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CHAPITRE VI. — DÉFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE

un avantage aussi grand qu'on pourrait le croire au premier abord, surtout si on observe que les intérêts communs de l'Allemagne et de l'Autriche dans la péninsule des Balkans et vis-à-vis de la propagande slave établissent entre elles des relations amicales durables et créent un antagonisme latent entre ces puissances et le gi^and empire slave. En cas d'alliance austro-allemande, la Pologne se trouverait bordée de trois côtés de pays ennemis, et comme les marais de Pinsk l'isolent dû refete de la Russie, l'armée qui s'y serait concentrée serait grandement exposée à se voir entourée et coupée. Du reste, le mécanisme militaire très perfectionné que possède l'Allemagne, lui assure une grande avance dans le déploiement de ses forces sur cette frontière et la mettrait à môme de prendre l'ofTensive. Le premier acte de l'offensive allemande serait certainement l'occupation de la Pologne; quant au choix des combinaisons stratégiques sur le front de l'armée russe ou sur ses communications, il dépend d'une foule de circonstances telles que la force des armées en présence, le caractère des chefs, le but de la guerre, etc.

La Russie ne pourrait prendre l'offensive que si l'Allemagne était déjà engagée dans une guèiTe avec la France et ne pouvait disposer sur cette frontière que d'une faible partie de ses forces. Dans ce cas, les armées Lignes

,, ,,. . d'invasion.

russes pourraient suivre quatre lignes d'invasion :

1** Celle de Wilna à Kœnlgsberg ; elle utilise au nord du plateau des Masures une zone de 80 kilomètres de largeur qui est praticable aux grandes aimées ; cette zone est suivie elle-même par une voie ferrée qui vient de Saint-Pétersbourg et qui perce la frontière à Wierzbolow.

2** Celle de Varsovie à Thotn par les deux rives de la Vistule ; cette rivière servirait pour les transports, concurremment avec le chemin de fer qui rejoint sur la rive gauche les deux villes précédentes. Cette offensive aurait pour but de séparer la grande province de Prusse orientale du reste du territoire allemand et de se relier à une armée s'avançant en même temps le long du Prégel.

3® Celle de Varsovie à Posen et à Kustrin; c'est la plus directe sur Berlin, mais l'absence de voie ferrée dans cette direction rendrait les transports longs et difficiles ; ^de plus, l'armée principale ainsi engagée sur la Warthe serait exposée au danger d'être prise à revers par des diversions partant de la Prusse orientale ou de la Silésie.

4® Celle de Varsovie vers la Basse-Silésie, c'est-à-dire, vers Glogau et Breslau ; l'armée qui s'avancerait dans cette direction serait bien appuyée à droite aux marais de l'Obra et aborderait l'Oder dans une partie où il n'est pas encore très large et où on pourrait le franchir facilement; la place de Glogau ne pourrait pas opposer la môme résistance que les autres camps retranchés de cette frontière; en&n les Russes occuperaient

à gauche un pays riche et peuplé où ils se crôeraieal une bonne base secondaire ; ils devraient, pour tenter cette opération, être assurés de la neutralité de TAutriche et bien se garder vers le nord ; en cas d'échec dans cette direction, la retraite pourrait toujours se faire par Lusk vers Kiew. Il faut observer toutefois qu'il n'existe pas encore de voie ferrée de Varsovie à Kalisch et à Glogau. Si les Russes voulaient utiliser le chemin de fer de Varsovie à la Haute-Silésie, ils prendraient une direction beaucoup trop excentrique et, du reste, les forêts de la haute Pologne ne sont guère propres aux grandes opérations.

Pour appuyer les années défensives et pour barrer ces quatre lignes d'invasion, l'Allemagne possède quatre systèmes de places : Kônigsberg sur la première direction ; Thom et les autres places de la Vislvie sur la seconde; Thom, Posen, Glogau et Kustrin sur la troisième; Glogau et Breslau sm* la quatrième.

Kônigsberg ^ — Entre le Kurische et le Frische-HafT existe une contrée boisée et mouvementée qui servirait de refuge à une armée samiand. battue sur le Prégel ou sur le Niémen, c'est le Samland. Ce plateau, qui atteint 110 mètres au point culminant, se termine sur la mer par des falaises inabordables ; il est limité au sud par le bas Prégel, et à l'est, do Tapiau à Labiau, parle canal de la Deime.

KuDigsberg. La place de Kônigsberg, située près de l'embouchure du Prégel dans le Frische-Haff, à 140 kilomètres de la frontière, servirait de réduit à la défense du Samland ; c'est un nœud de communications fort important : 9 grandes routes et 4 voies ferrées en rayonnent. Ses fortifications consistent : 1* en une enceinte neuve construite dans le système néoprussien et remplaçant une ancienne enceinte bastionnée ; les travaux commencés en 1842 n'ont guère été achevés qu'en 1870 ; 2* en ii forts détachés à des distances de 4 à 5 kilomètres de l'enceinte ; ils ont été commencés en 1873 et viennent d'être achevés ; ceux de Marienberg, de Charlottenburg , de Beydritten, de Quednan, de Neudamm et de LauXh sont situés sur la rive droite du Prégel ; ceux de Neuendorf, de Seeligenfelde, d^Altenberg, de Kaschau et de Kalgen sur la riye gauche.

lia construction de ces forts a exigé une dépense de près AedOmiUions; c'est la plus forte somme qui ait été allouée pour la transformation d'une place, sauf pour Cologne.

Les fortifications s'étendent maintenant jusqu'à l'embouchure du Prégel ; par suite, l'investissement de la place est impossible et ses communications sont assurées par eau avec Danzig, au moins tant que les deux forts de Pillau ne seront pas réduits.

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