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CHAPITRE II. — LA SUISSE. l

plus fréquentés des Alpes; il fut suivi en 1799 par les troupes de Souwarow, et en 1800 par le corps de Moncey qui allait rejoindre Bonaparte à Milan. La route actuelle est doublée d'un chemin de fer, qui a une cuemin importance commerciale et militaire considérable. C'est la voie la plus st^o^thal'd. directe d'Allemagne en Italie; elle détournera probablement une grande partie du commerce des voies françaises. Cette ligne sera aussi très utile au point de vue des relations stratégiques entre ces deux pays, dans le cas d'une guerre contre la France; elle pourrait engager ces puissances à violer la neutralité suisse. Le tunnel que traverse la voie ferrée entre Geschenen et Airolo, a une longueur de 15 kilomètres; du reste, les ouvrages d'art sont nombreux sur cette ligne : cinqui^nte souterrains, .du lac de Zug à la frontière italienne, ont une longueur totale de 20 kilomètres; sept d'entre eux sont creusés en hélice, afin de racheter les pentes trop rapides de la vallée et d'éviter les aiguilles de rebroussement.

c) — La route du Lukmanier, qui conduit de Disentis sur le Rhin à Olivone et à Biasca par la vallée du Breno; elle passe à un col très bas qui n'a que 1,917 mètres d'altitude et qui a été utilisé par Pépin et Charlemagne dans leurs expéditions contre les Lombards. On avait proposé d'y faire passer un chemin de fer reliant l'Allemagne à l'Ilalie par la vallée du Rhin et les Grisons, mais on a préféré le tracé de la voie du Saint-Gothard comme plus direct. La route actuelle n'a été achevée qu'en 1878.

d) — Le sentier du col de Greina (2,360"), qui conduit de la vallée du Vorder-Rhein à Olivone dans celle du Breno.

e) — La route du col du San-Bernardino (2,063"), qui relie Coire, dans la vallée du Rhin, à Bellinzona sur le Tessiu ; elle remonte le Hinter-Rhein jusque près de sa source, atteint le col après avoir décrit plusieurs zigzags, et descend sur le versant opposé par des pentes et des lacets très longs les divers étages qui soutiennent les terrasses dû Val Mesocco; elle fut constniite de 1819 à 1823; le sentier du San-Bernardino fut suivi par le général Lecourbe en 1799.

/) — La route du col du Splûgen (2,117"), qui conduit de Coire à Chiavenna par la vallée du Hinter-Rhein; elle traverse, entre Thusis et Zillis, les profondes gorges de la Via-Mala, jadis gardées par le château via-Maïa. de Haute-Rhœtie, où les voyageurs et les marchandises payaient un droit, puis, un peu plus haut, la gorge de Roffna, tout aussi étroite ; la belle route actuelle, achevée en 1823, se sépare, au village de Splûgen, de la route du San-Bernardino, atteint le col, descend par le Val San-Giacomo à Chiavenna sur la Maïra, longe la rive orientale du lac de Côme, puis conduit à Milan ou à Bergame par Lecco. Au commencement de décembre

20 LIVRE l*^ — PETITS ÉTATS DO CENTRE DE L'EDROPE.

1800, Macdonald fit passer par le mauvais sentier du Spltigen une division chargée de couvrir le flanc de Tannée d'Italie commandée par Brune; il y perdit beaucoup de monde, et des colonnes entières furent enlevées par des avalanches dans la gorge de CardineU. La route actuelle franchit les endroits dangereux sous des galeries avec toits inclinés, comme il en existe sur presque toutes les grandes routes des Alpes. Ces belles routes furent pour la plupart construites de 1818 à 1830.

g) — Le sentier du col de Septimer (2,311"), à l'est du Splûgen, c'està-dire en dehors des Alpes Lépontiennes ; il suit la môme direction que la route du Splûgen et fait également communiquer Coire avec Chiavenna; au pied du col se réunissent deux sentiers, l'un s'embranche à StaUa sur la route du Julier, l'autre s'embranche sur la route du Spliigen au nord du défilé de Roffna, remonte VAverser Bach et franchit le col de la Forcellina; le sentier du Septimer descend dans la haute vallée de la Maïra et rejoint à Casaccia la. grande route de la Maloja; ce col était jadis suivi par une voie romaine aujourd'hui détruite, il est à peine muletier.

3® — Les Alpes Rhétiques englobent la haute vallée de VInn ou Engadine; elles comprennent tous les massifs qui s'élèvent entre la conque de Coire, la Valteline ou haute vallée de VAdda et les sources de VAdige, depuis le col du Spliigen jusqu'au col de Reschen. Voici quels sont les principaux de ces massifs :

1*'. — Le premier, entre le val San-Giacomo, la Maïra et plusieurs des sources du Rhin, atteint 3,406 mètres au Pizzo-Stella. Bcrnina. 2'. — Le plus important est le massif de la Bernina, qui s'étend du col de la Maloja à celui de la Bernina, entre V Engadine et la Valteline; il est recouvert d'immenses glaciers et son pic culminant est à 4,052 mètres.

3*. — A Test du col de la Bernina, se trouvent des massifs isolés les uns des autres et entre lesquels les dépressions sont suivies par des sentiers relativement nombreux ; les sommets ne dépassent guère 3,000 mètres ; les principaux sont le Pizzo délia Stella, le Piz Umbrail, le Piz Seesvenna. Le sous-sol dans cette partie des Alpes, entre le col de la Bernina et celui de Reschen, est formé de terrains jurassiques.

4*. — Au nord de l'Engadine s'élève une longue crête qui s'étend du col

de Septimer à' celui de Fluëla et qui est limitée au nord par le Landwasser

et la vallée de Davos ; on la désigne sous le nom de chaîne des Grisons ou de

Aibuia. l'Albula ; ses principaux sommets, le Piz d'Err, le Piz Kesch, le Piz Vadred,

atteignent 3,400 mètres et dominent d'immenses glaciers.

Les Alpes Rhétiques sont traversées par de grandes routes et par quelques sentiers qui mettent la conque de Coire en communication avec l'Italie par l'intermédiaire de l'Engadine.

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