‹ Géographie militaireChapitre 189 sur 217 · CHAPITRE Yl. - DÉFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE. 26S · texte numérisé non relu

CHAPITRE Yl. - DÉFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE. 26S

batteries pour assurer la défense intérieure de la Jade. Les embouchures du Weser et de TElbe furent protégées par des batteries et des estacades. Les ouvrages de Kiel étaient en construction ; on acheva rarmemenl des redoutes de la passe et on tendit des estacades. On barra de môme les passes de Sonderbourg, de Travemùnde, de WismaretdertledeRiigen; on établit une forte batterie à la pointe de Waschendorf, en face de l'île de Poel. Tous les ouvrages furent approvisionnés pour trois mois. La répartition des forces navales fut la suivante :

Jade.

3 frégates cuirassées.

1 corvette à batterie.

1 yacht royal.

5 canonnières.

Riel et 11 vaisseau-école.

Frie- \\ aviso.

Station navale' Emb»^« } Station navale i , . . ^ ■ , .,

de la . { de rEms. I * canonnières. de ^'^**^^- ' ^ canonnières,

mer du Nord, j p. i^^ j 1^ Baltique, j Stralsund. 2 canonnières.

I du Weser. ( ^ canonnières. \ ^anzig. 1 corvette.

Embr« J 2 cuirassés, de TEIbe. / 3 canonnières.

Le point capital était Wilhelmshaven ; les forces qui y étaient pouvaient prendre en flanc la flotte cherchant à pénétrer dans le Weser ou dans l'Elbe. La division de la Baltique était beaucoup plus faible.

La France forma deux flottes : Tune, sous Tamiral Fourichon, vint mouiller au sud d'Helgoland; l'autre, sous l'amiral Bouet-Willaumez, se tint vers Copenhague et à l'entrée du Sund.

Pour s'opposer à un débarquement, cinq divisions, tant de l'armée active que de la landwehr, furent mises sous les ordres du général de Falkenstein. Ces forces furent rangées sur deux lignes :1a première, forte de trois divisions, avait son centre à Hambourg, sa droite à Wismar et sa gauche à Brome ; la seconde était échelonnée le long de la voie ferrée de Hanovre à Hambourg. De plus, les ports de la Baltique avaient de fortes garnisons. Les troupes qui, sur les chemins de fer, occupaient siurtout les croisements de lignes, pouvaient être transportées rapidement soit à l'est, soit à l'ouest.

Nos premiers revers enlevèrent aux Allemands toute crainte de nous voir tenter une diversion sur leurs côtes. Dès le commencement d'août, une des divisions de Falkenstein fut envoyée sur la frontière occidentale; au commencement de septembre, les quatre autres allèrent renforcer les troupes d'investissement de Metz ou celles qui faisaient le siège de Strasbourg. Ces forces ne furent remplacées que par huit bataillons de landwehr de Silésie.

§ 2. — FRONTIÈBE OCCroENTALE.

Lignes dMDvasioD.

Obstacles sur la ligne d'invasion principale.

Lignes d'invasion de France en Allemagne. — La fronUcre occidentale de TEmpire d'Allemagne 6*étend de la mer du Nord à Bâle; en arrière et à une distance plus ou moins grande coule le Rhin qui forme à la fois une ligne de défense très forte et une bonne base d'opérations, grâce aux nombreuses places fortes qu'on y a construites. Les États voisins de l'Allemagne de ce côté sont la Hollande, la Belgique et la France. Les deux premiers sont des puissances de troisième ordre qui ont tout à craindre de l'Allemagne, mais dont l'Allemagne n'a rien à redouter; la seule puissance contre laquelle les Allemands aient à préparer des moyens de défense sur la frontière occidentale de l'Empire, est la France, la France qu'ils appellent l'ennemie héréditaire et qui leur inspire toujours la même haine et les mêmes craintes, malgré leurs succès inouïs de 1870.

Nous avons étudié dans la première partie du cours les lignes d'invasion qui partent de cette frontière et pénètrent en France ; nous avons fait remarquer ^e les places d'Alsace-Lorraine étaient pour l'Allemagne bien plus des places offensives renfermant de grands magasins et des dépôts de matériel que des places défensives ; enfin, nous avons vu combien l'offensive allemande et la concentration de l'armée sur cette frontière étaient favorisées par le tracé et le nombre des voies ferrées.

Les lignes d'invasion les plus naturelles de France en Allemagne pénètrent sur le plateau de la Lorraine et de là se dirigent, soit entre le Hundsrûck et le Hardt vers Mayence, soit par la dépression des Vosges vers Strasbourg et la vallée du Rhin.

Il existe deux directions accessoires que peuvent suivre les opérations, l'une au sud des Vosges par la trouée de Belfort, l'autre au nord de TEifel par la vallée de la Meuse et la Westphalie.

Les obstacles que rencontreraient les armées françaises sur la direction principale d'invasion sont ' :

1** La ligne de la Moselle et celle de la Seille, s'appuyant d'un côté aux places de Thionville et de Metz, de l'autre à des étangs, à des forêts et à de bonnes positions naturelles ;

[^ 2*" La ligne de la Sarre, formée par les berges de la rive droite de cette rivière et appuyée à droite à la position de Gonsarbnick, au centre à la place de Sarrelouis, à gauche aux positions de Saint-Ingbert et d'Hombach;

Page 1