‹ Géographie (volume 2)Chapitre 20 sur 104 · QUEENSLAND · texte numérisé non relu

QUEENSLAND

Queensland signifie en anglais Pays de la Reine. Les Anglais ont la manie de donner à tout ce qu'ils découvrent, fleuves, lacs, vallées, cascades, et à tout ce qu'ils fondent, villes, comtés, provinces, des noms, toujours les mOmes, dont l'éteruelle répétition irrite. Déjà des milliers de noms retentissants ont fait place à leurs sourdes syllabes. Les Waterloo, les Wellington, les Victoria, les Albert, couvrent maintenant la moitié du globe. Les deux grands lacs des sources du Ml sont le lac Albert et le lac Victoria; la merveilleuse cbuto du Zambése est la cascade de Victoria; l'Australie des grands champs d'or s'appelle Victoria; nombre de villages, de bourgs, la capitale de Vancouver, celle de la colonie de Hong-Kong, celle des Seychelles, un des principaux cours d'eau de l'Australie Centrale, un lac de la Haute-Asie, des rivières et des criques sans nombre, des détroits, des archipels polaires, des districts, des to\vnships ou cantons, tout cela se nomme Victoria. On n'achèverait pas, mOme sans compter les Queenstown (Ville de la Heine), et une masse de noms géographiques dont la racine déterminante est qncen (reine).

Queensland s'étend sur \^G millions d'hectares, prés du cinquième du continent, et plus de deux fois et demie la France. Elle continue au nord les Nouvelles-Galles du Sud, dont elle s'est démembrée il y a douze ans. A une distance variable du littoral, la mer queeuï^laiulaise bouillonne sur une digue d'îlots madréporiques ayant i,oOO kilomètres de développement. Le long de cette chaussée de récifs incessamment accrus par leurs humbles archilecles, ïW naufrages menacent les navires, mais ceux-ci trouvent de bons abris dans les basfins protégés par la digue, et des criques sûres découpent le rivage sur un front de 3,000 kilomètres.

La lisière marine de Ouceusland peut recevoir à la rigueur le nom de tempérée aux environs de la ligne de démarcation tracée contre les Nouvelles-Galles, mais en marchant au nord, le climat finit par devenir lorride et pénible à l'Duropéen,

surtout à l'Européen de souche anglaise, écossaise, irlandaise ou allemande, à peu près seul colon dans cet immense territoire. Dans les cantons du sud le Blanc travaille encore, et là s'est porté jusqu'à ce jour l'élan de la colonisation, en vertu d'une température moins extrême, et plus encore du voisinage des Nouvelles-Galles d'où partit le mouvement. Dans les cantons du nord, l'Européen, inégal au labeur en plein air, appelle déjà à son secours des insulaires des pays tropicaux, particulièrement des Nouvelles-Hébrides et des îles Marshall, sans doute en attendant de meilleurs travailleurs, les Chinois.

Derrière les chaînes littorales, suite des chaînes côtières du pays de Sidney, se déroulent au loin vers le centre aride de l'Australie des étendues pastorales, semblables à celles qui commencent à la base orientale des montagnes Bleues; seulement )î y fait encore plus chaud, vu la latitude, et les monts moins hauts n'y donnent pas l'existence à des rivières de la force du Murray et du Murrumbidgi. Les moutons s'y propagent grandement, en dépit des sécheresses ; souvent il survient des diminutions partielles, mais dans l'ensemble ils se multiplient très-vile et font la fortune des éleveurs.

En 1859, année de la séparation, Queensland contenait à peine quelques milliers d'habitants sur de petits districts proches de la frontière néo-galloise. Par une immigration anglaise trôs-active, par un développement naturel de l'ancien fonds (15 naissances contre 4 morts), la population était de 30,000 individus en 1861, de 45,000 à la fin de 1862, de plus de ^ 00,000 en 1870.

Brisbane (15,000 hab.), capitale, s'élève à l'embouchure d'un large fleuve.

Page 1