INDO-CHINE
L'Indo-Clnne, admirablement nommée, est le pays de transition entre l'Inde et la Chine.
A mesure que, du delta du I?engale, on s'avance vers l'Orient, la physionomie du pays, le lypu des habitants, les languis se rapprochent de plus en plus de la nature chinoise. En mùme temps, le nombre desChiriois, trafiquants et agriculteurs, venus directement du grand empire des Jaunes ou desccndanis d'émigranls, augmente dans de grandes proportions. Il y a peu de Chinois en Birmanie; à Siam il y en a beaucoup; dans la Cochinchine et le Tonquin on les rencontre en masse. L'empire d'Annam, qui renferme dans ses limites ces derniers pays, a son autonomie et sa langue, mais l'influence sociale, artistique, littéraire de la Chine y domine tellement, que l'Annam pourrait à la rigueur passer pour une province de riùii[)ire du Milieu. A Siam, l'inlluence est moindre, en Birmanie presque nulle, mais le développement de l'émigration chinoise, l'activité, la patience, l'intelligence des fils de la Cliine semblent devoir leur doimer tAt ou lard la prépondérance dans toute la presqu'île. Ainsi se terminerait à leur avant;ii;e un mouvement qui date de loin. Jadis les Indous tenaient une plus grande place qu'eux dans la péninsule dont ils qnitli'renl les vallées devant des conquérants venus de l'Asie Centrale.
Ce que n'indique pas le nom d'Indu (iliine, cette presqu'île forme aussi la transition physique et le principal membre d'union entre l'Asie et le grand archipel indo-australien.
I, 'indo-Chine est une presqu'île d'environ f 80 millions d'hectares, trois à quatre fois la France. On suppose que sa population monte à 30-3.) millions d'hommes. Séparant la merdes Indes de la mer de la Chine, elle s'adosse à l'Himalaya orienlal.
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IcSin-Chan, groupe de montagnes inconnues d'où lui vienneni ses chaînons et ses eau.v. Du côté du sud, elle pousse au loin dans la mer la presqu'île de Malacca, la mieux caractérisée de !a Terre par sa longueur de 1,200 kilomètres avec une largeur moindre à la base que vers l'extrémité.
Pour une surface égale seulement à la moitié de l'Inde, l'Indo-Chine, frangée de baies profondément enfoncées dans les terres, possède une plus longue étendue de côtes. Commercialement, peu de contrées du globe sont mieux situées et la France a trùs-bien fait de s'emparer du delta, malheureusement malsain, de son principal fleuve. La route de mer entre l'Inde et la Chine, deux des terres les plus vastes, les plus peuplées, les plus fécondes et les plus riches sous le soleil, passe au long de ses côtes, autour desquelles se groupent les îJes opulentes qui sont le joyau de la planète, l'archipel de la Sonde, Bornéo, les Philippines. Quant à la voie de terre du Gange au fleuve Bleu et au fleuve Jaune, elle empruntera sans doute la vallée de l'Iraouaddi, principal cours d'eau de la Birmanie.
L'Indo-Chine est divisée en bassins allongé?, par des chaînes courant du nord-ouest au sud-est. Ces chaînes, on les ignore }iresque autant que le Sin-Chan, leur massif d'émergence; rarement la hauteur de leurs sommets dépasse 2,500 mètres. Les monts de la presqu'île de Malacca font un petit monde à part, qu'une dépression isole du reste des montagnes indo-chinoises leur point culminant, le Titih-Bangsa, atteint 1,9:iO mètres.
Deux des fleuves de l'Indo-Chine sont considérables, ils ont de vastes deltas, une masse d'eau immense, un cours très-long. L'un coule en Birmanie, l'Iraouaddi, dont les Kuropéens ne connaissent pas la vallée supérieure. Les Chinois ridctitifient avec le Yarou-Dzang-Bô, cette puissante rivière tibétaine que nous considérons comme le haut Brahmapoutre. Par ses bouches, l'autre fleuve, le Mékong, qui s'engloutit sur la rive où naufragea le Camoons, appartient à la France. On l'a remonté jusqu'en Cliine, mais son cours supérieur est encore un mystère. Le Salouen, cours d'eau birman, roule aussi de larges Ilots .Le Ménam, fleuve siamois, a moins de grandeur.
Un climat tropical, funeste à l'Européen, une végétation
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splendide nomme en tout pays d'eau et do grand soleil, des produits qui sont ceux de la (ihiiie, de l'Iude ou de Java, vuilà pourcomplélerla physionomie de l'Iudo-lliine.
Comme la végélaliou, l'homme y varie. A l'ouest du Siam, l'antique iiiflucnce d(î ritide n'a pas tout à fait péri, les noms de lieux, de monts, de rivières sont indous, 1 idiome sacré est le pâli, fils du sanscrit. Calcutta est la ville où rùgne la puissance et d'où vient la lumière; enfin, les Anglais de l'Inde dominent directement sur une grande parlii» du pays, ils menacent et mènent l'autre. A partir du Siam, lintlnence chinoise s'accroît, puis domine. Au midi, la presqu'île de Malacca nourrit des Malais parlant des dialectes malais. Ainsi, il y a dans l'indo- Chine un occident plus ou moins anglo-indou, un midi malais, un orient semi-chinois. Politiquemcnl, la presqu'île se divise en six parties : rindo-Ciiiiie anglaise, la Hirmanie, Siam, les cantons malais lihres, l'Indo-Chinc française, l'Annam.
L'INDO-CHINE ANGLAISE, enlevée pièce à pièce aux IMrmans, comprend trois jiirovinces : l'Arracan, lisière du golfe du Rengale;le Pégou, ha^se vallée et delta de l'Iraouiddi; le Ténasserim, zone étroite entre les monts du Siam et la rive marine, en tout 22 millions et demi d'hectares, avec environ 2 millions d'habitants, en majorité Birmans. Les Indous n'arrivent pas à f 00,000, les Chinois ;\ I0,(^<^*0, les européens à 3,00). !.a population croit rapidement par une forte immigration provenant des territoires restés birmans et les indigènes disent : « dans la Birmanie anglaise les villages deviennent des villes, dans la haute Hiiinanic^ les villes deviennent des villages ». La capilale, Raugoun, sur un bras de l'Iraouaddi, comple 03,000 âmes, (1,000 de moins que Moulmein.
Sur la côte et dans la mer de la presqu'île de Malacca, 307,000 individus, don! I04,ori0 Chinois et 1,000 lluropéens, peuplent ce que les Anglais appellent établissements des Détroits, ou Provinvc de Wellcsley. Ce petit pays ne leur a coulé que peu d'cirorls, pas une \ie d'homme cl 2,0(i0 dollars seulement payés à un prince indigène, ha petite île de Poulo-Pinang, ou du Prince-de-Calles, fait partie de cette colonie; demé»ne, lil»' de Singapore (oO,000 hectares).