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ARCHIPEL AUSTRALIEN

Au nord de l'Australie, à l'extrémité d'une presqu'île que la colonisation n'a pas encore abordée, le détroit de Torrès secoue ses eaux dangereuses sur des roches, des coraux et des bancs de sable, entre le continent et la Nouvelle-Guinée, première lie du Monde pour sa grandeur.

sas GÉOGRAPHIE.

Ile, disons-nous, mais la NOUVELLE-GUINÉE est peul- Otrc un archipel ; avant qu'on la connût niieux, la Nouvelle Zélande passait au?si pour une lie unique. Kn supposant que nuls détroits ne partagent la Nouvelle-Guinée en plusieurs terres, elle forme un petit continent vaste con^me 110 à 120 déparlements français, avec une longueur de 2,200 kilomiMres «or une largeur maxinia de 6o0. Des monts dont plusieurs doivent dépasser i),{JU0 mètres puisqu'ils portent une tiare de neige éternelle dans le voisinage de rtquateur; des forCts merveilleusement belles, vues du rivage, mais peu d'Européens en ont longé la frange et aucun n'a pénéiré au loin dans leurs profondeurs; dans ces forêts les oiseaux le plus brillamment empennés ; une flore, une faune qui se rapprochent de celles de l'Australie, bien que celle-ci soit un pays de vents secs, de plaines ouvertes, de déserts, tandis que In Nouvelle-Guinée est une terre humide et grasse; nous ne savons pas autre chose de celte grande île, dont les voyageurs n'ont entr'aperçu que la dixième partie. 11 n'y a pas de contrée au monde que nous ignorions autant, hormis le centre de l'Asie, de l'Afrique et de l'Auslralie où de plus immenses espaces n'ont point encore attristé ou ébloui de regards européens.

Le détroit de Torrés n'a que 225 kilomètres de largeur, moins que le tiers de la Méditerranée outre la France et l'Algérie, aussi la Nouvelle-Guinée est-elle véritablement une dépendance de l'Australie. Les Moluques, Gélèhes, les petites îles de la Sonde s'éloignent plus du conlincnt austral pour s'avancer vers l'Asie, mais une certaine ressemblance dans la ^égétalion et dans les animaux leur draine avec la Nouvi-lle-Giiinée et l'Auslralie de nombreux traits conununs, et iHaut mieux les rattacher à ces dernières qu'à l'A.-ie.

D'ailleurs, au moins en ce qui concerne la Nou\eII(vGuinée, l'assimilation ;\ Java, à Sumatra, à Hornéo, aux l'hilippines sérail fori diflicile. Si ces îles appartinrent i\ l'origine à dos négroïdes, les Alfoures et les Papouas, elles renferment sur tout anjourd'iiui des Malais et des Ghinois. La Nouvelle-Guinée a gardé sa vieille population, les Papouas; elle n'est point devenue une province malaise, quoique les Malais y gagnent du

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terrain et les Chinois n'ont point commencé à renvahir. QiianI aux Européens, les Anglo-Australiens ont jusqu'à ce jour négligé ces parages. Les Mormons, dit-on, ont un moment songé à y mettre leur révélation à l'abri des profanes. Des Allemands parlent d'y planter la glorieuse bannière de la civilisation allemande, fondée sur l'intelligence allemande, la moralité allemande, la chasteté allemande, et la crainte allemande de Dieu.

Les Hollandais seuls ont tenté quelque chose. Leur souveraineté, toute nominale, se borne à des archipels côtiers et à quelques districts du rivage.

Les Papouas, tous païens, ont fait donner quelquefois à leur patrie le nom de Papouasie. Noirs comme les sauvages d'Australie, mais bien supérieurs à eux, ils sont plus grands en moyenne que l'Européen et trôs-hauts sur jambes; ils ont le nez proéminent, la barbe frisée et assez fournie; les cheveux, frisés aussi, gros et raides, font au-dessus et aux deux côtés du front comme une espèce de bonnet à poil en demi-circonférence avec la racine du nez pour centre. Ils ont de Pintelligence, un certain sentiment artistique, du courage, de la gaieté, de l'impétuosité, du ressort, de la férocité. Ils massacrent avec plaisir l'inconnu qui leur tombe sous la main. Rien ne semble capable de les plier au joug de l'étranger. Leur amour de l'espace n'a de limite que la dernière heure de leur dernier jour. Incapables de domesticité, ils disparaîtront devant le Blanc et le Chinois quand leur jour aura sonné. Ain>i disent les voyageurs qui les cormaissent, et ils sont peu nombreux, car l'hostilité des Papouas ferme l'île aux étrangers plus que les forêts sans fin, les monts sans route, et les torrents 8 ms pont.

