CHAPITRE VI. — DÉFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE
sistent toujours, mais sont assez mal entretenus ; l'enceinte et la citadelle de Sonderburg sont encore classées. L'avis du maréclial de Moltke est d'abandonner tous ces ouvrages ; il pense que la position de Diippel n'empêcherait pas un ennemi supérieur de pénétrer dans le Schleswig ; quant à Tîle d'Alsen, sa défense sera assurée par la flotle et par des batteries de côte. On vient précisément de construire une grande batterie Batterie de 22 pièces sur la hauteur HEngelshôhe au nord de Sonderburg. Trois ^® ^^®* batteries doivent être construites pour la protection de la baie de Hôrup, mais rien n'a encore été fait. On a réservé une somme de 8,350,000 francs pour ces travaux.
Le grand établissement maritime de l'Allemagne sur la Baltique est EieL KielS il est situé au fond d'un des fiords dont la Prusse s'est emparée en 1866 et dans une situation extrêmement favorable. La baie pénètre de 17 kilomètres dans les terres ; d'abord très ouverte, elle se rétrécit et la rade n'a pas plus de 2 kilomètres de largeur moyenne ; l'entrée de cette rade, à hauteur de Friedrichsort, n'a que 800 à 1 ,000 mètres d'ouverture; en 1870, elle fut barrée au moyen de chaînes, de torpilles et d'autres engins. La profondeur de l'eau est de 20 mètres à l'entrée et de 12 mètres au fond du golfe. Il n'y a à l'intérieur de cette belle rade ni haut-fond, ni récif; des collines de 30 à 40 mètres de hauteur l'entourent et arrêtent les vents. Pendant l'hiver, la navigation y est impossible comme dans toute la Baltique; les glaces ne disparaissent qu'à la fin de mars. Le canal de l'Eider débouche vers son milieu.
Le port militaire avec ses bassins, l'arsenal maritime avec ses vastes constructions, ont été établis en face de la ville de Kiel, entre les villages d'Ellerbek et de Gaarden; ce dernier renferme les vastes chantiers de construction et les usines de la Compagnie de l'Allemagne du Nord qui fabrique des machines pour les navires de l'État. Kiel compte 37,000 habitants et possède un port de commerce très prospère. La ville est mise en communication avec Lubeck, Hambourg et Flensbourg par des voies ferrées ; un tronçon dessert l'arsenal.
La rade est défendue du côté de la mer par plusieurs forts et batteries Défenses, qui viennent d'être terminés et qui ont coûté plus de 7 millions.
Sur la côte occidentale, le fort Fdkenstein domine la mer de 35 mètres et l'ancienne citadeUe de Friedrichsort a été complètement transformée. A proximité de cette dernière se trouvent de grands magasins d'artillerie et le dépôt des torpilles et des mines sous-marines.
En face, sur la côte orientale, s'élèvent la batterie de Jagerberg et le fort de Stosch, puis, un peu au sud, le fort Korugen^ le fortdeHadeberg et la batterie de Moltenort. Ceç ouvrages croisent leurs feux avec ceux de la