PERSE OU IRAN
cùne. Ispahari borde le Zajenderoud, qui filtre dans le sable da plateau, puis reparaît. Aux portes de celte ville, ïamorlaQ dressa son infâme pyramide de 70,000 tètes coupées. Nul con- M érant connu n'a fait mieux.
Gbiraz^ l'un des quatre paradis des Orientaux, l'Atliônes persane, « le séjour de la science, » n'est plus qu'une trislô ville de 30,000 âmes, insalubre, fiévreuse, sujette aux épidémies, et parfois éprouvée par les tremblements de terre. Klle s'élève au milieu de jardins superbes et de massifs de cyprès. En Perse et hors de Perse on a toujours exalté sou gai climat, ses vins, la senteur de ses roses, l'esprit et la gaieté de ses habitants. A une douzaine de lieues, dans la vaste plaine fiévreuse de Merdacht, sur le torrent de Bendémir qu'absorbe un lac salé, les ruines de Persépolis réveillent les plus grands souvenirs de l'empire persan dont cette cité fut la capitale magnifique. Des colonnes, de grandes murailles, des inscriptions cunéiformes, des roches pointues, la plaine immense, au loin des montagnes sombre?, voilà ce qu'est devenue la ville brûlée par Alexandre de Macédoine et par une belle courlisane grecque. Pasagarde, bûtie par Cyru?, a conservé le tombeau de ce tout-puissant monarque. A quelques lieues au nord des restes de Persépolis, Ecbatane, la pompeuse métropole des Mèdes, n'a rien laissé de son passage dans l'histoire ; sur son emplacement s'élève Hamadan (40,000 hab.). Suse, autre grande cité de la Perse antique, était située au delà des monts bordant à l'occident les plateaux iraniens, dans le bassin de l'Euphrate.
Supérieure à la vieille Cità la nouvelle capitale, Tauris ou Tébris (100-160,000 hab.), dans l'Arménie persane, a aussi plus d'animation, d'activité, d'entrain commercial. C'est une des grandes étapes du Iralic entre l'Europe et l'Asie. Tauris, dont l'altitude atteint 1,500 mètres, expédie ses eaux au lac Ourmia (440,000 hectares), bassin très-salé, sans écoulemen visible, encadré de monts aux flancs sévères, aux tètes neigeuses.
Quelques voyageurs donnent généreusement 100,000 habitants à trois autres villes commerçantes : ù Kachan, entre Ifpahan et Téhéran; à Balfrouçh, près de la Caspienne ; à Mé-
ched, dans l'aficien pays des Parllio?, au sein des montagnes qui céparcnt l'Ir-iu du Touran. Mé( lied, \ille saiule, iu'Ç(»it annuellemenl dans ses murs plus dr o(',000 pùleiins quhiennenl prier devant la tombe de l'iman lliza.
Les pays détachés d'Iran sont le Béloutchistan.. l'Afghanistan, l'Hérat. *
Le BELOUTCHISTAN, l'antique Cédrosie, détient 45 millions d'hectares et sa population peut aller à 2 millions d'Iiahitants. D'iib.ird (lépond;inc(! de la l^erso, puis do rAfghani>t.iu. il apparlieni, dcttuis un peu plus d'un siècle, à des liibus libres de l'étranger. Sur le golfe d'Oman, une côle incendiée, étouffante, stérile, déserte; derrière celte côle des montagnes nues, grillées, à pic ou très-escarpées ; quand on les a gravies, un plateau de cailloux et de dunes qui va se joindie aux plaines hautes de la P»'rse et de l'Afghanistan ; sur ce plateau, des vallons, des étendues de pAturages, des collines arides, c'est là tout le Hèloulchistan. On comprend que cette région de roches dépouillées, de champs de pierres, de coleaux indigents et de plaines de sable soit presque déferle et que ses habitants soient des nomades enclins à corriger, parle brigandage, l'avarice de leur sol et la dureté de leur ciel sans pluie. La Gédrosie faillit dévorer l'armée d'Alexandre le Grand à son retour de l'Inde.
I/iblamiï^me fsecte sunnite) règne ^ans partage dans le^ villes et ïous les tenlesdi; tout re des nomades, divisés en une cinquantaine d(^ tribus, dont les scrdar:^ (chefs) reconnaissent plus ou moins la suzeraineté du khan de Kbelal. Ces tribus appartit'iinent à deux nations très-mal connues, les Héloutchis, race prépondéiante, et l(>> Hr.ihouis. Les nêloutchis, qu'on dit beaux, agiles, bien constitués, parlent un idiome voisin du persan. Les Brahouisont une langue qu'on rapproche tantôt de la langue d'Iran, tantôt de l'indoustani.
Khelat règne, avec seulement dix à douze mille habilanls.
Elle est assise dans une étroite vallée, à 1700 ou 1^00 moires d'altitude, sous un climat très-froid.
L'AFGHANISTAN, supérieur en étendue à la France, a 60 millions d hect'iies, 86 millions avec lekhanat de Koundouz. Il continue jusqu'à l'Inde et jusqu'aux mc^nls de l'Asie centrale le haut plateau de la Perse propre. A l'occident, rien ne le sépare d'Iran qu'une ligne idéale sur de vagues étendues, et le voyageur arrivé sur la frontière commune aux deux pays ne voit de tous côtés que des plaines de sable et de sel côtoyées p ir un lointain horizon. A l'orient, an contraire, les limites sont fièrement marquées par les monts Soliman qui, s'abaissant rapidement du côté de l'Indus, se ramifient à l'infini dans l'iulérieur de l'Afgbanistan. Avec leur prolongement, les monis Ilala, séparant le Béloutchistan du bas Indus, les Soliman forment la chaîne indo-persique. Le Soliman, l'un de leurs principaux sommets, s'élève à 2,450 mètres. Le Sefid- Koh, plus an nord, atteint 4,700 mètres. Près de Caboul, le Cohibaba, mont (jui se rattache à l'Indou-Koh et à l'immense Asie Centrale, porte sa plus haute cime à o,600 mètres.
