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CHAPITRE llf. — DÉFENSE DE LA SUISSE

abandonner la ligne du Rhin et à concentrer son armée derrière la Thur (20 mai).

L'archiduc, informé de la retraite de nos troupes, prit aussitôt Toffen- Passage du sive. Hotze franchit le Rhin, le 22 mai, entre Feldkirch et le lac de Cons- los ^°Aiaritance et se porta sur Saint-Gall; le prince Charles fit jeter un pont à crions, Stein (21 mai), puis passa avec le gros de ses forces à Bmsingen, un peu en amont de Schaffhouse (23 mai). Masséna, prévenu de la marché des colonnes ennemies, voulut s'opposer à leur jonction; faisant volte-face, il occupa la ligne de la Thur et battit les avant-gardes autrichiennes le 25 mai à Andelfingen et à Frauenfeld; mais il ne put empêcher la réunion des deux corps ennemis, qui se fit sur la rive droite de la Thur. Il se décida alors à battre en retraite sur le camp retranché de Zurich^ tout en opposant une vive résistance à Winterthur, à Brûtten et à Pfungen sm* la ligne de la Tôss. Quant à Lecourbe, malgré le départ de Bellegarde pour Lecourbe la Lombardie, il ne put se maintenir au Saint- Go thard; attaqué par les le st-°Goforces supérieures du général Haddick, menacé en queue par une brigade ^*^*''^de Hotze, il descendit la vallée de la Rems et refoula cette dernière troupe dans la vallée de Muotta, où il la battit complètement; puis, revenant sur ses pas , il culbuta les colonnes autrichiennes qui descendaient la Reuss et les poursuivit jusqu'au pont du Diable, à l'entrée de la vallée d'Urseren (31 mai).

Masséna prit position en arrière de la Glatt, la droite appuyée au Zu- Massénaabonrichberg et aux nombreux ouvrages qu'on y avait ébauchés; le prince ^cu"^ ^" Charles l'attaqua le 4 juin, mais il fut contenu et ne put enlever le camp retranché; néanmoins le général français, voyant son adversaire se préparer à une nouvelle attaque, ne voulut pas en courir la chance et évacua Zurich dans la nuit du 5 au 6. Il vint occuper les hauteurs de VAlbis et la ligne de la Limmat-Aar jusqu'à Coblenz. Lecourbe, à l'aile droite, dut se rapprocher du centre; il abandonna la vallée de la Reuss, Schwyz et Einsiedeln, porta son quartier général à Lucerne et établit ses troupes vers Samen, se liant par Art et Egeri à la position de l'Albis. Après quelques échauffo urées, les années principales restèrent en présence inactives pendant tout Tété, c'est-à-dire du 6 juin au 17 août.

Pendant le mois de juillet, Lecourbe se contenta de livrer quelques opéraiiousdo combats aux Autrichiens vers Brunnen, Schwyz et AUorf pour tenir ses Leco">*^«troupes en haleine; mais, au mois d'août, il fut renforcé et combina une grande opération, qui eut pour résultat de reprendre Je haut Valais, le Saint-Gothard, les petits cantons et d'établir l'armée sur la ligne de la Linth, entre les lacs de Zurich et de Wallenstadt. Les colonnes françaises s'ébranlèrent simultanément le 14 août dans le Valais, dans la haute vallée de l'Aar, sur la Reuss et vers Schwyz, pendant que le centre

faisait des démonstrations vers Zurich; il y eut partout des combats sanglants qui nous furent toujours favorables : le Simplon et le Grimsel furent enlevés ; Lecourbe vint débarquer ses troupes à Fluëlen et remonta la Reuss, pendant qu'une autre colonne, franchissant le Susten-Pass, coupait la retraite à l'ennemi; la réunion des colonnes du Grimsel et de la vallée de la Reuss se fit dans la vallée d*Urseren, et les Autrichiens furent poursuivis parle Saint-Gothard jusque dans le Val Leventine, et par VOberalp jusque dans les Grisons; plus à gauche, Schwyz fut enlevé, le Mitotta-Thal occupé et les Autrichiens de Jellachich repoussés derrière la Linth.

Échec de lar- Sui' ces entrefaites, l'archiduc, informé des mouvements des troupes Deitingen. françaises vers leur droite, renforcé par l'arrivée des Russes de Korsakow et profitant de plus de l'absence de Masséna, qui était à Schwyz, voulut tenter une entreprise décisive. -Il massa ses troupes à sa droite, et, le 17 août, tenta le passage de l'Aar à Dettingen; il échoua grâce à l'énergie de Ney et surtout parce que, faute d'une reconnaissance bien faite de la rivière, les ancres ne mordirent pas le fond et les pontons furent emportés. A la suite de cet échec, des dissentiments s'élevèrent entre les deux généraux autrichien et russe : aussi l'archiduc hâta-t-il son départ pour le Bas-Rhin, où se formait une armée dont le commandement lui était destiné.

opërationsde En ItaUe, les Opérations avaient été beaucoup plus actives qu'en Suisse en"itajie^ et ne uous avaient guère été favorables. Dès le milieu d'avril, un renfort russe d'une quarantaine de mille hommes avait rejoint l'armée autrichienne, et Souwarow, vieillard énergique, avait pris le commandement de toutes les troupes. Il battit Moreau à Cassano sur l'Adda le 28 avril, entra dans Milan, puis dans Turin, aidé par une insurrection générale du Piémont, et repoussa les Français sur l'Apennin et sur la rivière de Gênes. Cependant il allait avoir une nouvelle armée à combattre : Macdonald avait quitté Naples le 3 mai et, déjà maître de Modène et de Parme, cherchait à se joindre, par la Stradella, à Moreau, qui débouchait de Gênes par la Bochotta. Souwarow massa ses troupes entre Tortone et Alexandrie; puis, marchant au plus pressé, il rejeta Macdonald sur la Trebbie, et, après une bataille de trois jours, 18, 19 et 20 juin, le forç^ à battre en retraite par Pontremoli et les affreux chemins de la rivière du Levant. Quant à Moreau, après un succès inutile remporté sur Bellegarde, il dut, à l'approche de Souwarow, rentrer dans l'Apennin. Le mois de juillet fut employé par les alliés aux sièges des places de Manions et à^ Alexandrie, qui capitulèrent après une faible résistance; toutefois, l'inaction du gros de l'armée coalisée permit aux Français de se réorganiser, et, au commencement d'août, Joubert, qui avait remplacé Moreau, crut pouvoir déboucher de la rivière de Gênes et prendre l'offensive; il

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