CHAPITRE I•^ — ETDDE D'ENSEMBLE DE L^ALLEMAGNE
Bavière et la Saxe après de longues luttes, refoula les Arabes d'Espagne, détruisit Tempire avare et enfin ceignit la couronne impériale. Ce vaste empire ne survécut guère à son fondateur et fut partagé par le traité de Verdun (843) entre ses trois petits-fils ; c'est alors que se manifestent pour la première fois les nationalités française, italienne et germanique.
Louis le Germanique, le troisième fils de Louis le Débonnaire, fut le Royaume
.-^ .,,.,,«, , de Germanie.
premier roi de Germanie et le véritable fondateur du nouveau royaume ; ce dernier comprenait tous les pays à Test d'une ligne qui partait des bouches du Weser, coupait la Lippe dans la partie inférieure de son cours, atteignait le Rhin en amont de Bonn, le remontait jusqu'à Bâle, en donnant à l'Allemagne les territoires des évôchés de Mayence, de Worms et de Spire sur la rive gauche, se dirigeait vers les sources du Rhône et suivait la chaîne principale des Alpes. Partagé entre les trois fils de Louis, réuni avec presque tous les États de l'empire de Charlemagne sous le sceptre débile de Charles le Gros, le royaume de Germanie fut reconstitué sous l'autorité i'AmulfaLYec adjonction de la Frise et de l'Alsace. A la mort de Louis l'Enfant, le dernier descendant de Charlemagne (911), il se trouvait menacé à la fois par les attaques des Normands, des Wendes, des Moraves et par une profonde décomposition intérieure ; il semblait devoir se diviser en quatre États particuliers, la Souabe, la Bavière, la Franconie et la Saxe, dont les ducs étaient presque indépendants.
La couronne de Germanie fut offerte par les évoques et les grands à Conrad le Salien, duc de Franconie, qui l'accepta, mais qui ne put faire reconnaître son autorité par les Saxons ; à sa mort (918), reconnaissant son impuissance, il envoya lui-môme les attributs de la royauté à son rival Henri, fils d'Otton l'Illustre, duc de Saxe.
La dynastie saxonne, grâce au génie ô^ Henri V Oiseleur et i'Oiton le Dyuastie Grand y refoula l'invasion païenne qui menaçait l'Allemagne, établit l'unité nationale malgré l'esprit de particularisme des divers duchés ou régna, conquit la Lorraine et l'Italie, et fonda le Saint-Empire romain de SaintEmpîre. nation germanique (962). Malheureusement, l'idée fatale de refaire un empire d'occident et la longue querelle des investitures usèrent les forces des trois dynasties successives de Saxe, de Franconie et de Souabe, et amenèrent la mine de l'Empire lui-même. Conrad II de Franconie avait hérité du royaume des Deux-Bourgognes (1032); mais, bous les Hohen- HoUenstaufen, l'Empire fut définitivement écrasé par le saint-siège, les divers États de l'Italie recouvrèrent leur autonomie, et la vallée du Rhône ne tarda pas à être absorbée par le royaume de France.
A l'intérieur, l'autorité de l'empereur n'était pas reconnue par ses
Di8iocuiion puisEanls vassaux; la lutte des Guelfes (Welfs) et des Gibelins (Hohen-
do feinpire. g j^^^f^^j^^ affaiblit Tautorité royale au profit de la noblesse de second ordre ; les prélats, comblés de biens et de terres par les empereurs, leur échappèrent à la suite du triomphe du sacerdoce sur TEmpire; les vassaux devinrent souverains; les villes épiscopales et impériales devinrent libres et formèrent de petites républiques municipales autonomes. L'empereur Frédéric II dut reconnaître la supériorité territoriale, c'est-à-dire Tindépendance et la quasi-souveraineté de tous les petits États, et, à partir du treizième siècle, TEmpire ne fut plus qu'une république fédérative, dont l'empereur avait la présidence élective. Toutefois, l'idée de solidarité politique ne disparut pas entièrement comme en Italie, et la royauté continua à former un lien commun entre les nombreux membres du Germa- Saint-Empire. Pendant cette dislocation intérieure, la germanisation des
pâys^siuvos* pays slaves à Test de l'Elbe faisait de rapides progrès, grâce à l'énergie des ducs de Saxe et de Brandebourg, Henri le Lion et Albert l'Ours, grâce aussi aux conquêtes des ordres religieux des Porte-Glaive et des chevaliers teutoiiiques.
Rodolphe de Après le grand interrègne, Rodolphe de Habsbourg (1273) restaiu*a la
Habsbourg, monarchie et lui donna pour base le patrimoine des empereurs.
A la fin du treizième siècle, la diète de l'Empire était composée : 1* du collège électoral comprenant les sept électeurs, dont les prérogatives furent réglées par la fameuse Bulle d'Or de 1356 ; 2** du collège des princes ecclésiastiques et laïques; 3° du collège des villes libres.
La dignité impériale, aprèfi avoir appartenu pendant plus d'un siècle (1309-1437) aux maisons de Luxembourg et de Bavière, ne sortit plus de la maison d'Autriche jusqu'à la disparition du Saint-Empire en 1806. Il est vrai que l'empereur était un souverain sans autorité, sans budget, qui, en dehors de ses États particuliers, ne possédait qu'un vain titre, surtout depuis que l'autonomie des membres de l'Empire avait été reconnue officiellement par Maximilien I".
Ln Rëformo. Au seizième siècle, la Réforme vint jeter un nouveau ferment de
troubles et un nouveau germe de dissolution dans l'Empire. A deux re-
Rssais do prises, à la faveur des guerres de religion, les empereurs tentèrent une
rcsinuratiou réactiou monarchique qui échoua devant la résistance des princes allemands soutenus par la France. Une première fois, Cnarles-Quint, vamqueur à Mûhlberg (1547) des confédérés de Smalcalde, voulut à la diète d^Augsbourg (1548) traiter les électeurs et les princes allemands comme il eût traité les grands d'Espagne; mais le nouvel électeur de Saxe, Maurice, son allié du moment, ne tarda pas à se liguer avec le roi de France, Henri II, et imposa à l'empereur la transaction de Passau (1552), puis la paiœ de religion d'Augsbourg (1555). En second lieu, au commen-