CHAPITRE VL — DÉFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE
Rôle de Mayenco.
Abords de la place.
la ville la plus peuplée du grand- duché de Hesse, elle compte près de 60,000 habitants.
Mayence occupe une position très importante ; elle surveille la grande voie d'invasion de la vallée du Main et commande directement un grand nombre de routes et de chemins de for; c'est la clef de T Allemagne et le centre de la ligne du Rhin. On y a installé une immense fabrique de vivres de campagne qui peut suffire à Tentretien d'une armée de 500,000 honmies et qui ferait de cette place le centre d'approvisionnement de toutes les troupes réunies sur la frontière de France.
Le Main et le Rhin divisent le terrain qui avoisine la ville en trois secteurs.
La plaine comprise entre les deux cours d'eau est complètement plate et en partie inondable. A l'embouchure du Main, se trouvent deux îles qui sont maintenant rattachées à la terre ferme. Eu aval de la ville, le Rhin s'élargit beaucoup et forme de longues îles qui le divisent en plusieurs bras.
Sur la rive gauche du fleuve, l'extrémité septentrionale du plateau d'Alzey est découpée par les ruisseaux de Zahlbach et de Gonsenheim ; en face de l'embouchure du Main, ce plateau se termine sur le Rhin môme en pentes escarpées; en amont et en aval, les berges s'éloignent beaucoup du fleuve et celui-ci est bordé de terrains bas. Les marais de Mombach, au nord de la ville, sont compris dans la nouvelle enceinte et ont été desséchés pour faire place à de nouveaux quartiers.
Sur la rive droite du Rhin, se trouve le faubourg de Castel ; à une distance de 2 kilomètres, des berges d'une cinquantaine de mètres terminent de ce côté le soulèvement du Taunus.
Les fortifications de Ma^ ence sont très compliquées et datent d'époques Foniûcatioas. différentes ; on peut les classer de la manière suivante :
1" V enceinte de la ville, construite en 1604, couronne au sud le plateau et comprend de ce côté une citadelle ; la partie ouest qui laissait devant elle les marais de Mombach a été démolie dernièrement et remplacée par une ligne polygonale à fossés secs tracée sur le bord du plateau, au nord-ouest du Zahlbach ; cette dernière se ferme sur le Rhin en face de l'île d'Ingelheim.
2^ Une ligne d'ouvrages, construite en 1730, est située sur le plateau, à 400 ou 500 mètres en avant de la première enceinte ; elle est formée parles forts Saint-Charles, Walsch, Sainte-Elisabeth, Saint- Philippe, la double tenaille de Clairfayt et le fort Saint-Joseph, qui sont réunis par un parapet en crémaillère.
3*^ Les ouvrages exécutés par la Confédération après 1815 comprennent : en premier lieu, les retranchements qui occupent les positions défendues
Caslcl.
Fort du Pelcrsberg.
Rôle do Goblenz.
pendant le siège de 1793, savoir Vouvrage à cornes de la Weissenau et les ouvrages de Zahlbach (fort Meusnier, lunette de Dalheim, lunette de Zahlbach) ; en deuxième lieu, la nouvelle ligne formée par les forts de Sainte- Croix, i'Hechtsheim, Mariabom, Indamund, HartemuM, Bingen, Gonsenheim et Hardenberg. Les forts Indamund et Hartemùhl ont disparu dernièrement lors de la construction de la nouvelle enceinte ; les forts Bingen et Gonsenheim ne datent que de 1865.
4** V enceinte de Castel fut exécutée à la même époque d'après le système du général Ghasseloup ; elle est précédée des quatre lunettes Wiesbaden, Erbenheim, Hochheim et Francfort ; on aval se trouve le fort Hessen et en amont les ouvrages de Vite de Mars. A la pointe entre le Rhin et le Main, le fort de Mainspitze est traversé par la ligne de Francfort et défend spécialement le pont du chemin de fer. Les îles Saint-Pierre et ïngelheim, en aval, sont défendues par quelques ouvrages.
d millions et demi ont été consacrés depuis 1870 à Tamélioration et à Tagrandissement des fortifications de Mayence. Avec la portée actuelle de Tartillerie, Mayence n'est pas à Tabri d'un bombardement, les lignes successives d'ouvrages n'étant qu'à très faible distance les unes des autres. Pour transformer la place en camp retranché, les Allemands ont le projet de construire de nouveaux forts à des distances de 3 à 6 kilomètres de l'enceinte, trois sur la rive gauche du Rhin et deux sur la rive di'oite. Celui du Petersberg, au nord de Castel, est seul commencé.
Goblenz^ — Coblenz est VaiXicientie Confluentes des Romains; elle était déjà fortifiée au moyen âge ; elle appartint jusqu'en 1796 aux électeurs de Trêves et devint française en 1801. Les traités de 1814 la cédèrent à la Prusse.
La hauteur à!Ehrenbreitstein sur la rive droite du Rhin avait été occupée par les Romains ; ses fortifications firent une longue résistance à nos armes en 1799; elles furent rasées à cette époque ainsi que les ouvrages de Coblenz.
Les fortifications actuelles ont été élevées par la Prusse avec l'argent de la contribution de guerre imposée à la France en 1815.
Coblenz a une population de 30,000 âmes ; elle est située au confluent du Rhin et de la Moselle, à égale distance de Mayence et de Cologne, et au centre du massif de terrains anciens du Taunus, du Hundsrûck, de l'Eifel et du Westerwald. Elle barre les routes qui viennent de Melz et de Trêves, et qui, par la vallée de la Lahn, conduisent au centre de l'Allemagne ; elle surveille le point de passage du Rhin à Neuwied. EUç commande deux ponts fixes pour chemins de fer sur le Rhin et trois ponts