CHAPITRE m. — DÉFENSE DE LJt SUISSE
tiondeSouwarow.
Retraite des Russes.
la vallée de la Reuss, s'était décidé à se jeter dans les affreuses montagnes du Schàehenthal et à franchir le Kinzig-Pass pour gagner la vallée de Muotta et Schwyz et pour se porter sur les derrières de Tarmée française. Il mit deux jours à effectuer le trajet d'Altorf à Muotta et ne réunit son armée dans cette dernière vallée que le 28. Lecourbe s'était mis à sa poursuite et le harcelait sans cesse; Molitor occupait le débouché du Pragel-Pass; Masséna arrivait avec une de ses divisions à Schwyz et se mettait, par le lac des Quatre- Cantons, en communication avec Lecourbe. La position du général russe était donc affreuse. Son armée était épuisée Affreuse posi par une marche pénible au milieu d'affreux défilés, elle manquait de vivres et de munitions ; cependant il persista tout d'abord à marcher par Schwyz contre Masséna. Forcé d'abandonner ce projet téméraire, il se décida à battre en retraite par le Pragel-Pass et à gagner Claris et Wesen. Il se mit en marche le 30 septembre en laissant dans le Muotta-Thal une forte arrière-garde qui ne put être entamée par les troupes de Masséna et qui même repoussa les républicains jusqu'à Schvsryz. Le débouché du Pragel-Pass et toutes les positions du Klôn-Thal furent habilement disputés par Molitor. Les Russes arrivèrent néanmoins à Claris, mais ils ne purent forcer le passage de la Linth, dont les ponts avaient été coupés et qui fut briUanmient défendue par Molitor au combat de Nœfels (1" octobre). Cette rivière, comme on l'a fait remarquer plus haut, n'aboutissait pas alors au lac de Wallenstadt; elle se jetait dans des marais en aval du lac et formait un obstacle qu'avait à franchir l'armée russe pour atteindre Wesen. Elle ne put le vaincre et dut se rejeter vers le sud, dans le Val d'Engi, pour gagner de là les Crisons par le Panixer-Pass. Le passage du col, déjà couvert de neige fraîchement tombée, fut très pénible; les Russes y perdirent beaucoup de monde et atteignirent Ilanz le 7 octobre, réduits au tiers de leur effectif. Souwarow eut d'abord le projet de rentrer en Suisse après avoir réorganisé les armées battues; mais, à la suite de longues discussions à ce sujet avec l'archiduc Charles, il décampa tout à coup avec ses troupes et les cantonna en Bavière, refusant de prendre part à de nouvelles opérations. Il retourna à Saint-Pétersbourg, mais au lieu d'y trouver l'accueil triomphal auquel il était habitué, il tomba en disgrâce et en mourut de chagrin l'année suivante. Ces belles opérations de Masséna eurent pour résultat l'évacuation de la Suisse par les armées russe et autrichienne. L'armée française, restée maîtresse des Alpes et du Rhin, put commencer avec avantage la campagne de 1800.