‹ Géographie militaireChapitre 92 sur 217 · CHAPITRE !•'. — ÉTUDE D^ENSEMBLB DE L^ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE !•'. — ÉTUDE D^ENSEMBLB DE L^ALLEMAGNE

cernent de la guerre de Trente ans , Ferdinand II, grâce aux succès de Wallenstein, voulut rétablir en Allemagne son autorité sur la môme base que celle des rois de France et d'Espagne (1626) et fit rendre Védit de restitution, qui mettait à sa disposition tous les biens ecclésiastiques des pays protestants; mais l'habile politique de Richelieu réunit contre lui tous les princes allemands à la diète de Ralisbonne (1630), jeta Gustave-Adolphe sur l'Allemagne et fit entrer la France elle-même en lice quand les Suédois vinrent à faiblir. Les traités de Westphalie (1648) mirent fin à tout' essai de restauration monarchique, en inscrivant dans le droit public européen la quasi -souveraine té des États d'empire; ils prononcèrent de plus la sécularisation des principautés ecclésiastiques du nord et ratifièrent d'importantes diminutions de territoire en cédant définitivement à la France les trois évêchés et l'Alsace, et en reconnaissant l'indépendance de la Suisse et de la république des sept Provinces unies des Pays-Bas; enfin, ils permirent l'ingérence continuelle de l'étranger, surtout de la France, dans les affaires de l'Empire, en autorisant les princes allemands à conclure des alliances particulières au dehors. A partir de cette époque, le Saint-Empire ne fit plus que languir; plusieurs princes de l'Allemagne furent sans cesse à la solde des rois de France, et ces derniers firent de nouveaux emprunts sur le territoire de l'Empire par l'annexion à la France d'une partie du Hainaut et du Luxembourg, de la Lorraine, de Strasbourg et de la Franche-Comlé.

En 1789, avant les grands bouleversements de l'époque napoléonienne, l'Empire comprenait douze principautés ecclésiastiques et vingt États laïques, seuls dignes de ce nom par leur étendue; en tout, il y avait trois cent soixante petits États ou villes libres.

A la suite des guerres de la Révolution, le traité de LunéYille enleva à l'Allemagne toute la rive gauche du Rhin au profit de la France, et sanctionna la sécularisation de toutes les principautés ecclésiastiques dont les terres devaient servir à indemniser les princes dépossédés. La répartition de ces biens et de presque toutes les villes libres entre les intéressés se fit sous la médiation de la France et de la Russie, et fut définitivement réglée par le recez de 1803. La nouvelle organisation de l'Allemagne n'eut qu'une durée bien éphémère, car la campagne d'Austerlitz donna le coup de grâce au Saint-Empire, qui disparut après l'abdication forcée de François II, en août 1806. C'est alors que commencèrent les nombreux remaniements territoriaux qui forment comme le caractère distinctif de la politique napoléonienne. La Confédération du Rhin, créée dès le 12 juillet 1806, atteignit, après de fréquentes modifications et d'incessants virements, sa plus grande extension territoriale en 1810; elle comprenait alors toute l'Allemagne, moins la Prusse et l'Autriche;

, Traites do Westpliiilie.

Allemugne en 1789.

Traito de LuDéviUe.

Fin du Saiiit-Erapire.

Confé-

dératiun du

Rliiii.

dération germanique

elle comptait trente-sept membres, rois, ducs ou princes; elle avait 14 millions et demi d'habitants répartis sur 330,000 kilomètres carrés. Bientôt la volonté toute-puissante de Tempereur deç Français Tentama au nord comme au midi en annexant au royaume d'Italie le Tyrol italien et à Tempire français toutes les côtes de la mer du Nord.

La chute de Napoléon ramena la France à ses anciennes limites, et les traités de Vienne, en 1815, tout en remaniant la carte de l'Europe centrale, donnèrent à l'Allemagne une nouvelle constitution politique Conru' en organisant la Confédération germanique, qui ne fut encore qu'une fédération d'États assez lâche, mais dont pourtant les membres s'interdisaient les alliances étrangères et les négociations particulières dirigées contre la communauté. La nouvelle Confédération se composa de 37 États souverains qui, par extinction ou cession, se réduisirent plus tard à 33; les deux principaux, l'Autriche et la Prusse, n'y entraient que pour une partie de leur territoire. La diète fédérale eut son siège à Francfortsur-le-Main.

isis. Les aspirations unitaires des patriotes allemands en 1848 n'aboutirent

qu'à un essai infructueux d'Empire allemand, que la Prusse n'était pas assez forte pour défendre et pour diriger. Mais, après la lutte intestine

18C6. ^Q 1866, la Prusse, qui avait su si bien préparer l'unification de l'Allemagne par l'union douanière du ZoUverein et qui, guidée par M. de Bismarkj entendait bien fonder cette unité à son profit exclusif, déclara la Confédération germanique dissoute, et donna à l'Allemagne une nouvelle constitution politique à laquelle l'Autriche dut rester étrangère. Tous les États au nord du Main furent rattachés par un lien fédéral commun au sceptre du roi de Prusse et formèrent la Confédération de l'Allemagne du Nord ; celle-ci comprenait 22 États , qui furent entièrement subordonnés au pouvoir central; elle avait une étendue de 415,000 kilomètres carrés et comptait 30 millions d'habitants, dont 24 millions appartenaient à la Prusse agrandie par de nombreuses annexions. Quant aux États au sud du Main, Bade, Wurtemberg, Bavière et partie sud de Hesse- Darmstadty ils ne se groupèrent pas en une union fédérative comme le traité de Prague les y avait autorisés; ils conservèrent leur autonomie, mais ils furent dès lors reliés à la Confédération du Nord par des conventions militaires et des traités douaniers. Ensemble, ces quatre territoires avaient une étendue de 115,000 kilomètres carrés et une population de 8 millions et demi d'habitants.

Les États de l'ancien Saint-Empire étaient ainsi divisés en trois tronçons hostiles ou indifTérents les uns aux autres; il existait bien des

1870. haines, bien des germes de discorde; la guerre de 1870, si imprudemment entreprise par la France, vint resseiTer l'union de tous ces États et

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