‹ Géographie militaireChapitre 97 sur 217 · CHAPITRE l*^ — ÉTUDE D^ENSEMBLE DE L^ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE l*^ — ÉTUDE D^ENSEMBLE DE L^ALLEMAGNE

siècle de paix, sa puissance s'accrut beaucoup par Taugmentation annuelle de la population, qui doubla dans cet espace de temps; d'autre part, le gouvernement prussien exploita avec habileté sa situation de seule grande puissance vraiment allemande, s'attacha par des liens solides les petits États de la Confédération et sut préparer Tunion politique de toute l'Allemagne en edglobant successivement, de 1819 à 1854, les divers États allemands, sauf les deux Mecklenbourg, les villes hanséatiques, les provinces allemandes de l'Autriche et du Danemark, dans l'union douanière du ZoUverein.

En 1861, Guillaume P% régent depuis 1858, étant monté sur le trône, Guillaume !«'. consacra tous ses soins à la réorganisation de l'armée, et cela malgré l'opposition des Chambres. La vieille affaire des duchés de l'Elbe lui fournit en 1864 l'occasion désirée de faire l'essai de sa nouvelle armée ; puis la lutte entre les deux grandes puissances de l'Allemagne, interrompue pendant plus d'un siècle, fut bientôt reprise avec une grande vigueur et terminée tout à l'avantage de la Prusse. La bataille de Sadowa, en 1866, eut les conséquences politiques qui ont été indiquées précédemment. A la suite de ses victoires, la Prusse, sous prétexte de donner une base plus large et plus solide à la réorganisation nationale de l'Allemagne, s'annexa : le Schleswig, le Holstein, le Lauenbourg, le Hanovre, la Hesse électorale, le Nassau, Francfort, quelques parcelles de la Bavière et de la Hesse-Darmstadt. Le royaume ainsi constitué a une superficie de 347,500 kilomètres carrés et une population de 27 millions et un quart d'habitants.

La guerre de 1870 n'amena pas une augmentation territoriale de la Prusse proprement dite, mais l'Allemagne entière passa sous son hégémonie. La paix de Francfort imposa à la France une contribution de guerre de cinq milliards et la cession de l'Alsace et d'une grande partie de la Lorraine, qui formèrent un pays d'empire, Reichsland, placé jusqu'en 1879 sous l'administration directe du roi de Prusse, empereur d'Allemagne, et du chancelier de l'empire, puis, à partir de cette époque, confié à un lieutenant de l'empereur, ou statthalter. U Alsace- Lorraine comprend 14,508 kilomètres carrés et 1,572,000 habitants.

Formation territoriale des États de TAUemagne autres que la Prusse. — Les États qui, avec la Prusse et l'Alsace-Lorraine, composent l'Empire d'Allemagne, peuvent être étudiés dans l'ordre suivant : 1** les trois États de l'Allemagne du Sud, c'est-à-dire la Bavière et les États souabes de Wurtemberg et de Bade; 2** les quinze États de l'Aile* magne centrale, comprenant les cinq États saxons de la dynastie des Wettin ; les principautés de Schwarzbourg, de Reuss, de Lippe et de Wal-

Bavière.

MaUon de Wiltelsbach.

Clmrloa- Tliôodore.

deck, les duchés d'AnhcUC et de Brunswick, la Hesse; 3** les six États de la plaine de TAUemagae du Nord, savoir V Oldenbourg, les deux Mecklenbourg, les trois villes libres.

La BaYiôre est Tun des anciens duchés nationaux de la Germanie; les princes des dynasties agilolflngienne, carlovingienne, luitpoldienne s'y succédèrent. Les Welfs en furent investis en 1070 ea y régnèrent jusqu'en 1180, époque de la déchéance d'Henri le Lion. Le duché, diminué de ses anciennes marches orientales, fut alors inféodé à Ottan de Wittelsbach, dont les descendants y régnent encore aujourd'hui. En 1214, ils acquirent par inféodation et par mariage le PcUatinai du Rhin, mais l'héritage, partagé une première fois en 1255, le fut une seconde fois pour plusieurs siècles en 1329. La branche aînée, ou rodolfine, eut le Palatinat du Rhin et le Nordgau dans la Haute-Bavière, elle fut investie par la Bulle d'or de l'électorat; la branche cadette, onludovicienne, eut la Haute-Bavière, à laquelle elle ajouta bientôt la Basse- Bavière ; elle n'eut un chapeau électoral qu'après la paix de Westphalie (1648). Les deux lignes furent souvent en lutte, en particulier pendant la guerre de Trente ans. Les héritages de chacune d'elles, souvent divisés, finirent par se reconstituer, et, en 1777, la ligne bavaroise s'étant éteinte, l'électeur palatin Charles-Théodore réunit les deux États principaux de la maison de Wittelsbach, c'est-à-dire la Bavière, le Palatinat du Rhin, les duchés de JuUers et de Berg. Les événements de l'époque napoléonienne modifièrent et agrandirent à plusieurs reprises l'État bavarois et en firent un royaume en 1806. Les traités de 1815 restituèrent à l'Autriche le Tyrol, le Vorarlberg, le quartier de VInn et le Salzbourg, et, après de longs débats, la Bavière dut se contenter du grand-duché de Wurzbourg, de la principauté d^Aschaffenbourg et d'anciens départements français de la rive gauche du Rhin, qui formèrent la Bavière rhénane. La guerre de 1866 n'imposa à la Bavière que quelques rectifications de frontière au profit de la Prusse; celle de 1870 fit du roi de Bavière le premier vassal du nouvel empereur d'Allemagne. La superficie du royaume actuel est de 75,860 kilomètres carrés, et sa population de 5 millions et un quart d'habitants.

Les deux États qui occupent le temtoire de l'ancienne Souabe n'ont de l'importance que depuis le commencement du siècle et sont pour ainsi dire des créations napoléoniennes.

Wuriomberg. Le Wurtemberg se forma à la dissolution du duché national de Souabe à la chute des Hohenstaufen; ses comtes s'agrandirent aux dépens de leurs voisins et acquirent, en 1417, le comté princier de Montbéliard; ils furent créés ducs en 1495, mais leurs possessions ne s'étendaient, en 1789, que sur 9,500 kilomètres carrés, comprenant 650,000 habitants.

ÉtU(8

souabes.

Page 1