‹ Géographie moderne [microforme]Chapitre 103 sur 143 · AFGHANISTAN · texte numérisé non relu

AFGHANISTAN

ETENDUE ET Bornes.—L’Afghanistan, qu’on appelle aussi royaume de Caboul, ne touche à la mer d'aucun côté. Il est borné au N. par le Turkestan ; à VE. ct au S. E., par l’Hindoustan ; au $S., par le Béloutchistan ; à l’O., par la Perse. IL a environ 180 lieues de l'E. à l’O., et 100 du N.auS. Sa latitude moyenne est 33°,

Diviston.—I1 se divise en trois contrées principales : l'Afghanistan propre, beaucoup plus étendu que les autres divisions ; le Seïstan etle territoire de Hérat que l'Afghanistan vient de reconquérir.

MonTaGnes.—Cest une des contrées les plus élevées de l'Asie, La plus grande partie du pays appartient au plateau de la Perse ; ailleurs se trouvent de hautes et longues chaînes de montagnes. La plus remarquable de ces chaînes est le Hiodcu-khouch (Caucase indien), qui s'étend de PE. à l'O. sur la frontière septentrionale, et dont les sommets sont couverts d’une neige perpétuelle ; on trouve encore les monts Soliman et les monts Khaïsa.

Rivières ET Laos.—Les eaux de l’ Afghanistan appartiennent à deux grandes divisions naturelles : le bassin de l’Indus et le plateau de la Perse. Dans le

premier, on remarque le Caboul, affluent de l’Indus,

qui coule près de la frontière orientale du pays. Dans le second coule l’Helmend, qui se perd dans le lac Hamoûn. Celaca 30 lieues de longueur, et est eavironné de roseaux. Le lac Zéreh est au $S. du lc Hamoûn,

CarirALe 8Tr Vicces.--La capitale est Caboul, sur la rivière à laquelle elle donne son nom, dans une situation riante et au milieu de jardins riches en bons fruits. Les Anglais l’ont prise en 1839 et 1842. Les villes remarquables sout : Ghiznih, au $. O. de Caboul ; Bamian, à l’O. de Caboul ; Candahar, au centre du royaume et ancienne capitale ; Ferrah, dans l'O.; Hérat, capitale du territoire de ce nom, centre d’un grand commerce.

CrimaT, Soz ET Propucrions.—Le climat est tempéré et même chaud. Dans quelques parties de l'Afshanistan, surtout vers le $S. O. il y a de vastes plaines sablonneuses et désertes ; on remarque particulièrement le désert de Séïistan. Mais ailleurs se présentent des cantons fertiles, des vallées délicieuses, qui produisent en abondance, le blé, le ris, le tabac, les melous, le lin, la garance, le coton, la canne à sucre, le gingembre, et beaucoup d'arbres fruitiers.

PoPULATION, RELIGION Er GOUVERNEMENT.—La population est d'environ 6,000,000 d'habitants, L'islanisme est la religion dominante des Afghans,

L’Afghanistan est gouverné par un monarque qui a le titre de Chah ou padicha, et dont l'autorité est limitée par la puissance aristocratique des grands.

SUPPLÉMENT

GAOGRAPHIE HISTORIQUE. — Quatre pays anciens sont renfermés dans l'Afghanistan : au N., la Paropamise ; au N, Q, l'Arie ; au S., l'Arakhosie ; au S: O., la Drangiane. Après les conquêtes d'Alexandre, ils firent partie du royaume de kactriane ; ils furent ensuite tantôt soumis aux Parthes, aux Persans, aux Mongols, tantôt gouvernés par des souverains indigènes, sous lesquels les Afghans ont fait de grands rava: ges dans les pays voisins, particulièrement en Perse et dans l’'Hindoustan.

Les Afghans sont braves, sobres, belliqueux, mais sanguinaires et indisciplinés. Beaucoup d'Afghans vivont nomades.

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Erenpue.—L'Hindoustan s'étend du %e au 36e degré de latitude N., le tropique du Cancer le coupe à peu près par le milieu. La longueur de ce pays est près de 700 lieues, du N. au$., et sa plus grande largeur de 450 lieues, de l'E, à l’'O,; il a une sunerficie d'environ 710,000 lieues carrées ; il est à peu près 7 fois aussi étendu que le territoire français.

Borxes.--L’Hindoustan s’avance en pointe dans l'océan Indien, entre le goife de Bengale à l'E. et la mer d’Oman à l'O. Il est borné au N. par lempire Chinois dont les monts Himalaya le séparent ; à l’'E., par l’Indo-Chine ; au N. 0. parle Béloutchistan et l'Afghanistan. |

Division.--Le N. forme l’Hindoustan propre ; le S. est plus particulièrement désigné sous le nom de Dékhan.