Les MOLUQUES émaillent une mer d'un bleu très-foncé. Elles comprennent trois grandes îles, Gilolo, Céram et Hourou, et beaucoup de petites dont les plus connues sont Ternate, Tidore, Amboine et Danda. On appelle aussi les Moluques les îles des Épiccs, de leur principal produit savamment

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exploité par les Hollandais. L'ari'liipcl sû rattache plus ou moins intimement par des îles et des écueils aux IMiilippines, à la Nouvelle-Guinée, ù Célùbes, et à Timor, où se termine le chapolet de la Sonde.

Gilolo, faite de quatre presqu'îles en patte d'araignée, a plus de 300 kilomètres de longueur. Klle embrasse 2,600,000 hectares, plus de quatre de nos déparlemenis. LT-Jquateur coupe cette île à peu près inconnue, des coraux gOnent la naNigation près de ses côtes, des volcans y profilent leur haute pyramide. L'île a échappé presque tout entière à ses autochthones, les Alfourc?, qu'on ne retrouve plus que dans la péninsule du nord. Ce sont ici des sauvages de haute stature, d'un teint comparativement clair, barbus, de bons agriculteurs, dos chasseurs et pécheurs hardis. Des Malais musulmans, qui donnent à Gilolo le nom d'ilalmahrira, ont pris la place des AlCoures. I.cs Hollandais ont rangé l'ile sous leur suzeraineté, i-e long de la côte occidentale s'élèvent, du nord au sud, les îles de Ternate, de Tidore, de Mareh, de Motir, de Makian, de Kaion, de Hatcliian, patries du clou de girofle, qu'ont monopolisé les Néerlandais.

Ternate (84,000 hab.) a parfois éclairé des rouges lueurs de son volcan le littoral de la grande île voisine: « Vois, dit le Camoens. vois Ternate et Tidore avec leur cime brillante qui lance d'ondoyantes flammes. Vois les arbres portant les clous ardents qu'achètera le sang portugais. 11 y a dans ces îles des oiseaux d'or qui ne descendont jamais à terre: on ne les contemple que morts. » Le volcan de Ternate, sommet assez arrondi n'a pas l,i)00 mètres de haut. On rencontre dans l'île quelques Hollandais, des Malais mahométans, légèrement mêlés autrefois avec (les sauvages de Gilolo, comme le témoigna leur langue, et des (Jrang-Sirani ouNaznrones. Les Orang-Sirani parlent malais ; ils ont perdu le portugais de leurs ancêtres européens, mais ils ont gardé la religion chrétienne. Les tremblements de terre ont quelquefois abîmé la ville de Ternate.

'ridore porte un volcan plus beau que le volcan de Ternate, plus pyramidal, plus élevé: son altitude est de 1,750 métrés (?). La population dominante de celte île, les Malais tidoriens, ont le type, la langue, la religion des Malais de Ternate.

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Mareh est entourée de récifs de corail, ainsi que Motir, volcan éteint. Makian se tapit au pied d'un volcan diminué par l'éruption de 1046, qui en fit écrouler la cime : en 1802, le cratùre de Makian a détruit beaucoup de vies humaines et envoyé ses cendres jusqu'à Ternate, à 80 kilom. au nord. Dans les petites Kaioa, l'islamisme règne sur des Malais influencés par l'élément papoua,

Batchian, plus ample que ses sœurs, a des fontaines chaudes et des geysers comme l'Islande et la Nouvelle-Zélande. Malgré ses richesses minérales, malgré sa houille, sa résine de dammar, ses forôts, sa beauté, elle contient peu d'liabi(ants; il n'y a guère Time qui vive dans les hautes montagnes de l'intérieur. Les Malais de Batchian parlent un langage fait de malais et de papouan. A côté de ces musulmans, les Orang-Sirani se distinguent par leur religion chrétienne, leur visage plus brun que le visage malais, mais où apparaissent quelques traits européens, leur dialecte malais où sonnent ça et* là des mots lusitaniens.

