point de Tue de la défense, de chacune des sections de la frontière de Test et du sud-est de la France, qui correspondent à autant de lignes d'invasion différentes. Nous distinguerons quatre parties : 1^ le Jura ou la frontière suisse, 2^ la Savoie, 3* le bassin de la Durance, 4° le comté de Nice; ces trois dernières correspondant à la fron tière des Alpes ou frontière d*Italie.
Défense du Jara. — Routes qui le traversent. — Bàle est sur le versant nord-ouest du Jura, les routes qui en partent et qui empruntent le territoire alsacien sont barrées par les ouvrages de Belfort, les forts de Mont Bart et de la Qlftiix, le fort du Lomont; celles qui passent par Porentruy ne rencontrent aucune défense artificielle.
La seule place qui surveille toutes les routes qui traversent la partie nord du Jura est Besançon, grand camp retranché dont on augmente et dont on étend les défenses comme nous Tavons indiqué précédemment. Besançon qui se trouve sur le flanc des lignes d'invasion partant de l'Alsace ou de Bâle, peut devenir en cas de coalition de l'Allemagne et de l'Italie un objectif commun pour les armées coalisées, pénétrant par la trouée de Belfort et par les routes des Alpes, qui chercheraient à se réunir en Franche- Comté.
Au sud-ouest de Besançon, se trouve, au fond d'une des combes du Jura, Salins qui n'a pas d'enceinte, mais qui est dominée par le fort Saint^André et le fort Belin. Ces ouvrages trop petits ne sont plus en rapport avec la puissance des armes Géographie, * 12
nS LIVRE II. — LA FRANCE. ■
actuelles, du reste ils ne sont pas situés sur une ligne d'opérations obligée de rennemi et peuvent être tournés ; ils n'ont aucune action sur le chemin de fer et en particulier sur le point de bifurcation de Mouchard.
En arrière se trouve Auzonne sur la Saône, place assez faible, qui pourtant dans la dernière guerre a gêné les mouvements de l'ennemi, en barrant le chemin de fer et les routes entre Dijon et Dole, et qui, malgré la faiblesse de sa garnison, ne put être enlevée par un coup de main qu'y tentèrent les Allemands.
Ddle qui était fortifiée sous Louis XIV, a été déclassée depuis longtemps. Les lignes d'invasion qui partent du Jura et se dirigent sur Paris, viennent en dernier lieu se heurter au massif du Morvan et de la Côte d'Or, et au camp retranché de Dijon dont nous avons déjà dit le rôle.
En outre des places que nous venons d'énumérer, la France ne possède sur oette frontière que des forts d'arrêt que nous signalerons en décrivant les routes qui traversent le Jura et qui permettent de pénétrer de Suisse en France.
De Baie partent trois grandes routes se dirigeant sur Belfort^ 3{ontbéUard et Pontde^Roide^ elles viennent se heurter au Doubs et à la ligne de la Savoureuse, où elles | rencontrent, comme nous l'avons dit, les ouvrages de fortification destinés aboucher la trouée de Belfort ; mais la route de Délie à Pont-de-Roide et à Saint-Hippolyte qui s'impose à toute armée allemande voulant tourner Belfort sans violer la neutralité de la Suisse, n'est plus la voie obligée que doit suivre une armée suisse ou une armée maîtresse de la Suisse.
De Porenlniy partent en effet un grand nombre de chemins carrossables qui mènent dans la presqu'île que forme le Doubs entre Saint-Hippolyte et Sainte ^r^ann«; d'autres bonnes routes partent de Délemonty deMoutlerSyàe Bienne, de La ChauX'de-Foiids, franchissent le profond ravin où coule le Doubs et viennent se réunir aux précédentes à 3/aic/i^, nœud important de communications au nord du plateau séqunnais. Ces routes ne passent sous le canon d'aucune place forte et les défilés commodes à défendre sont au delà de la frontière. Tout ce pays compris entre la frontière et la vallée de l'Âar est couvert par les nombreuses ramifications du Jura et forme un chaos inextricable de crêtes et de vallées ; les routes y sont trèsnombreuses, mais elles suivent de longs défilés et n'ont pas de communication entre elles, ce qui rend les mouvements des armées fort difficiles. Toutes les routes qui mettent le plateau suisse en relation avec le Porentruy viennent passer au pla* teau des Rangiers (800 mètres), au nord du coude du Doubs à Saint-Ursanne, ou passent à portée de cette position. Celles qui conduisent de la plaine suisse à Délemont et dans la vallée de la Birs franchissent les crêtes du Jura qui séparent cette rivière de l'Aar ; on en trouvera Ténumération plus loin dans le tableau qui indique les principaux passages du Jura.
Une voie ferrée^ s'embranchant sur la ligne de Besançon à Belfort au sud du tunnel de Mqntbéliard j doit mettre en communication la France avec Bdle par Porentruy, Dilemont et la vallée de la Birs sans emprunter le territoire allemand, elle est