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CHAPITRE IV. — LA BELGIQUE

Zeeland.

Pays-Bas et, par mariage, héritage ou annexion forcée, finirent par mener à bonne fin Tœuvre de la réunion des provinces néerlandaises. Philippe le Hardi (1363-1404) acquit par son mariage avec Marguerite de Flandre, fille du dernier comte, la Flandre, la seigneurie de Malines, les comtés de Nevers, de Rethel, d* Artois, de Bourgogne, etc. ; il se fit de plus restituer en 1385 par le roi de France, Charles VI, la Flandre française qui était incorporée au domaine royal depuis 1305. Son fils Jean sans Peur (1404- 1419) lui succéda dans ces riches possessions et son second fils hérita par sa mère du duché de Brabant. Le troisième duc de la maison valésienne de Bourgogne, Philippe le Bon (1419-1469), fut celui qui avança le plus Tunification des provinces néerlandaises ; il réunit les deux héritages flamands et brabançons de sa famille, y ajouta le Hainaut, la Hollande, la Zeeland, la Frise, le Luxembourg et Namur, puis en 1435 se fit céder pour prix de sa réconciliation avec le roi de France, Charles Vil, Guines, Boulogne, lePonthieu, la Picardie, Mâcon, Auxerre et Bar-sur- Seine. C'est ainsi que se trouva constitué le puissant duché de Bourgogne comprenant deux vastes domaines séparés par la Lorraine et l'Alsace. Le dernier duc, Charles le Téméraire (1467-1477), fit de vains efforts pour relier les deux tronçons de ses possessions ; il embrassa de trop vastes desseins, se fit battre par les Suisses et périt misérablement dans la déroute de Nancy. La Bourgogne, la Picardie, le Ponthieu firent retour à la couronne de France.

Le mariage de Marie de Bourgogne, fille et unique héritière de Charles le Téméraire, avec Hazimilien d'Autriche, donna les Pays-Bas, V Artois, la Franche- Comté, le Charollais à la maison de Habsbourg. Leur petit-fils, Charles-Quint, acquit ou conquit la Frise, Utrecht, Over-Jjssel, Groningue, la Drenthe, la Gueldre et Zutphen, et constitua ainsi un seul et même État des 17 provinces néerlandaises ; il respecta les vieilles traditions de liberté de ces pays qui continuèrent à prospérer sous son règne.

Philippe II, successeur de Charles-Quint aux Pays-Bas comme en Philippe ii. Espagne, voulut enlever aux villes leurs privilèges séculaires et établir un gouvernement absolu ; il promulgua contre l'hérésie qui commençait à s'introduire dans le pays, des édits draconiens qui furent appliqués avec la plus grande rigueur par le cardinal Granvelle ; les nobles méprisés et exclus du gouvernement s'unirent au peuple et bientôt éclata le soulèvement des &ueux (1565). Le duc d'Albe voulut étouffer la révolte dans le sang et institua à Bruxelles le conseil des troubles ou conseil de sang; Guillaume le Taciturne, qui avait échappé à l'échafaud, organisa la résis- Guillaume le tance dans la province de Hollande. Après diverses péripéties, il fit signer par les provinces septentrionales, en grande partie protestantes, Vacte

Qiarles- Quint.

Taciturne.

66 LIVRE l•^ — PETITS ÉTATS DO CBNTRE DE L^EDROPE.

Maurice de Nassau.

République

des 7 Provinces- Unies.

Paix de Munsler.

Pays-Bas habsbourgeois.

de confédération d'UtrecfU (1579), puis Yacte d'abjuration de la Haye (1581) qui enlevait toute autorité à Philippe II. Les villes de Gand, Bruges, Malines, Anvers et Ypres qui avaient accédé à la ligue, en furent détachées plus tard par les armes et l'habile politique d'Alexandre Famèse, qui était déjà parvenu à faire rentrer dans le devoir les provinces méridionales et qui même eût reconquis les 17 provinces, s'il n'avait été distrait de son but par les préparatifs de l'Invincible Armada et par deux expéditions qu'il dut entreprendre en France au service de la Ligue. Guillaume le Taciturne ayant été assassiné à Delft en 1584, son second ûls, Maurice de Nassau, lui succéda comme stathouder, mais il ne put tout d'abord, à cause de sa jeunesse, empêcher les progrès de Famèse. Dès 1590, ses talents militaires se révélèrent et, en sept années de luttes, il chassa toutes les garnisons espagnoles des villes des Provinces-Unies. Après la paix de Vervins tondue en 1598 entre Henri IV et Philippe II, il eut à supporter seul l'effort des armées espagnoles commandées par Spinola ; il leur résista et, en 1609, la trêve de la Haye, conclue pour douze ans avec l'Espagne, reconnut l'existence de fait des Provinces-Unies. Le nouvel État formait une république fédérative de sept provinces ; le pouvoir exécutif était confié à Maurice de Nassau qui, sous le titre de stathouder, exerçait presque tous les droits d'un roi. La prépondérance parmi les provinces confédérées appartenait à la Hollande, dont le nom fut souvent pris pour désigner l'État tout entier.

La guerre avec l'Espagne reprit en 1621, à l'expiration de la trêve, et se prolongea avec des fortunes diverses jusqu'en 1648, époque à laquelle les deux partis signèrent la paix de Munster qui consacrait officiellement l'existence de la République et qui lui annexait une longue bande de terrain arrachée aux provinces espagnoles du sud ; ces derniers pays, comprenant la rive gauche de l'Escaut occidental, la moitié du Brabant avec Bois-le-Duc, Berg-op-Zoom , Breda et Grave, une partie du Limbourg avec Maestricht, formèrent des pays d'États ou de généralités privés de droits politiques et sans représentation aux États généraux. De plus, ce traité consacra l'acquisition de l'immense empire colonial arraché par les marins hollandais à la couronne de Castille, ou plutôt au Portugal qui appartenait alors à l'Espagne.

Les provinces belges conservées par l'Espagne furent, à partir de cette époque, désignées sous le nom de Pays-Bas catholiques ou Pays-Bas habsbourgeois, pour les distinguer de la République des sept provinces unies des Pays-Bas. L'Espagne les conserva jusqu'en 1714, époque à laquelle le traité d'Utrecht les donna a l'Autriche et en conûa la défense à des garnisons hollandaises. La Belgique, livrée aux jésuites et entretenue dans la plus noire ignorance, ne se laissa pas pénéu*er par les idées philosophiques

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