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CHAPITRE VI. — DÉFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE

OU A et le fort Louis ou B, à fossés secs, sont sur les plateaux au sud et à Test ; le fort Friedrich ou C est dans la partie basse de la plaine, ses fossés sont pleins d'eau ;

2* En une série de forts détachés et de lunettes formant un camp retranché et défendant les approches de Tenceinte à un kilomètre au plus ; il y a deux lunettes en avant des fronts d'attaque du fort Léopold, deux forts devant la gare du chemin de fer pour protéger l'entrée de la Murg dans la ville, une lunette revêtue en avant du fort Louis pour battre les terrains bas, trois forts couvrant le plateau de Rethererberg au nord et la plaine jusqu'à la Murg, enfin, une grande lunette en terre avec réduit sur la rive gauche du ruisseau de Muhlbach à Touest de la ville, et deux petites lunettes flanquantes en arrière.

L'enceinte est couverte en partie par des inondations. Le point le plus propre à l'attaque est le fort Léopold qui forme saillie et en avant duquel le terrain est sec et facile à travailler ; la forêt d'Iffezheim fournirait les matériaux de siège.

Germersheixn^ — La petite ville de Germersheim (6,500 habitants), au confluent de la Queich et du Rhin, était déjà fortifiée au dix-septième siècle ; elle fut prise en 1673 par Vauban et en partie démantelée ; il fut plusieurs fois question d'y créer une place forte destinée à renforcer avec Landau les lignes de la Queich et à sui-veiller Philippsbourg, distante de 6 kilomètres et alors l'une des plus fortes places de l'Allemagne, mais on n'y fit jamais rien de sérieux. Elle fut désignée en 1822 pour la création d'une place fédérale contre la France -, les travaux en furent payés sur l'indemnité de 15 millions accordée à la Bavière ; ils furent commencés en 1836 et achevés en 1852.

La ville est située à l'extrémité d'un promontoire formé par la berge siiuaiion. de gauche du Rhin, elle domine d'une dizaine de mètres les terrains bas où coule le fleuve et qui l'entourent de trois côtés. Le Rhin décri- . vait, en amont et en aval, de grandes courbes qui ont disparu ou du moins qui ne sont plus que des bras morts depuis les travaux de rectification. La Queich se divise après avoir traversé Landau et aboutit au Rhin par cinq ou six bras en amont et en aval de la place ; le bras principal traverse la ville et fournit de l'eau aux fossés de la fortification et aux inondations.

Germersheim est à 18 kilomètres de Landau et en est séparée par une contrée coupée de bois et de marais ; ces deux places formaient donc une barrière très forte destinée à arrêter une offensive française dans le Palatinat et vers Mayence. Landau a été déclassée en 1873 ; Ger-

Rôle de mersheim suffit pour rendre difficile la marche d'une armée française Germersheun. ^^^ ^^ ^..^^ gauche du Rhin ; elle fournit aux Allemands, un point de passage assuré sur le fleuve, juste en face de la grande dépression de Pforzheim dont elle surveille aussi les routes. En outre, elle barre complètement la voie ferrée qui longe le Rhin de Spire à Strasbourg, et elle garde un pont ûxe sur le fleuve, celui du chemin de fer qui vient de Bruchsal.

Fortifications. Les fortifications de Germersheim comprennent :

1*" Un corps de place avec trois fronts polygonaux sur le plateau et trois fronts irréguliers à fossés pleins d'eau au pied des pentes dans les terrains bas ;

2* Les fronts Hertling et Ysenbourg le long du Rhin ; ils sont en terre et s'appuient au nord et au sud à deux lunettes ;

3** Les forts Friedrichs des Siegreichen, Wrède et Deroy, qui occupent le plateau en avant du front d'attaque ;

4° Le fort Vincenti au sud et le fort Siebein au nord au milieu des terrains bas ;

5** La tête de pont de la rive droite du Rhin, qui a la forme d'un ouvrage à cornes ; au sud, à la pointe d'une île formée par un ancien bras mort, se trouve le fort demi-circulaire de Zandt et au nord les forts Seydewitz et Treuberg.

Dans ces derniers temps, il a été question de construire un nouvel ouvrage sur la rive droite en avant de la tête de pont et auprès du village de Rheinsheim ; 'mais aucun crédit n'est encore alloué. Mannheini. Mannhelm, à 30 kilomètres en aval de Germersheim, est considéré comme un très bon point de passage sur le Rhin ; il y existe aujourd'hui un pont fixe sur le fleuve. Malgré les réclamations fréquentes de la presse allemande, on n'y a pas construit de fortification.

Hayence^ — Mayence (Mainz), située sur la rive gauche du Rhin en face du confluent du Main, est l'antique Moguntiacum des Romains ; Drusus y construisit une puissante forteresse et en fit le centre des stations romaines qui gardaient la ligne du Rhin. Cette ville fut la capitale de la Germanie supérieure et devint plus tard la cité primatiale de l' Allemagne ; son archevêque était électeur de l'Empire.

Occupée par Custines en 1792, elle subit en 1793 un siège célèbre par la belle défense active qu'y fit Meusnier. Rendue à la France en 1797 à la suite du traité de Campo-Formio, elle fut le chef-lieu du département du Mont-Tonnerre. Les traités de 1815 la donnèrent à la Hesse et en firent une forteresse fédérale de premier ordre. C'est encore aujourd'hui

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