L’'Hindoustan à été longtemps un seulet puissant empire dont le souverain à été connu sous le nom de Grand-Mogol. Il est maintenant partagé entre plusieurs nations européennes et divers princes indigènes, Les Anglais en possèdent une grande partie ; une autre portion est protégée par eux, ou leur paye un tribut ; les Français et les Portugais oni quelques villes, avec de petits territoires environnants ; lereste appartient à des princes Hindous tout à fait indépendants.

Cores Er ILES.—Les côtes de l’Hindoustan sont peu découpées ; les principaux enfoncements sont les golfes de Kotch, de Cambay et de Manahar ; les baies de Bombay et de Goa. A lextrémité du cône que figure la partie méridionale de l'Hindoustan se présente le cap Comorin.

Les principales îles sont celles de Sonderbonds, aux bouches du Gange ; l’île de Ceylan, au S. E., appartient anx Anglais. Elle est célèbre par sa fécondité, sa Cauelle, ses éléphants, ses perles, et renferme près

de 2,000,000 d’habitants. On y remarque la montagne du Pic d'Adam.

es Laquedives sont un petit archipel composé en grande partie d’écueils et d’îlots inhabitables ; un prince, vassal des Anglais, les gouverne.

Les Maldives forment une longue chaîne, où l’on compte environ 12,000 îles. Ces îles, la plupart inhabitées, sont indépendantes ; la principale est Malé, résidence du Sultan de l’Archipel.

L'île de Goa, sur la côte de Konkan, avec une ville du même nom, appartient aux Portugais.

MonTAGNES.—Les monts Himalaya, la plus haute chaîne du globe, s'étend du N. O. auS. E. entre l’Hindoustan et le Tibet. Le pic Everest est le plus Cievé du monde; il a près de 27,000 pieds. L’Himalaya est déifié par les mythologues hindous, et considéré comme le père du Gange et de sa sœur Ouma, épouse de Chiva.

La principale chaîne de l’Hindoustan, pour le partage des eaux, se détache de l'Himalaya, traverse toute la presqu'île du N. auS., et se termine au cap Comorin : cette ehaîne sépare le versant du golfe de Bengale de la mer d’Oman ; elle porte, vers le milieu de la presqu'île, le nom de monts Vindhya; sa partie là plus haute est dans le S., où, sous le nom de Ghañtes occidentales, elle longe la côte de la mer d’Oman. Les Ghattes orientales, qui s’y rattachent, sont moins étendues et moins élevées, et sont coupées par plusieurs tributaires du golfe de Bengale. Ces deux dernières chaînes soutiennent dans le centre da Dékhan un grand et beau plateau.

Rivières.—Sur le versant oriental, on remarque le Gauge, grossi des eaux d’un grand nombre de tributaires, et dont le cours est d’environ 500 lieues ; ilse jette dans le golfe de Bengale par une foule de bras dont le plus remarquable est l'Hougly. Ce beau fleuve, comme le Nil, est sujet aux inondations. Le Gange est sacré aux yeux des Hindous. Dans les

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Le plus grand fleuve du versant occidental cst le Sind, appelé Indus par les anciens. On remarque encore, plus au $., le Ncrbedda,

VILLES PRINCIPALES.--Calcutta, magnifique et gtande ville de 400,000 habitants, est la capitale des possessions anglaises en Asie. ile est située sur l'Hougly et défendue par le célèbre fort William. Les autres principales villes sont: Patna, sur le Gange ; Bénarès, sur le Gange, est le centre des connaissances religieuses et de la littérature des Hindous ; Cânpour, sur le Gange, est célèbre comme station militaire anglaise et par un horrible massacre qu'ont fait les irsurgés en 1867 ; Lucknow ville de 300,000 habitants; Agra ; Delhy ; Lahore ; Ketek ; Masulipatam ; Madras, peuplée de 700,000 habitants; Bombay, ville de 560,000 âmes, centre de commerce anglais, sur la côte occidentale de l'Inde et située dans une île du même nom, etc. Toutes ces villes appartiennent aux Anglais.

Pondichéry, capitale de l’Hindoustan français, est située sur la côte de Carnatic et habitée par environ 51,000 habitants. Karik:l, Mahé, Chandernagor, Yanaon appartiennent aussi aux Français. Ces villes sont généralement environnées de quelques ancicns villages qui en dépendent. La population des possessions françaises dans l’Tnde est de 226,000 habitants.