Obi émerge au midi de Batchian, dans la petite Méditerranée raoluquienne comprise entre Gilolo, Ceram et Buouore Dammer n'est séparée de l'extrémité méridionale de Gilolo -que par un petit détroit. Guébé s'élève entre une des deux pointes orientales de Gilolo et l'archipel de la Nouvelle- Guinée. Morty (315,000 hectares)," île de sable et de corail, a dû faire corps avec le grand tronc de Gilolo : il n'y a pas plus de 40 kilomètres de Morty au cap terminant la péninsule gilolieime du nord.

Bourou (330,000 hectares), pleine de forêts, donne asile à des Malais sectateurs de l'islam et à des sauvages ressemblant aux autochthones du nord de Gilolo. En s'en rapportant à quelques traditions des insulaires des Tonga et des Samoa Bourou aurait été le point de départ des émigrations qui de proche en proche ont peuplé les îles de la mer du Sud de tribus polynésiennes.

r Céram(l8i;i,00O hectares) a, comme Gilolo, plus de 300 kilom. de longueur, mais elle s'allonge de l'est à l'ouest et non du nord au sud. Cette île, toute en forêts, n'a de demeures humaines que sur la côte, le long de laquelle les habitants

plantent le cacao et le café ou vivent sans travail à l'ombre du palmier sagou. Cet arbre précieux, qui vient dans les fonds humides et les terres tour à tour noyées et abandonnées par Tean de mer, fournit aux insulaires de Céram leur pain et leur maison : le pain par la fécule tirée de ta moelle, la maison par les nervures médianes de ses feuilles colossales, nervures si solides qu'elles servent de poutres et de planclies. La population dominante e<t une race indigi-ne que son type rapproche des l'apouas et des Alfoures de Gilolo et de Rourou. L'islamisme s'étend sur la côte du nord et de l'est, le christianisme dans le sud-ouest.

A 100 kilomètres au nord de ('.éram, entre cette île et l'archipel néo-guinéen, Mysol a sa c6te peuplée de Papouas influencés de sang malais, et dans son intérieur des tribus de Papouas sauvages. A la prédominance du type non malais, on pressent l'approche de la grande Papouasie ou Nouvelle-Guinée.

En face des rivages méridionaux de Céram, à l'occident, la montueuse Amboine, faite de deux terres ralliées par un isthme de sable, nourrit l(i2,0U0 hommes sur moins do iOO,(iOO hectares, ('/est une Java au petit pied. La Hollande lire de beaux revenus de ses plantations de muscade, mais le clou de girofle, importé de Ternato, n'y a pas réussi. Les riclies cultures, 8ur un sol rouge que perce le corail, n'occupent point toute l'Ile ; il y a encore de profondes forêts ù. Amboine, dans la montagne où les volcans ont cessé d'érompre. Les Malais forment la m.'ijorilé parmi ces insulaires. A côté d'eux vivent des Orang-Sirani, chrétiens dont le visage porte l'empreinte lusitanienne, des métis do Malais et de Papouas, des Chinois, des Hollandais. Dans la ville d'Amboine (I0,000iiab.), réside le gouverneur des Moluqucs néerlandaises; le malais que les chrétiens y parlent renferme beaucoup de mots portugais.

Au midi de Céram, le petit archipel de Banda fournit aux Hollandais de très-grands profils par ses plantations de muscade, les plus importantes du monde. Les quatre îles de ce groupe ont le bonheur de î^e trouver en dehors du cercle d'inlluencc des vents brûlants que souffle vers le nord la bouche de chaleur du sahara australien. Il y pleut considérablement.

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et sur le terrain volcanique, la noix de muscade mûrit à la pcrfcclion sous l'ombruge des grands arbres. « Vois, dit le Camoen?, qu'on pourrait citer cent fois à propos de ces mers, pleines jadis de la grandeur portugaise, vois les îles de Banda^ (îmaillées de couleurs, de fruits rouges, d'oiriCtiux diversicolores vivant du tribut de la noix verte. » Le superbe volcan de Banda fume toujours. « C'est un cône parfait, ayant le profil et presque la régularité des pyramides d'Egypte. » L'archipel de Banda craint les tremblements de terre. Ses habitants, originairement Papous, se sont considérablement modifiés par des apports malais, arabes, portugais et néerlandais.

