CHAPITRE !•'. — ÉTUDE D'ENSEMBLE DE L^ALLEMAGNE
Bonaparte, voiilant créer dans TAUemagne du Sud des Étals secondaires capables de tenir tête à TAutriche, avantagea beaucoup le Wurtemberg lors des remaniements territoriaux de 1803, 1805, 1809; le duché devint royaume en 1806 et fit partie de la Confédération du Rhin. Les traités de 1815 et les événements subséquents ont respecté son intégrité; il a aujourd'hui une étendue de 19,500 kilomètres carrés et une population de 2 millions d'âmes.
Les margraves de Bade sont les représentants d'une branche cadette de l'illustre maison de Zœhringen; dès le onzième siècle, ils possédaient dans la vallée du Rhin et dans la Forêt-Noire plusieurs châteaux; l'héritage de la maison, plusieurs fois divisé (Bade-Bade, Bade-Durlach, etc.), comptait, en 1789, 200,000 habitants. La volonté de Napoléon en fit un grand-duché. Par l'annexion des possessions souabes des Habsbourg et des terres médiatisées, ce dernier acquit une superficie de 15,080 kilomètres carrés qu'il possède encore aujourd'hui. Sa population est de 1 million et demi d'habitants.
.L'ancien duché de Saxe, où se succédèrent les Liuiolfingiens, les BUlung, les Welfs, et qui joua un si grand rôle dans l'histoire de la Germanie, comprenait les provinces actuelles de Westphalie et de Hanovre ; il fut morcelé à la chute d'Henri le Lion, en 1180, et les princes ascaniens, qui portèrent alors le titre de duc de Saxe, n'eurent dans l'héritage que le Lauenbourg; plus tard le titre électoral fut fixé sur le cercle de Wittenberg. A l'extinction de la ligne des Ascaniens saxons, en 1422, le marquis de Misnie, Frédéric le Belliqueux ^ de la maison de Wettin, fut investi de l'électorat, et, en y joignant ses possessions de Misnie, de Thuringe et de Franconie, constitua un puissant État. Il est l'aïeul de tous les princes qui portent encore aujourd'hui le nom de Saxe. En 1485, ses deux petits-fils se partagèrent son héritage et formèrent les deux grandes lignes wettiniennes qui se sont perpétuées jusqu'à nos jours. La branche aînée, ou emestine, eut l'électorat et les possessions thuringiennes et franconiennes (Gotha, Weimar, Altenbourg, Cobourg); ce fut elle qui protégea dans ses châteaux les débuts de la Réforme, et se mit à la tête de la ligue de Smalcalde; la branche cadette, ou albertine, eut la plus grande partie de la Misnie (Dresde, Freiberg, Leipzig). Cette dernière seule joua un rôle considérable dans l'histoire, grâce à la double défection du duc Maurice, le vainqueur de Muhlberg, qui dépouilla la branche aînée de Vélectorat. Tandis que la branche emestine divisait son héritage à l'infini, la branche électorale sut maintenir ses territoires réunis et les augmenta par l'achat du Voiglland (1569), de la Lusace (1635), AelaLpnneipauté de Querfurt, et des trois évêchés de Mersebourg, de Naumbourg et de Meissen. En 1697, l'électeur Frédéric-Auguste /•% fut proclamé roi de Po-
Bado.
Siixe.
Mnison de Welliû.
Branche eroestiue.
Branche albertine.
Royaume de Saxe.
Duchés saxons.
Schwarz-
bourg et Reuss.
Anhall.
Waldeck.
logne sous le nom d'Auguste II; son successeur régna aussi à Varsovie. En 1806, Télectorat de Saxe fut transformé en royaume et, peu après, la volonté toute-puissante de Napoléon appela le roi à régner sur le nouveau duché de Varsovie; mais Tamitié et la fidélité de Frédéric- Auguste pour l'empereur devaient lui coûter cher. En 1815, la Prusse voulait s'annexer tout le royaume de Saxe, elle ne parvint à s'en faire attribuer que la moitié. La Saxe royale fut réduite de 40,000 kilomètres carrés que possédait l'électorat en 1789, à 15,000 kilomètres carrés; elle échappa encore en 1866 à une annexion prussienne, mais elle perdit alors son autonomie politique. Sa population, qui est aujourd'hui de 3 millions d'habitants, a presque triplé depuis 1815.
Les cinq maisons ducales de la branche ernestine, qui subsistaient à la fin du siècle dernier et qui firent successivement partie de la Confédération du Rhin et de la Confédération germanique, ont été réduites à quatre en 1825. Malgré un nouveau lotissement qui eut lieu à cette époque dans le but de remédier à l'enchevêtrement des frontières, les duchés saxons comprennent encore une multitude d'enclaves et d'exclaves; ainsi Saxe-Weimar se compose de trois parties principales et vingt-quatre parcelles secondaires. Aujourd'hui l'unification de ce pays si divisé se faitp.euàpeu sous l'hégémonie prussienne; les États de la Thuringe ont une organisation militaire, une administration financière et judiciaire commune. Le grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach, les duchés de Saxe-Heiningen, de Saxe-Cobourg-6otha et de Saxe-Altenbourg ont une superficie totale de 9,368 kilomètres carrés et une population de 867,000 habitants.
En Thuringe, à côté des duchés saxons existent les petites principautés de Schwarzbourg et de Reuss qui, toutes deux, sont divisées, depuis le seizième siècle, entre deux lignes de la maison régnante. Schwarzbourg- Rudolstadt et Schwarzbourg- Sondershausen ont une superficie de 1,804 kilomètres carrés, et une population de 150,000 iiabitants. Reuss-Greiz çt ReusS'Schleiz comprennent 1,146 kilomètres et 152,000 habitants.
Le duché d'Anhalt, situé un peu au nord des États saxons, est encore gouverné par des princes ascaniens ; souvent divisé entre plusieurs branches, il ne forme plus depuis 1863 qu'un seul État qui possède 2,347 kilomètres carrés et 233,000 habitants.
La petite principauté de Waldeck, située dans le bassin du Weser, a été longtemps vassale de la Hesse-Cassel ; elle se compose aujourd'hui de deux enclaves, Waldeck et Pyrmontj au milieu des provinces prussiennes; sa superficie est de 1,121 kilomètres et sa population de 55,000 habitants. La Prusse l'administre et dispose de sa voix au Conseil d'empire;