Goa, ancienne capitale de l’isäe portugaise. Les Portugais possèdent aussi Damân, Diu et la Nouvelle Goa, capitale actuelle de l’Inde portugaise. Les possessions portugaises de l'Inde renferment 450,000 habitants.

Crimar.-L'Hindoustan est compris, en grande

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partie, dans la zone torride ; leclimat y est fort chaud, surtout sur les côtes ; mais le plateau du Dékhan jouit d’une température assez douce ; on éprouve dans les vallées de l'Himalaya un climat tempéré, et l'air y est pur et sain ; en général l'Inde, est salubre ; cépendant c’est dans cette contrée qu’a pris naissance . le choléra.

Sor Er Propucrions.-La fécondité du sol, l’abondance variée des productions font de l’Inde une des plus précieuses contrées du globe ; aussi a-t-elle été, dans tous les temps, l’objet de l’ambition des conquérants et le théâtre du commerce d’une foule de peuples lointains. Les productions sont celles des pays tempérés jointes à celles des pays situés entre les tropiques.

CommercE.-Entre une foule d’autres articles, l Inde exporte du riz, du coton, de la soie, du sucre, de l'indigo, ete. L’Irde est le principal élément de prospérité de lempire Britannique.

PoPuLATION.—La population de cette contrée s'élève à 180,000,000 d'habitants.

ReLt@IoN.—-La plupart des Hindous professent le Brahmisme qui admet trois dieux supérieurs : Brahma, ou la création, Vichnon, ou le conservateur, et Chiva, ou le destructeur. Viennent ensuite une foule de divinités subalternes. Les Hindous sont, suivant ce culte, partagés en castes qui ne se mêlent jamais entre elles : les brahmistes, les guerriers, les cultivateurs et les artisans. Les parias sont des hommes jugés indignes de former une caste. Le nombre des musulmans dans l’Inde est d’environ 16,000,000. Il y a près de 2,000,000 de chrétiens.

GouverNEMENT.—Le gouvernement direct de la Grande Bretagne a été substitué à celui de la compagnie des Indes Orientales par scite de la grande insurrection de 1857. Les possessions anglaises de

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Tous les états tributaires ou indépendants sont des monarchies absolues.

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SUPPLÉMENT

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE, — Les anciens Grecs et les anciens Romains appelaient, comme nous, cette contrée Znde en deça du Gange. Les peuples ont été fameux dès la plus haute antiquité par leur science, leur sagesse, leurs principes religieux, que plusieurs philosophes des régions occidentales vinrent étudier,

Le Grecs commencèrent à connaître un peu exactement le N. ‘. de l'Inde par l'expédition d'Alexandre. Les Sélucides, 4 * succédèrent, en Asie, à la puissance de ce conquérant, étendirent leur domination jusqu'au Gange. Les conquêtes des Musulmans, et notamment celles du khalife Abd'oul-Mélek, ajoutèrent aux connaissances que l'Occident possédait déjà sur ce pays. Au onzième siècle, les Ghiznévides soumirent une grande partie de l'Inde ; vint ensuite la dynastie des Ghourides, qui étendit son autorité. sur la péninsule entière, et y fit régner le mahométisme. Après avoir appartenu longtemps aux Afghans, l'Inde passa, dans le seizième siècle, à Buber, petit fils de Tamerlan et chef des Mongols, qui y jeta les fondements de l'empire Mongol, Dans le même siècle, Vasco de Gama vint aborder sur lg côte occidentale, ct les Portugais ne tardèrent pas à posséder une grande partie des places maritimes ; les Hollandais y acquirent ensuite la prépondérance. Cependant l'empire

fongol continuait de fleurir, et il atteignit son apogée sous Aureng-Zeyb, vers 1700. Mais, sous les indolents succes: seurs de ce monarque, ce vaste état, affaibli par le luxe et la raollesse de la cour, agité par des troubles intérieurs, démembré par les révoltes des tribus de race hindoue, attaqué enfin par les ennemis du dehors, tomba rapidement en décadence, Nadir-chah, roi de Perse, l'envahit en 1738 ; Mahé de la Bourdonnais et Dupleix agrandirent un instant, d'une manière brillante, Ja puissance de la France dans l'Inde ; mais bientôt les Anglais élevèrent leur influence au-dessus de toutes les autres, et, par adresse ou par force, une simple compagnie commerciale de cette nation établit sa domination sur presque toute l'Inde. Le Portugal et lg

France y ont conservé qques possession®": les Français, qu la côte orientale, et les Portugais, sur la côte occidene,

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