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CHAPITRE IV. — LA BELGIQUE

vient aboutir à Aix-la-Chapelle^ après avoir laissé Bruxelles au nord. Les habitants d'Hazebrouck, de Bergues et deDunkerque sont Flamands, et Ton parle encore aujoin*d'hui la langue flamande, sinon dans ces villes, du moins dans les campagnes qui en dépendent.

La Flandre, pays de plaine conquis tout entier à la culture, joint une industrie très développée et un commerce très prospère à la richesse agricole. La contrée est recouverte de grands établissements industriels, on y rencontre de nombreux centres de population et les routes sont souvent sur toute leur étendue bordées de maisons qui rejoignent les villages entre eux. Anvers est le grand débouché commercial de toute la Belgique ; Ostende et Gand ne viennent que tout à fait en seconde ligne et à une fort grande distance conmie ports de commerce.

Le pays Wallon est beaucoup plus accidenté que la plaine des Flandres ; Pays Waiion il possède aussi de riches cultures dans la Hesbaye, de belles prairies dans le pays d'Hervé, de grands établissements industriels à Liège, à Seraing, à Yerviers, à Charleroi et dans toute la vallée de la Sambre, enfin des mines de houille très productives dans le Borinage et dans les environs de Charleroi; mais TArdenne est extrêmement pauvre.

La population wallonne est d'origine latine ; elle parle la langue française ou des patois qui en dérivent. Les Flamands sont d'origine germanique et parlent la langue flamande, qui est un dialecte du platt-deutsch. Les hommes bruns et à yeux foncés sont plus nombreux dans le pays Wallon que dans la Flandre. Les Wallons sont plus grands, plus forts, et vivent plus longtemps que les Flamands ; celte exemption de maladie tient sans doute à ce qu'ils habitent un pays plus élevé et plus salubre. Les mœurs, les caractères, la tournure d'esprit difTérencient les Flamands des Wallons et rattachent les uns aux Allemands, les autres aux Français. Les deux races en Belgique ne s'aiment pas et sont hostiles l'une à l'autre.

Le nombre des habitants de la Belgique a beaucoup varié aux diverses époques de son histoire ; il a presque doublé depuis 1830, et il est actuellement de cinq millions et demi. Il se partage inégalement entre les deux races qui peuplent le territoire belge; il y a à peu près 3 millions de Flamands pour 2 millions et demi de Wallons ; le nombre de ces derniers s'accroît plus rapidement que celui des premiers. La langue française est la langue des grandes villes et la langue ofBicielle ; elle fait chaque année des progrès^ malgré les efforts des Flamands pour perfectionner leur idiome et le faire admettre à l'égal du français dans les actes de la vie publique.

La population est inégalement répartie sur la surface du territoire ; sa densité moyenne est de 187 habitants par kilomètre carré; elle atteint

Nombre d*habitant8.

267 habitants par kilomètre carré dans les Flandres et dans le Hainaut ; elle n'est que de 44 sur les plateaux de TArdenne.

Voies de communication. — Des voies de communication de tous genres : routes, canaux et chemins de fer, sillonnent en tous sens la plaine belge à Touest de la Meuse. Les armées n'éprouveraient aucune difficulté à se mouvoir et à se ravitailler dans ce pays; aussi a-t-il été le théâtre de guerres fort nombreuses.

Toutes les villes de la vallée de l'Escaut sont reliées par des chemins de fer qui forment un réseau très serré; les principaux nœuds de voies ferrées sont : Bruxelles, Malines, Gand, Bruges, Liège, Courtrai, Mons et Namur. L'Ardenne n'est traversée que par trois voies ferrées :

1** Celle de Namur à Mézières par les défilés de la Meuse ;

2^ Celle de Namur, de Huy ou de Liège à Longwy ou à Luxembourg;

S"* Celle de Liège à Luxembourg, par Spa.

Une quatrième ligne, de Givet à Virton, sera ouverte prochainement.

Le développement des routes est de 7,650 kil., et celui des chemins vicinaux de 10,0(X) kil.; celui des voies navigables est de 1,825 kil., dont 899 en canaux ; celui des voies ferrées est de 4,500 kil.

Formation territoriale des Pays-Bas. — Les Flandres et la Hollande forment l'extrémité occidentale de la grande plaine germanique que bordent la Baltique et la mer du Nord. Ces deux pays furent conquis successivement par les Romains et par les Francs ; lors de la dissolution de l'empire de Charlemagne, la partie au nord-ouest de l'Escaut fut attribuée aux Francs occidentaux, tout le reste fut donné à la Lotharingie et fut plus tard absorbé par le royaume des Francs orientaux ou de Germanie.

Le système féodal ne tarda pas à-s'établir sur tout le pays, qui forma plusieurs comtés, duchés ou principautés ecclésiastiques; les principales dynasties qui se partagèrent le territoire furent celles des comtes de Flandre, des ducs de Bradant, des comtes de Hollande-HainaiU et enfin des comtes de Luxembourg ; Vévéché de Liège se maintint dans ses vastes possessions jusqu'à la Révolution française.

Communes. Dès le douzième siècle, les cités flamandes et brabançonnes se constituèrent en communes, avec de libres municipes, sous l'autorité de leurs comtes, mais elles luttèrent souvent contre ces derniers pour faire respecter leurs libertés ; alors commença pour elles une ère de prospérité qui dura jusqu'au dix-septième siècle.

A la fin du quatorzième siècle, la seconde maison de Bourgogne venait d'être fondée au profit d'une branche cadette des Valois ; les princes de cette maison ne tardèrent pas à intervenir dans les affaires des

Féodalité.

2« Maison de Bourgogne.

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