‹ Géographie (volume 2)Chapitre 23 sur 104 · TASMANIE · texte numérisé non relu

TASMANIE

La baie de Melbourne s'ouvre sur "les eaux du détroit de ï^ass, large de 240 kilomètres, semé d'ilcs contenant un guano

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pénible à extraire, qu'on exploite pour le compte des Vicloriens. Plusieurs de ces îles sont peuplées d'Kuropéens et de Sealers, mt'tis assez beaux descendant d'Anglais pOcheurs de chiens de mer, cl de négresses australiennes et tasmaniennes.

Sur ce détroit de Bass, en face de Victoria, s'élùve la Tasmanie, cent douze fois plus petite que le continent qu'elic accompagne. Elle n'en a pas moins 6,^00,000 hectares.

Il n'y a pas vingt ans la Tasmanie s'appelait île de Van Diemen. La colonisation y avait débuté presque avec le siècle (1803) par des convois de galériens. En 1853, année où la déportation cessa, les habitants commenc<'!rent à se plaindre du nom de leur patrie, nom qui prêtait à un funeste calembour para peu près : au lieu de Van-Diemen, les Anglais ^^ppelaient l'île Van Demon's I.and (pays du diable) et les insulaires Van Demonians (messieurs les diables). I*our écarler le mépris que leur allirait ce jeu de mots, les tils des convicts donnèrent ol'ticiellement à Van-Uiemen le nom de Tasmanie, dérivé de Tasman, le navigateur hollandais qui découvrit l'île au milieu du xvii' siècle.

La Tasmanie est, pour ainsi dire, la ville d'été de l'Australie, comme la côte de Provence et de Ligurie est notre ville d'hiver. Nous cherchons la chaleur A Cannes, à Nice, à Menton, les citadins et les squatters d'Australie, f.iligués de leurs vents sahariens, les Anglais de Mnde et de la Chine épuisés par le Tropique viennent chercher en Tasmanie la fraîcheur, l'immidilé, loinbre, la santé, la joie.

La Tasmanie est charmante. Sur des côtes bien frangées, élevées, ouvertes aux vents frais et tièdes, s'ouvrent de ravissantes vallées remontant vers des plateaux brillantes de lacs, vers des croupes chargées de forêts intactes et des pics (jue la neige blanchit pendant la moitié de l'année. Pas de rieigo»'persistantes, u\\\ pic, même le mont liumboldl, n'atteignant 1,700 mètres, mais le climat verse assez de pluies pour (lue le? ri\ières, les cascades, les prairies ne manquent jamais d'eau.

C'est la mieux dotée de toutes les colonies anglo-australiennes, et avec cela celiequi prospère le moins. Les décès n'y détruisent pas le bénétiee des naissances, mais une émigration

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de tous les jours affaiblit le pays; les jeunes Tasmaniens se répandent dans l'Australie et la Nouvelle-Zélande, laissant derrière eux les vieillards et les enfants. Dans les trois années qui suivirent la découverte des fonds d'or de Victoria, l'île, moins peuplée qu'aujourd'hui, perdit 10,000 de ses fils au profit du continent.

En 1846, les Tasmaniens blancs, au nombre de 06,000, comptaient dans leurs rangs 29,000 galériens. En 1857, le chiffre des Européens montait à 80,000 ; maintenant il dépasse 100,000. Les Tasmaniens noirs n'existent plus. On ne sait combien de milliers d'hommes de leur race peuplaient l'île à l'arrivée des premiers misérables européens ; en 1 8 1 5, ils étaient encore 5,000. Dès 1810, la chasse au noir faisait la distraction des galériens; la loi, d'ailleurs, n'avait décrété que le fouet pour l'Européen qui coupait le nez ou les oreilles à un nègre et lui enlevait le petit doigt pour s'en faire un bourre-pipe. Après 1815, la chasse à courre contre les sauvages s'étendit avec frénésie. A partir de 1835, on déporta ce qui restait de la race, 210 individus, dans la petite île de Flinders, où elle est descendue dans le néant. En 1866, il y avait encore quatre indigènes, trois femmes hors d'état d'avoir des enfants, et un homme de 27 ans, qui a fait un voyage en Angleterre pour montrer à la nation meurtrière le visage du dernier des Tasmaniens.

Hobarton^ capitale, sur le Dervent, au pied du mont de la Table (1,200 mètres), près de la mer, au sud de l'île, contient plus du cinquième de la population de la colonie.

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