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CHAPITRE m. — DÉFENSE DE LA SUISSE

point de passage en son milieu, où TIll la coupe entre deux rochers à pic et où passe le chemin de Nofels ; on ne peut donc gagner Feldkirch que par les cols qui s'ouvrent entre cette crête et les derniers contreforts des montagnes du Vorarlberg, c'est-à-dire au nord par AUenstadt, où passe le chemin de fer, et au sud par Tisis; ces deux dépressions étaient gardées en 1799 par de nombreux ouvrages dont les derniers vestiges ont disparu aujourd'hui. Feldkirch serait le premier objectif d'une année prenant l'offensive sur la rive droite du Rhin. Au début de la campagne de 1799, Masséna échoua à deux reprises différentes devant les formidables retranchements de Feldkirch; Tannée suivante, Molitor, en les prenant à revers, réussit à les enlever au prince de Reuss.

Une deuxième ligne de défense est formée par les montagnes de la Thur sodUs. et d'Appenzell. Comme toute chaîne, on peut l'occuper : en avant, sur la crête et en arrière.

A cause du peu de largeur de la plaine, le premier mode de défense se confond avec la défense du Rhin.

La seconde position, sur la crête, est désavantageuse à cause de l'absence de communications transversales et du danger d'être tourné ; on devra se contenter d'accumuler les obstacles sur les routes, afin de retarder la marche de l'ennemi. La route de Wildhaus, dont le point le plus élevé est à 650 mètres au-dessus de la plaine du Rhin, est facile à couper sur le versant oriental, où elle décrit de nombreux lacets le long des pentes escarpées. Au col même, une barricade serait assez facile à construire et difficile à tourner. Dans la vallée de la Thur, la route traverse encore deux défilés, à Starkenstein et, près de Krumenau, au pont naturel. Les deux routes d'Altstetten pourraient être disputées de la même manière.

La troisième position, en arrière, semble offrir plus d'avantages. On y trouve de bonnes communications transversales, et le pays, moins tourmenté, est plus favorable aux mouvements des armées. La ville de Saint- Gall est, dans cette région, un point important d'où un corps mobile surveillerait les routes qui traversent la chaîne, et menacerait le flanc des colonnes qui s'engageraient sur les lignes latérales; mais elle est encore trop près de la crête et serait facilement tournée ; elle n'est bonne que pour une avant-garde. Le gros de l'armée cherchera plutôt à s'établir entre Bischofszell et Gossau; on couvrira ainsi le plateau suisse et on n'aura pas à craindre d'être tourné par le col de Wildhaus, à cause des nombreux obstacles qu'on peut accumuler dans la vallée de la Thur pour arrêter l'ennemi. Pour couvrir la retraite, on utilisera le repli que forme la Thur de Bischofszell à Wyl, et, comme dernière ligne de défense, on aura la Limmaté

Rbœlicon ot Silvretta.

Routes de rinn el de rOfeD-Pass.

b) — Dans la 2' section, qui s'étend du fort de Luziensteig au GribelU- Kopf, la limite des deux États suit la crête du Rhœticon et du Silvretta. Douze sentiers traversent ces montagnes et permettent aux Suisses de se porter dans la vallée de Montafon et de menacer la route de la vallée de 17//, qui n'est doublée par aucune voie parallèle. Si donc les Autrichiens veulent opérer par la voie de VArlberg qui est la plus directe, il leur faudra occuper tous les sentiers du Rhœticon et même se porter, par un mouvement rapide, dans le Prœttigau et VEngadine, afin de couvrir leur ligne d'approvisionnement contre les entreprises des partisans suisses.

Les Suisses auront l'inverse à faire; ils devront en tous cas surveiller les cols du Rhœticon et barrer tous les débouchés du Prxltigau, en occupant les points de Séevis, de Schiersch, de Luzein-Kûblis et de Dorfli. Ils menaceront de flanc la ligne d'invasion par l'Arlberg et, en même temps, ils barreront les deux routes de l'Inn et de l'Adige.

c) — La 3* section, qui s'étend du Gribelle-Kopf au Stelvio, est traversée par les deux routes de l'Inn et de l'Adige. Les défilés longs et étroits qu'elles suivent sont d'une bonne défense, d'un côté comme de l'autre ; poiu*tant les positions autrichiennes semblent les meilleures. Il existe à Finstermûnz deux petits ouvrages qui barrent le défilé que suit la route de l'Inn au-dessous de Nauders, après s'être réunie à celle qui vient du col de Reschen ; dans l'autre direction, les Autrichiens possèdent la forte position de Taufers qui barre la route de l'Ofen-Pass. Ces deux débouchés ont été enlevés avec la plus grande vaillance par nos ti:oupes au début de la campagne de 1799. Le 25 mars, Dessoles tourna, par le lit du Rambach, la position de Taufers, en même temps que Lecourbe gravissait les montagnes de la rive droite de l'Inn qui dominent le défilé de Martinsbrûck et la position de Nauders ; des deux côtés on fit de nombreux prisonniers. Laudon, qui se retirait de Taufers, trouva le col de Reschen occupé et, pris entre deux feux, dut se jeter dans les glaciers de l'Oetzthal, où il faillit périr.

Le défilé de Martinsbrûck serait facile à défendre par la Suisse ; mais ce passage, de même que celui de Buffaiora, peut être tourné par le sentier du col de Sursass qui débouche directement sur l'Inn entre Siiss et Martinsbrûck.

Pour barrer les deux routes, les Suisses pourraient occuper el fortifier la base Sùss-Zemetz, qui s'appuie sur l'Inn, et sur laquelle elles se réunissent avant de franchir le col de Fluëla.

Tracé de la froDiiére.

Front sud ou Irontiôre d'Italie. — Le front stratégique sud s'étend du Stelvio au mont Blanc, ou plutôt de l'Umbrail-Pass au mont Dolent,

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