A ces solides arcs-boulants s'appuient des plateaux et des vallées Irès-élevéeset très-froides, dont le niveau s'abaisse dans la direction de l'est vers l'Indus, et dans celle de l'ouest vers le lac salé de Hamoun, où vont tomber l'Hilmend et les torrents qui n'ont pas été bus jusqu'à la dernière goutte par le steppe.
L'Afghanistan répond en tout ou en partie à ce que les anciens appelaient Arie, Arachosie, Drangiane. Sur ses hautes terres, sous un climat sec et sain, excepté dans les plaines méphitiques voi>ine3 du lac Ilamoun, vit une population qu'on n'a jamais recensée : aussi l'a-t-on portée à cinq et même à dix millions d'ûmes, quand le nombre probable est six à sept fois moins élevé, I,:J0o,0n0 environ.
Les Afghans sont d'origine douteuse; on a voulu en faire des frères ou des fils du peuple Juif. Ils se donnent le nom de Pouchtaneh dans leur langue, qui est parente de la langue persane. Endurcis par un climat sévère, robustes, très-braves, pillards, sanguinaires, ils réussirent, vers le milieu du dernier
i30 GEOGRAPniE.
siècle, ii échapper au joug des Persans. Depuis, la disposition de leur pays, forteresse naturelle, les a prL'^crvés du joug; i!s ont défendu avec succùs leur indépendance contre leurs anciens maîtres et contre les Anglais de 1 Inde. Le plus grand nombre des Afghans ne s'est pas encore décidé à abandonner la vie nomade; tous sont musulmans sunnites, et par là ennemis irréconcilial)les des Persans chiites. Les Tadjiks (Persans) habitent en corps de nation dans les steppes environnant le lac Hamoun. Les Pouchtaneh qui se piquent de distinction parlent couramment le persan, langue oflicielle et commerciale dans tout l'Afghanistan.
Sur une terre si monlagnouse, un peuple si turbulent ne supporte pas hi centralisation ; les Afghans sont divisés en tribus qui se décliirent souvent. La tribu des Douranis, la plus puissante, contribua plus que toute autre à gagner au pays son indépendance. A côté des Afghans, l'Afghanistan donne asile à des Indous et à des Béloutchis.
Caboul (50, "00 hab.) est la capitale d'un des deux grands khanats de l'Afghanislun. Llle su trouve à 2,000 métrés d'altitude, prés du Cohibaba, sur le Caboul, affluent de l'Iudus. La vallée du Caboul termine à l'orient la route la plus courte entre riMirope et l'Inde.
Candaliar, chef-lieu de l'autre khanat, égale en population Caboul ; son altitude est moindre.
Les .afghans ont étendu leur domination au dcl;\ des monts du nord, sur le KHANAT DE KOUNDOUZ, appartenant au Turkestan par sa situation dans le bassin supérieur de l'Amou ou Oxus, le plus méridional des deux grands fleuves du Touran. Le khanat de Koundouz remplit en parlie l'ancienne Hactriane. Cette annexion ajoute à l'Afghanistan environ vingt millions d'hectares cl un million d'habitants. Koundouz, capitale du khanat, compte, dit-on, 25,000 Ames.
Le KHANAT DE HÉRAT peut avoir lu i\ 20 millions d'hectares et un million d'habilants. Oflicicllement, il dépend de la Perse; en réalité, il obéit à l'influence anglaise, qui y lutte de loin conire les progrès des Husses en Turkestan. Lh
se réunissaient autrefois la Parthie, l'Hyrcanie, la Bactrianc.
Le khanat de Héral est, dans son centre, une région de montagnes^ de plateaux, de vallées formées par les branches de l'ancien Paropamisus. Au sud, vers le lac Hamoun, au nord en tirant sur les plaines de Touran, se déroulent des stoppes misérables et déserts, trop froids pendant une moitié de l'année, trop chauds pendant l'autre moitié. La population se compose de Persans, d'Afghans, de Turcomans, tous professant l'islamisme.
La capitale, Hérat (50,000 hab.l», tire une importance immense de sa situation sur la route de Caboul et des Indes quand on vient de la mer Caspienne et de la Russie d'Europe. On l'appelle la première clef de llnde : Caboul en est la deuxième. Tamerlan résida à Hérat. L'altitude de cette ville est de 850 mètres.
Au nord-est de Caboul, entre la colossale barrière de l'Indou Koh et le cours de i'indus, au point où ce fleuve quitte les gorges du Tibet pour les plaines de l'Inde, s'étend le montueux CAFIRISTAN, que nous ne connaissons pas. Ses eaux se versent dans le Caboul. Les habitants s'appellent en leur langue 5ù/230c/i. Leur type, paraît-il, s'approche de celui des Européens aux yeux bleus, à la chevelure et à la barbe blondes. Peut-être proviennent-ils d'une tribu laissée dans ces Alpes par, nos ancêtres, lorsqu'ils commencèrent les migrations qui les menèrent dans l'Inde, en Perse, en Europe. Les Siapoch sont païens et ennemis sans merci des musulmans : d'où le nom de Cafiristan, Terre des Infidèles, donné par ceux-ci à ce massif de montagnes et de vallées élevées. ^
^32 GEOGRATUIE.