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CHAPITRE III. — DEFENSE DE LA SUISSE

BUT les théâtres décisifs du Danube et de TAdige. Les faibles forces de Jourdan et de Masséna, 68,000 hommes, allaient avoir affaire à 154,000 ennemis, même avant Tarrivée de Korsakow.

Le l*' mars, nos armées prirent Toffensive sur toute la ligne du Rhin, offensive dans le Palatinat, en Alsace et en Suisse. Bernadotte entra dans Mann- ^^'

heim et vint attaquer Philippsbourg. Jourdan passa le Rhin à Kehl et à Bâle, traversa la Forêt-Noire en quatre colonnes par les villes forestières^ par le Val d^ Enfer, par la vallée de la Kinzig et par celle de la Rench, et vint cantonner ses troupes entre RoUweil et Tuttlingen. Masséna se mit en mouvement peu de jours après; la brigade Oudinot passa le Rhin à Buchs et se porta sur Feldkirch; une division franchit le fleuve à Âtzmoos, un peu au nord du défilé de Trùbbach, enleva après de vifs combats les reti^anchements de Luziensteig et s'avança vers YAlbula dans le but de couper le corps d'Auffemberg, qui occupait les Grisons. Le général Demont, de son côté, remonta la Tamina, franchit le Kunkels^Pass et s'empara des ponts de Reichenau. Auffemberg, repoussé sur Coire, se trouva cerné de tous côtés et forcé de mettre bas les armes.

Pendant ce temps, Lecourbe partait de Bellinzona, passait le San-Ber- Opérations nardino, se portait sur Thusis et de là, remontant TAlbula, gagnait les cols du Seplimer, du Julier et de VAlbula, Culbutant les bataillons éparpillés de Bellegarde, il entra à Ponte, à Silvaplana, et suivit Tennemi jusqu'à Martinsbrijck , espérant s'emparer de Nauders, point important où se réunit la communication de la vallée de l'Adige avec celle de l'Inn; il échoua dans deux attaques contre Martinsbruck (14 et 17 mars). A cette même époque, 17 mars, Dessoles, remontant la Valteline et étant aiTivé à Bormio, repliait les postes autrichiens, passait VUmbrait-Pass et prenait position à Sainte-Marie et à Munster devant Laudon, établi à Taufers. Quelques jours plus tard, Lecourbe et Dessoles, reprenant l'offensive simultanément, enlevèrent, l'un la position de Martinsbriick, l'autre celle de Taufers et firent leur jonction par le col de Reschen, en cernant les troupes de Laudon. Les communications des armées d'Allemagne et d'Italie se trouvaient ainsi coupées, ou du moins ne pouvaient se faire que bien en arrière par le Brenner. Malheureusement les revers de nos troupes sur les autres théâtres d'opérations allaient rendre ces succès inutiles et forcer notre centre à reculer.

Tout d'abord, Oudinot et Masséna s'épuisèrent en vains efforts pour Échecs de

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enlever les retranchements de Feldkirch; ils subirent des pertes considé- à Feldkirch. râbles le 14 et le 23 mars et durent abandonner leur entreprise, ce qui mit l'armée d'Helvétie dans l'impossibilité de se lier à celle du Danube.

Sur ce dernier théâtre d'opérations, nous n'étions pas plus heureux. Échec de L'archiduc, prévenant notre attaque, passa Vlller le 6 mars, battit Jour- à Osirack.

Échec de Schérer à Magoa^o.

Dispositions de Masséna.

Offeusive autrichienae dans les Grisons.

Lecourbe à Taverne.

Abandon

dos Grisons.

dan à Pfûllendorf ou Ostrack (19 mars), le culbuta de nouveau à Stockach (25 mars) et le força à repasser le Rhin.

Enfin, en Italie, Schérer, après avoir enlevé le camp autrichien de Pastrengo et livré le long de TAdige une bataille indécise le 25 mars, se laissa battre à Magnano le 5 avril et fut rejeté derrière VOglio. Horean le remplaça dans son commandement.

Masséna, de son côté, succéda à Jourdan et se trouva ainsi réunir sous ses ordres les armées du Danube et de THelvétie ; il devait occuper une longue ligne s'étendant des sources du Rhin jusqu'à dusseldorf; il disposait alors de 100,000 hommes, dont il concentra les deux tiers en Suisse; son aile droite continua à occuper VEngadine, les Grisons et le RheinthcU, bien que dans une position extrêmement aventurée en présence des forces considérables de Hotze et de Bellegarde. Dès le commencement d'avril, Lecourbe et Dessoles furent attaqués et forcés d'abandonner Martinsbruck et Taufers; Dessoles se replia par VOfen-Pass, puis passa la Bemina et gagna Tirano; Lecourbe resta pendant tout le mois d'avril tranquille possesseur de VEngadine. Ce n'est que le dernier jour de ce mois que les généraux ennemis reprii'ent l'offensive. Bellegarde s'avança à la fois par Martinsbruck, par le col de Scarl et par VOfen-Pass; il échoua partout, grâce à l'activité et aux bonnes dispositions de Lecourbe ; cependant ce dernier, craignant de voir sa retraite coupée, se décida à abandonner l'Engadine et se retira à Lenz, près de Tiefenkasten, en gardant encore les cols de l'Albula. Hotze, combinant ses mouvements avec ceux de Bellegarde, fit attaquer le Luziensteig dans le but de se porter sur Coire et d'envelopper nos troupes des Grisons ; cette tentative, mal dirigée, échoua complètement. En même temps, un autre danger nous menaçait; les habitants des cantons forestiers, des Grisons et du Valais levèrent simultanément l'étendard de l'insuiTection; des mesures énergiques amenèrent la soumission des révoltés, après les combats de Disentis et de Schwyzy et déjouèrent ainsi les efforts de l'Autriche.

Les progrès de Souwarow en Italie lui permirent, au commencement de mai, d'envoyer un détachement pour s'emparer de l'important passage du Saint'Gothard. Lecourbe se mit immédiatement en marche, rejoignit à Splûgen les troupes qui venaient d'évacuer la Valteline, se porta par le San-Bernardino à Bellinzona, culbuta le prince de Rohan à Taverne, au sud du Monte- Généré (13 mai), et vint prendre position au Saint- Gothard. Hotze et Bellegarde combinèrent à cette époque une attaque générale avec des forces imposantes sur les Grisons; Hotze enleva cette fois les ouvrages de Luziensteig (14 mai) et s'empara de Coire; Bellegarde attaqua la vaUèe de Davos et les cols de VAlhida et en chassa les derniers détachements de Lecourbe. Masséna, débordé ainsi par le sud, se décida à

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