CHAPITRE III. — DÉFENSE DE LÀ SUISSE
ne Bavait pas que Souwarow venait d'être renforcé par Tarmée de siège de Mantoue, aussi fut-il battu et tué à Novi (15 août). Après ce succès, Souwarow semblait devoir facilement couper en deux Tarmée française échelonnée le long du golfe de Gênes, de Finale à Rapallo; inquiet delà descente de Lecourbe dans le Val Leventine et des succès de Championnet en Piémont, il resta inactif et reçut bientôt Tordre du conseil aulique de se porter en Suisse avec le corps russe (11 septembre). Il arriva le 15 septembre à Lugano et fit ses dispositions pour enlever le Saint-Gothard et se joindre à Korsakow : son artillerie et ses bagages furent embarqués sur "le lac de Côme et durent gagner le Rhin par les routes des Grisons; lui-même, avec 12,000 hommes, remonta le Val Leventine ; Rosemberg, avec 6,000 hommes, se porta de Belliuzona sur Disentis par le Luckmanier pour tourner la position du Gothard par TOber-Alp; enfin, une colonne autrichienne dut gagner Amsteg par le Kreusli-Pass et couper ainsi la retraite aux défenseurs.
Le 23 septembre, Souwarow arriva à Airolo et fit immédiatenient attaquer les troupes de Gudin, qui opposèrent une résistance opiniâtre ; les Russes attaquèrent de front et cherchèrent à gravir directement la montagne sous notre feu; ils allaient échouer, malgré toute Ténergie de lem* général, quand deux colonnes parvinrent à tourner la position à droite et à gauche et nous forcèrent à Tévacuer. Gudin opéra sa retraite dans le Valais par la Furka.
Pendant la nuit, Lecourbe accourut au-devant de Tennemi et arriva jusqu'à Hospenthal^maiiB il fut tourné par la colonne russe de Rosemberg, qui débouchait sur Andermatt; il dut jeter toute son artillerie dans la Reuss, gagner Geschenen par des sentiers de montagne, et vint alors prendre position en arrière du pont du Diable, Les Russes, suivant leur habitude, s'entêtèrent à attaquer l'obstacle de front sans chercher d'abord à le tourner, ce qui est contraire aux principes de la guerre de montagnes; ils subirent des pertes énormes, et ce n'est qu'après avoir occupé les hauteurs latérales qu'ils nous forcèrent à évacuer le défilé et purent passer la Reuss. Lecourbe opéra sa retraite sur Wasen, mais il vint se heurter contre la colonne autrichienne de 2,000 hommes qui, dès la veille, avait débouché à Amsteg. Il rompit les ponts de la Reuss et se retira vers Engelberg par le Surenen-Pass, conservant ainsi ses communications avec Lucerne et menaçant le flanc, puis bientôt les derrières de la colonne russe.
Souwarow, arrivé à Altorfle 26 septembre, comptait trouver Jellachich et une flottille sur le lac pour transporter ses troupes à Brunnen ; il n'en fut rien. De graves événements venaient en effet de se passer sur la Limmat et de déjouer tous les plans des coalisés.
Souwarow en Suisso.
Il enlôve le Sl-Golliard.
n arrive à Altorf.
PosiUoQs sur N0U8 avous laissé les armées en présence sur la ligne Linth-Limmaty imma . ^^ ^^^^ avons VU qu'à la fin d'août l'archiduc, sur l'ordre formel du conseil aulique, avait dû quitter ce théâtre d'opérations avec 36,000 Autrichiens pour se porter vers le Palatinat. Il devait être remplacé par Souwarow, et en attendant l'arrivée de ce dernier, ce fut Korsakow qui prit le commandement; Hotze, avec 10,000 Autrichiens, gardait encore la ligne de la Linth ; Jellachich et Linken, avec 10,000 hommes, occupaient les montagnes au sud du lac de Wallenstadt et s'étendaient jusqu'à Coire; les forces russes, sur la Limmat, ne se montaient plus qu'à 26,000 hommes. Masséna résolut de profiter de cet afTaiblissement de son adversaire et de prévenir sa jonction avec Souwarow; il disposait de 37,000 hommes sur la Limmat et de 10,000 sous Soult sur la Linth. Molitor avait 3,000 hommes sur la haute Linth, Lecourbe en avait 6,000 et Gudin 4,000.
Dieiikon. Dans la nuit du 24 au 25 septembre, 37 barques furent amenées à Dietikon, et, dès le matin, un corps de 15,000 hommes fut jeté sur la rive opposée. L'aile droite des Russes fut coupée, et le reste ne tarda pas à Bataille être enveloppé. Le gros de leurs forces était resté au petit Zurich, sur la de Zurich. ^.^^ gauche de la Limmat, faisant face à deux de nos divisions (18,000 hommes) qui occupaient Altstâtten. Korsakow ne s'attendait en effet qu'à une attaque de front, la seule probable pour les généraux russes de cette époque. Les deux divisions qui avaient passé la Limmat se portèrent par la rive droite sur les hauteurs qui dominent Zurich^ et occupèrent le soir toutes les routes de retraite des Russes. Korsakow était donc dans une position très critique; le lendemain 26, il parvint à se faire jour et à dégager le chemin de Winterthur, mais il perdit toute son artillerie et ses bagages.
Pendant que ces événements se passaient sur la Limmat, Soult n'était pas moins heureux sur la Linth; le 25, il passa cette rivière de vive force et battit partout les Autrichiens, désorganisés par la mort de Hotze; le lendemain, il les repoussa sur la Thur et sur Saint-Gall.
Opérations Jellachich et Linken avaient de leur côté pris l'offensive dans cette
de Moiiior. même joumée du 25 pour se réunir à Souwarow; mais ils n'agirent pas de concert et furent contenus par Molitor. Ce dernier, avec de faibles forces, empêcha tout d'abord Jellachich de déboucher sur Nxfeis et le repoussa sur Wallenstadt (25 et 26 septembre); il se porta ensuite contre Linken, qui descendait du Tœdi par les sources de la Linth et le Sernfthal; il lui barra la route de Glaris (27 et 28 septembre) et le rejeta dans les montagnes.
Masséna con- Masséna, libre de toute crainte du côté de Zurich, se retourna aussitôt tre souwa- contre Souwarow. Ce dernier, arrivé à Fluëlen au fond de l'impasse de