‹ Géographie (volume 2)Chapitre 16 sur 104 · INDO -CHINE · texte numérisé non relu

INDO -CHINE

A Poulo-Pinang (00,000 liab.) se trouve le séminaire catholique derextrùme Orient. Il en sort des missionnaires d'une foi merveilleuse, mais ils ont entrepris l'impossible, l'Orient chinois ne veut pas être chrétien.

Singapore, fondée il y a cinquante années, est un port excellent, commandant la pointe de la presqu'île malaise et les nombreux chenaux de lamer des Passages; — on appelle de ce dernier nom l'extrémité méridionale du détroit de Malacca resserrée entre l'île de Sumatra et la péninsule. — Singapore prospère sous un climat comparativement salubre pour les Européens, et si égal qu'il ne subit que deux degrés de différence entre la moyenne du mois le plus chaud et la moyenne du mois le plus froid. Dans cette ville parfaitement située on compte déjà 100,000 habitants, dont 00,000 Chinois, faisant un immense commerce avec l'Inde, la Chine, le Japon, l'Europe. Les tigres, venus à la nage du bout de la péninsule et fixés dans les jongles ou fourres épais de l'île, étaient, il y a quelques années, le fléau des faubourgs. « Ailleurs, disait-on, le tigre vit de btîtes; à Singapore, il vit d'iiommes. »

Entre Poulo-Pinang et Singapore, Malacca, d'où la presqu'île a pris son nom, dépendit du Portugal, puis do la Hollande. La langue portugaise s'y maintient, fort corrompue toutefois. Malacca est un port sans commerce, une ville finie.

En mer, sur le trajet d'un arc-de-cercle qui irait du delta de l'iraouaddi à la pointe septentrionale de Sumatra, s'égrène le chapelet des îles Andaman et des îles Nicobar.

Les Iles Andaman appartiennent à l'Angleterre qui en use comme d'un lieu de déportation pour ceux dont elle débarrasse l'empire indou. Dans leurs forets erre une race à part, les Mincopies, inférieurs, dit on, aux peuplades les plus obtuses de notre triste humanité, où les peuples dits supérieurs valent si peu.

Au sud des îles Andaman, les îles Nicobar, peuplées de Malais, relevaient nominalement du Danemark, qui vient de les €éder à l'Angleterre. Sur près de 200,000 hectares, elles sont la patrie d'environ 5,000 sauvages.

260 GEOGRAIMIIE.

La BIRMANIE, royaume gouverné par un despote, a l'étendue de la France, mais soulemenl 4 millions d"hommes. Elle s'allonge du nord au sud, de môme que ses fleuves, l'Iraouaddi et le Salouen.

Les Birmans s'appellent eux-mOmes Mramna. Bien pris, robustes, courageux, encore à demi barbares, ils procèdent évidemment d'ancûlres arrivés di' la Haute-Asie. Leur langue, très-pauvre en formes, est presque aussi monosyllabique que le chinois, mais elle est moins imparfaite. Le bouddhisme domine dans le pays.

Ln I^irmaiiie, les capitales naissent d'un caprice royal, elles meurent d'une fantaisie. Ava, sur l'Iraouaddi, n'est plus qu'une ville déserte, avec les ruines d'une multitude de temples de Bouddha aux toits blancs ou doré?. Amarapoura, riveraine aussi de l'Iraouaddi, lui avait cf-dé le rang de capitale, qu'elle a perdu, à son tour, au profit de Mandalay, autre fille du même fleuve.

SIAM, royaume despolique, séparé au siècle dernier de l'empire birman, s'étend sur GO à 70 millions d'hectares. Il ne possède que 0 millions d'habitants, mais il faut cc)n>idérer que la plus grande partie de sa [lopulalion se concentre dans la vallée et dans le delta du Méuam, fertilisés tous deux par les débordements périodiques du fleuve. Le reste du pays, désert immense, forêts et montagnes, ne demanderait qu'A produire, ayant le sol profond et puissant, la chaleur, l'eau des mont^. Il \ a dans l'Uricnt beaucoup de contrées généreuses laissées dans l'abandon ;\ quelques pas de peuples actifs, industrieux, avides de fortune. Ainsi, dans le nord de la Chine, les rives de l'Amour restent presque vides, ;\ portée de Pékin, capitale d'un empire qui rt'Mii)lit le monde de ses émigranls, où le peuple vil sur les bateaux, la terre lui «''tant trop élroite, et où il y a si peu de places vacantes que l'infanticide y est une forme de la prévoyance.

