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CHAPITRE VI. — LE DANEMARK

hommes, et commandée par Bulow, fut transportée à Frédéricia; le 6 juillet à minuit, elle déboucha des lignes et attaqua les positions de l'ennemi; après une lutte furieuse, les Danois furent partout victorieux et les Schleswig-Holsteinois s'enfuirent jusqu'à Schleswig. Les Allemands évacuèrent le Jutland sans rien entreprendre.

Des pourparlers pour la paix étaient déjà engagés depuis quelque temps, le 10 juillet fut conclu l'armistice de Berlin; mais, pendant près d'une année, et malgré les conventions signées, les armes prussiennes ne cessèrent pas de protéger la rébellion du Schleswig-Holslein. La paix définitive ne fut conclue que le 2 juillet 1850 à Berlin.

Le Danemark devait à lui seul réduire l'armée insurrectionnelle, il disposait alors d'une force de 38,000 hommes, supérieure à celle de l'armée schleswig-holsleinoise. Celle-ci, commandée par le général prussien Willisen, avait pris position à Idstedt (Isted); elle y fut attaquée les 24 et 25 juillet 1850 et complètement battue. Les Danois occupèrent alors le Dannevs^erk; ils eurent encore à soutenir à deux reprises les attaques désespérées des insiu-gés : d'abord à Missunde, le 12 septembre, puis sous les murs de Friedrickstadt à la fin du même mois. La guerre n'offrit plus ensuite d'événements importants. Le Holstein fut occupé par les Autrichiens, et l'ordre ne fut rétabli que l'année suivante.

La campagne de 1864 fut plus courte que la précédente; les Danois firent encore une glorieuse résistance, mais ils furent accablés sous le nombre.

L'exécution fédérale ayant été prononcée contre le Danemark par la diète de Francfort le 7 décembre 1863, les troupes fédérales pénétrèrent dans le Holstein le 23 décembre et occupèrent le pays sans rencontrer de résistance. La Prusse et l'Autriche intervinrent bientôt et voulurent occuper les duchés à leur profit. Leurs armées, fortes de 70,000 hommes et commandées en chef par Wrangel, entrèrent en Holstein le 21 janvier 1864 sans être arrêtées par les troupes fédérales. 35,000 Danois, sous de Méza, étaient établis sur la position du Dannewerk.

Le 2 février, le prince Frédéric- Charles tenta d'enlever les retranchements de Missunde, mais il fut repoussé; le lendemain, les Autrichiens, plus heureux, arrivèrent, après deux combats assez vifs, jusqu'au pied du Dannewerk; ils devaient attaquer de front pendant que les Prussiens dessineraient un mouvement tournant par Amis et Gappeln. Les Danois, jugeant la position intenable, l'évacuèrent pendant la nuit et opérèrent une pénible retraite jusqu'à Flensbourg; trois de leurs divisions se retirèrent sur Diippel et une vers le nord. Les Autrichiens suivirent cette dernière, et les Prussiens marchèrent sur Dûppel, qu'ils investirent en attendant leur grosse artillerie. Celle-ci étant arrivée le 17 mars, le siège

Victoire do Frédéricia.

Armislice do Rorlin.

Bataille d'Idstedt.

Campagne de i8d4.

Intnrvention

de lu Prusso

et do

rAutricbe.

Dannowoïk.

DiippeL

Combat de Veile.

Armistice.

Reprise des hostilités.

Traité de paix.

des ouvrages commença aussitôt, mais ils ne furent enlevés d'assaut que le 18 avril. Au nord, le combat de VeUe livra aux Autrichiens le Jutland jusqu'au Liim-Fjord; Frédéricia fut investie; le siège de cette forteresse allait commencer aussitôt Tarrivée de la grosse artillerie qui avait servi à réduire Dùppel, quand elle fut évacuée sur Tordre du gouvernement danois. Le 9 mai fut conclu un armistice d'un mois, mais on ne put s'entendre ; la conférence de Londres n'aboutit qu'à l'abandon universel du traité de 1852; le Danemark, comptant sur l'appui des puissances, ne voulut pas souscrire au partage du Schleswig; le 25 juin, les hostilités recommencèrent. Les Prussiens franchirent en quatre colonnes le Sund d'Alsen, et l'île entière tomba en leur pouvoir. Les Autrichiens passèrent également le Liim-Fjord et occupèrent toute la péninsule de Yendsyssel. La force de résistance du Danemark était brisée, les préliminaires de paix furent signés le 1^' août.

Situation militaire.

Projets de défense.

Défense des côtes du Jutland et des lies danoises \ — La

politique du Danemark, dans son état actuel, au cas où une guerre viendi'ait à éclater en Europe, ne saurait être que de garder la neutralité ; son organisation militaire doit donc être absolument défensive.

Si le Danemark espère être secouru par une des grandes puissances de l'Europe, il peut tenter de garder à la fois Fionie et Séeland et de conserver sur le continent la tête de pont de Frédéricia, qui forme une bonne position de flanc par rapport à une attaque par terre ; mais, s'il est abandonné à lui-même, comme cela eut lieu si souvent, il doit consacrer toutes ses forces de terre et de mer à la défense de Séeland. La flotte doit donc se tenir prête à empêcher toute tentative de débarquement dans cette île, et pour qu'elle puisse remplir cette mission, il est nécessaire qu'elle soit renforcée. Après l'augmentation de la flotte, la première chose à faire est de fortifier la capitale pour la mettre à l'abri d'un bombardement du côté de la mer et d'une attaque par teri'e.

Plusieurs projets relatifs à la défense du territoire ont été présentés aux Chambres depuis 1872, mais ils ont été constamment repoussés par la gauche du Folksling, et le gouvernement s'est contenté de consacrer chaque année quelque argent à l'entretien de la flotte et à l'amélioration des fortifications de la capitale du côté de mer, en sorte qu'aujourd'hui Copenhague est la seule place forte du Danemark. En 1880j le gouvernement obtint le vote d'une loi relative à la réorganisation de l'armée, et enfin, dans sa séance du 27 janvier 1882, le Landsting a voté, pour la construction de fortifications, une somme de 66,133,500 couronnes (la

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