Au sud-ouest de Banda, la chaîne volcanique de cet océan se continue par le volcan de Gounong-Api, mince île isolée aux confins de la merde Banda et de la mer de Florès. De Gounong-Api, il n'y a que cent et quelques kilomôtres jusqu'à "Wetter et Roma, deux îles volcaniques arides situées dans l'orbite de Timor. Plus près de Timor que Wetter, Poulo-Cambing, ou simplement ÇambiDg, est volcanique aussi. — Le mot malais Poulo veut dire île.

Des caps orientaux de Céram part une traînée d'îles de diverse grandeur dirigées vers l'Australie et la Nouvelle-Guinée : Kilvvaru, Céram-Laut, Manowolko, Goram, les îles Matabello, l'île Ké, Timor-Laut.

Kilwaru, très-petite île de sable et de corail, porte une ville sur pilotis, ville commerçante fréquentée surtout par des négociants bougis et des marchands de Céram. Céram-Laut est environnée d'écueils de corail. Mano-wolko, longue de 24 kilomètres, n'entend bruire aucun ruisseau sur ses roches de corail, qui s'achèvent sur la mer par des falaises d'une soixantaine de mètres de hauteur. Le peuple, de race papouane, de religion païenne, a pour aristocratie des Malais et des Bougis légèrement transformés par quelques infusions de sang papou. On parle j\ Manowolko le même langage que dans l'orient de Céram et qu'à Goram.

Goram, cerclée de coraux, a 15 kilomètres de longueur. Ses habitants, d'origine mêlée, aiment le commerce et la navigation; ils vont trafiquer au loin, dans de simples canots, sur une mer hérissée d'écueils. Goram obéit à la religion de Mahomet.

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Les îles Matabello,KisiwoïGl Utasont protégées du large par une ceinture de curuil. Leurs sauvages, Papouas et païens, habitent de petits villages perchés sur des roches de même origine que la barrière de récifs. Par Téor, dont les insulaires sont aussi païens et papouas, par Boon, par Kaniloor, on arrive i\ l'île de Ké.

Ké projette sur la mer des falaises calcaires, prolongement des montagnes de l'intérieur. Ses habitants, de purs Papouas restés païens, tirent des superbes forêts de l'île des bois qu'on dit plus incorruptiblcsque le teck lui-même. Avec ces bois ils construisent des pirogues aussi élégantes au repos que solides dans la tempête. 11 est resté plusieurs mots portugais dans le malais dont use la race mêlée peu nombreuse de Ké.

Timor-Laut (;)00,000 hectares), Ile fort boisée, appartient aux Papouas. ICUe n'est pas plus loin de l'Australie septentrionale que de Cérara.

Aroii se trouve sur le chemin de Ké et de Timor-Laut à la Nouvelle-Guinée. Ses indigènes, l*apoiias sans mélange qui n'ont point abandonné leur immémorial paganisme, lui donnent le nom de Tana-Busar, ou Grande-Terre : à côté d'elle, en eiïet, les îles de son groupe sont insignifiantes. Arou a 130 kilom. de longueur, pour une largeur de GO à 80. Cette île est fort curieuse. Des chenaux ouverts de l'est à l'ouest la scindent en trois îles basses, Wokan au nord, Maykor au centre, Kohror au midi. Ces chenaux d'eau salée admettent les grands navires dune exirémitc i\ l'autre, mais leur largeur n'est pas en raison de leur profondeur ; on dirait des fleuves de 200 il 500 mètres de largeur. Des forêts interminables, partant de la côte, et des chenaux cachent l'oiseau de paradis, les kangurous, le gibier volant ou bondissant que perce de sa llèche le Papou, infaillible archer. Ces forêts s'étendent également sur les terres plates du nord et du centre et sur les collines calcaires du sud : collines plongeant dans la mer par des falaises où l'insulaire, -X des hauteurs périlleuses, va chercher des nids comestibles. Des négociants chinois, des Hougis résidant à Dobbo, place de commerce sur une petite île du nord-ouest, achètent les nids, les perles, le Irépang, les carapaces de tortue que leur portent les Papous

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des îles de l'est. Ici encore on retrouve des mots lusitaniens dans la langue et des traits quasi européens sur des visages noirs. Il n'y a que 240 kilomètres d'Arou à la Nouvelle-Guinée, par une mer peu profonde, et nul doute que la petite île a jadis dépendu de la grande. L'identité de plantes, d'animauXy d'insectes, le prouve.