Sur r.,000,000 d'habitants, on compte \'6 à 1000,000 Siamois ou Thaï, plus de 3 millions de Laos, dont les cinq sixième»

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indépendants, 600,000 Malais tributaire?, ui'0,000 Cambogiens, 450,000 Chinois, ceux-ci n-pandus surtout dans les ^i!Ies ,• ils ont le négoce, l'argent, l'influence. Les Thaï, que rédui^sCiit à rien le despotisme du maître, les exactions des adniinisîrants et le fétichisme pour les grands personnages, ne s'en appellent pas moins, dans leur langue, Hommes Libres : le mot Tkai ne signifie pas autre chose. On prétend que l'équivalent siamois de régner, s'aremziîa/, veut dire en français « dévorer le peuple», {/esclavage pèse sur le tiers environ des habitants du royaume.

Le siamois est un idiome monosyllabiqiie peu développé. 11 difi'ére à peine du laotien, et seulement pour des détails de prononciation et d'accentuation ; il ne s'éloigne guère non plus du cochinchinois. Le bouddhisme rùgne sur les Siamois, qui révèrent le Çakya-Mouni indou sous le nom de Sommonacodum, et le premier des deux rois du pays possède au loin dans rindo-Chine un grand prestige religieux. Les Laotiens du haut Ménam et du Mékong se relient aux Thaï, non-seulement par le langage, mais par l'origine. Les Siamois propres ne sont que des Laotiens plus façonnés à l'administration, à la civilisation, au servage, au commerce.

La capitale, à demi chinoise, s'appelle Bangkok (150 à 450,000 habitants). Lile a succédé à deux autres \illes reines, devenues peu de chose, Ajuthia et Nophaburi, situées toutes deux sur le Ménam, comme Bangkok. Celle-ci est bâtie sur les canaux impurs du large et profond fleuve, incommodé à son embouchure par une barre ; c'est le malheur de ce port magnifique, capable de donner aisément place à des milliers de navires. Au sein d'un delta plat comme les polders hollandais et noyé annuellement pendant plusieurs mois, la ville des Thaï, confusément assise sur des îlots vaseux, ressemble à une Venise vivante comme l'autre est morte, à une Heine des Kaux faite de demeures en bois de tek et de temples bouddhistes coiffés de toits à tuiles peintes. Beaucoup de maisons et de boutiques fluttent sur des radeaux de bambous.

L'empire d'ANNAM renferme 10 à 12 milh'ons d'habitants dans ses 50 à OU millions d'hectares, l'étendue de la France.

262 GÉOGRAPniE.

Après avoir longtemps disputé aux Siamois la possession du Cambogo et du pays des Laotiens, il a perdu récemment le délia du M'kong ou Cocliiricliine française. 11 lui reste la Cochinchiue annamite, rivage étroit sur la mer méridionale de Chine, et le Tonquin, sur la baie de Tonquin, défendue du large par l'île d'Ilaïnan.

Annam signifie en chinois le sud tranguille , ou agréable. Delà Chine vient toute la ci\ilisalion de son peuple. La littérature chinoise, les mœurs chinoises y régnent sans partage. Pourtant la langue annamite a gardé son indépendance; elle touche au chinois par le monosyllibisme et la physionomie générale ; les vocabulaires sont distincts. Le bouddhi^me s'attribue la majorité des Annamites; la doctrine de Confucius a beaucoup d'adhérents.

La capitale de la Cochinchine annamite, etennirme temps celle de ce despotiqui': empire, c'est Hué, ville maritie à laquelle on prête tantôt 50,000, tantôt 100,000 habitant?.

Le Tonquin, tréspeu[)li'', fut une province de la Chine. Il a pour maîtresse ville Kecho, qui contient, dit-on, 100,000 habitants, toute déchue qu'elle est. Kécho trempe ses pieds dans un gros fleuve descendu de l'Himalaya chinois, le Sonkoï, navigable pour les bâtiments calant 3 à 4 métrés : des bancs de sable contrarient ses trois embouchures.

Il y a 4 à 500,000 chrétiens dans le Tonquin.

Pour la COCHINCHINE FRANÇAISE et le CAM-

BOGE, V. Lrame : Ctilonies asiatiques.

LES ÉTATS MALAIS LIBRES, espèces de seigneuries démembrées diin vieil empire malais disloqué depuis des siècles, sont habités par des Malais musulmans, par les Sémang, nègres lrès-pe!its, i\ chevelure laineuse, et par des Chinois. Les « tils du Milieu » font la majorité dans la presqu'île (le Malacca (iO0,O(tO habitants ). Les litats libres occupent le midi de la pénmsule.

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