VCTORIA OU AUSTRALIE HEUREUSE
Le plus mince des États australiens, la Victoria domine en ce moment dans le monde austral anglais par sa richesse, son activité, le nombre de ses citoyens. C'est la province la plus méridionale, et par conséquent la plus fraîche et la plus commode à rKuropéen, puisqu'au sutl de l'Equateur le froid vient du midi, et la chaleur du nord. Melbourne, à peu prùs sous la mOme latitude qu'Alger, a tout au plus la moyenne annuelle de Mmos ou d'Avignon (I i°).
Sur 23 millions d'hectares, le trente-troisième du continent, Victoria loge plus des deux cinquièmes de la population do toute l'Australie. En 183G il n'y avait pas 250 habitants, et 10,000 en IS'jO. A partir de f.SaJ, la découverte de mines d'or par un Anglais revenu de Californie y détermina un rush prodigieux. Rush veut dire en anglais mouvem 'ni \i lent et précipité, arrivée h flots ; ce mot s'emploie pour d .signer les irruptions de peuple sur un point donné. I,c? rusU sont trèicommuns en Australie et dans la .Nouvelle-Zélande. Dès que la renommée annonce un nouveau champ d'or, des dizaines de milliers d'aventuriers courent de partout vers le nouvel eldorado, des \illes se fondent et de grands districts s'animent. Quand les placers se sont épuisés, la solitude reprend momentanément son empire, à moins que de belles terres ou d(» belles cau\ n'aient fait naître des communautés ngrivMiles ou indostrielles à côté des camps de mineurs.
Dès 1S;»2 Victoria comptait l(;s,000 habitants. Elle s'était détachée, l'année d'avant, des Nouvelles-Callesdu Sud. En lS(i2, les Vicloiiens dépassaient ;;:;n,non ; ile pont aujourd'hui T.'iO, 000, Comme dans les iNouvelIes-lialIcj!, la croissance de la population provient surtout du fonds même, par surabondance d« s naissances, puis des alluvions de l'immigration métropolitaine
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et allemande. Les champs d'or contiennent de 250 à 300,000 individus, dont 65,000 mineurs. Les Chinois, au nombre de 45,000 il y a dix ans, ne sont plus que 20,000, les trois quarts mineurs. Les indigènes n'arrivent pas à 1700: il y en avait 5000 au début de la colonisation. Ils errent dans la forôt, dans la plaine, sans souci. L'hiver ils se réfugient dans les gorges les mieux abritées, ils regagnent le plat pays quand les chaleurs recommencent. Si la faim les talonne, suivis de leurs chiens, vrais squelettes aboyants, ils chassent l'opossum, le kangourou, l'ours australien ou kaola, le wombat, le porcépic, les serpents, les lézards, les fourmis blanches, ou vont gagner quelque monnaie, du tabac et du rhum au service des Blancs.
Victoria tient sa part des Alpes Australiennes; elle possède môme le mont Holham (2,287 met.), supposé le pic le plus haut du continent. Elle partage avec les Nouvelles-Galles le privilège de posséder une grande partie du cours du maître fleuve australien, le Murray, qui lui sert de frontière.
De mûme que dans la colonie de Sidney, l'anglais est la seule langue, et la religion protestante prépondère sous la forme anglicane officielle ou sous forme de sectes. La seule différence entre l'État de Victoria et sa métropole d'il y a vingt ans consiste en ce que dans l'Australie Heureuse, — quelquefois on appelle ainsi Victoria, — le climat moins chaud favorise mieux les produits de l'Europe, et généralement se refuse aux plantes tropicales. Puis, si Victoria donne plus d'or, elle nourrit moins de moutons.
Melbourne, capitale, sur le Yarra-Varra et sur la baie d'Hobson, renferme, avec ses nombreux faubourgs, 194,000 habitants. Cette population et l'étendue de son commerce, le plus considérable du continent, lui donnent droit au surnom de Reine du Sud, populaire chez les Anglo-Australiens.
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