CÉLÈBES^ coupée par l'Equateur, donne par son plus long littoral sur le détroit de Macassar. Ce bras de mer, profond sur le rivage de Célèbes, amincit sa lame d'eau à mesure qu'on se rapproche de Bornéo. Bien qu'assez voisines et sous la même latitude, ces deux îles divergent par leur nature végétale, leurs oiseaux, leurs grands et petits animaux. On dirait qu'entre elles s'étend un immense océan ou un large écart de longitude. Célèbes ne possède aucun des grands mammifères de Bornéo et de l'Asie.

Célèbes, située pouitant au milieu des îles semées entre l'Asie et l'Australie, semble un centre de création indépendant .1 la fois de l'Australie et de l'Asie. Ce centre de création, d'apparence plutôt africaine, n'aurait fait qu'un avec la lointaine Madagascar, et l'abîme des océans aurait dévoré les terres intermédiaires.

Célèbes l'emporte sur Java par la grandeur (20 millions et demi d'hectares) et peut lui disputer la palme de la richesse naturelle ; non de la richesse acquise, l'île n'étant pas le principal établissement des Hollandais dans cette mer.

(Juatrc presqu'îles nouées à un tronc regardant Bornéo composent cette île aux formes singulières ; ces presqu'îles sont séparées les unes des autres par les grands golfes de Bony, de Tolo et de Tominy, ouverts sur la mer de Florès et la mer des Moluqucs. Des montagnes remplissent le tronc et s'allongent avec les quatre péninsules. Les plus lières atteignent 2,300 mèlres. (Juclques-unes cachent de l'or, d'autres rejettent des laves : à l'-xtrème nord, dans le .Minahasa, posscT^ion néerlandaise. Cl a constaté l'existence de onze volcans, de sources chaudes, de volcans de boue. A l'extrême sud, dans le Macas-

sar, aufrc possession hollandaise, s'élùve le pic de Bonlync. Les Suvas, basses terres irriguées ou arrosables, sont le jardin de l'île; les riziôres, les plantations y bordent des forints magnifiques où les fruits tombés des arbres nourrissent le babiroussa, espèce de porc ayant quatre défenses : deux défenses naturelles à la mâchoire inférieure, deux à la supérieure, celles-ci à contre-sens; elles montent au lieu de descendre et se recourbent en arc comme des cornes jusqu'à la haulour de l'œil. Le riz vient aussi daris la montagne, dans les Kébon- Kring (jardins secs), jusqu'à 1400-1500 métrés de liaut; le café ménado, le meilleur de l'archipel, se récolte à partir de 300 à 400 mrtrcs d'altitude.

Les Hollandais n'occupent que la moindre partie de Célébes. Dans leur province du nord, le Minahasa, ils ont ci\ilisé dans l'espace d'une cinquantaine d'années des sauvages d'origine mixte, Papous croisés de Malais. Au commencement de ce siècle ces indigènes étaient barbares, quasi cannibales, et parlaient beaucoup de langues ; aujourd'hui ils cultivent paisiblement le café et apprennent le malais.

Un. million d'hommes c'est peu pour Célébes qui pourrait nourrir, valant Java, plus de 2b millions dhnb itants. La grande masse de la population se compose de Bougis, Malais nmsulmans très-portés au négoce et parlant deux dialectes, le bougi et le niacassar ayant chacune un alphabet original. A côté de ces Malais, qui souvent courent l'amoc (I), il y a dans Célébes des restes d'aulochthones , des Hollandais, quelques Arabes et des Chinois. Le christianisme a recruté quelques dizaines de milliers de païens dans les parties de l'Ile dont dispose la Hollande, le Macassar et le Ménado, qui font à eux deux 12 millions d'hectares et 330,000 Times. Vlaardingen {I80u0 hah.), ou Macassar, sur une excellente rade, est le chef-lieu du Macassar, Ménado la capitale des possessions

(1) Courir rnmoc, c'c&l la niélliodc malaise pour se suicider. Quand un MaliiiA se sent las de la vie, il saisit un kriss, poignard tortu, et s'élance furieux dans les rues en criant : <i Atnoc! jimoc !. » Il tue tout ce qull remontre, hommes, femmes, enfants, animaux. On s'ameute, on le poursuit et on l'abat comme un chien enragé. A Macassar il y a nn ou deux amoc en moyenne par mnjs,

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