‹ Géographie (volume 2)Chapitre 25 sur 104 · ARCHIPEL AUSTRALIEN · texte numérisé non relu

ARCHIPEL AUSTRALIEN

septentrionales, de ce Minahasa dont les voyageurs disent qu'on n'en peut décrire la beauté. La charmante Mcnado horde la mer de Célèbes, à l'embouchure de la riviùre qui sort du lac de Tondano et tombe presque aussitôt par une cascade de ISO mètres de hauteur.

Du cap septentrional de Célôbes, le cap Polisan, partent les îles Siau et Sanguir dans la direction des Phihppines. Leurs habitants ressemblent à ceux du Minahasa. Siau n'est qu'un volcan, Sanguir, un peu plus vaste, a fait périr, en 1855, deux mille individus par l'éruption de son cratère.

En vue des promontoires de l'une des deux pattes méridionales de Célèbes se profilent des îles dont les plus grandes s'appellent Mouna et Bouton (510,000 hectares).

Dans la direction de l'orient, l'île Soula-Mangola, trèsallongée, semblable à une petite Java, a pour habitants, ainsi que son annexe Soula-Basi, des Malais qui professent le mabomélismc. Soula-Basi est Irùs-voisine de Bourou,

Au midi de Célèbes se suivent, de l'orient à l'occident, les petites îles de la Sonde.

La plus orientale et en même temps la moins éloignée de l'Australie, Timor, est une terre volcanique de 450 à oOO kilomètres de longueur, de près de 100 kilomètres de largeur et d'un peu plus de trois millions d'hectares. Elle se partage entre des États indépendants, la Hollande, qui en retire du bois de sandal pour les temples et les maisons riches de la Chine, et le Portugal, qui s'occupe avec indolence de ce débris de son antique maîtrise dans l'océan des Indes. Timor n'a qu'un volcan actif, le pic de Timor, muet depuis iC3S. Les montagnes timoricnnes s'élèvent à 1,800-2,100 mètres, souvent nues ou nuancées d'herbes arides. Le sol de l'île est peu généreux, le ciel parcimonieux de pluies; la végétation, peu variée, point toulTuo, rappelle celle de l'Australie par ses eucalyptu.^ et par beaucoup d'autres plantes. Les Hollandais commandent à 900,000 individus, les Portugais à 150,000 :

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ceux-ci ont pour capitaln Dilli, ceii\-l;i Koupang. Les Timorions indt'peiitlanls, en perpi^liielle guerre civile, rossemblent de Irt-s-prùs aux Papouas de la Nouvelle-Guinée par la couleur, la chevelure, la figure, le caracltre enthousiaste, impétueux et joyeux. Dans les possei^sions européennes il y a des Paponas mélangés de Malais et peut-cl(re d'Indous, des Malais, très-peu d'Kuropéens, des Chinois en nombre croissant. Des chrétiens appelés Portugais noirs descendent de conquistadores lusitaniens et des femmes indigènes. Une « éclahoussure » d'îles et d'îloîs volcaniques relie Timor, la plus vaste des petites îles de la Sonde, à Pâli première terre asiatique ])ar SCS plantes et ses animaux.

Savou et Rotti, deux petites îles, hébergent une race i part, distinguée par de beaux traits!. On peut la supposer issue de l'alliance d'ancOtres malais avec des Arabes ou des Indous. Guetta (;ino,000 hectares) est une annexe septentrionale de Timor. De Timor à Florès on trouve successivement Ombai (220,000 hectares), Pantare, Lombata, Solor et Adonara.

A Florès (2 millions d'hectares) vivent comme h Timor des Malais, grands pirates, des" négroïdes seniblables aux Timoriens, des Portugais noirs, à l'ombre de six volcans dont les cuves bouillonnent encore. La Hollande y a bAli des forts sur plusieurs plages. Le détroit de Mangderaï s'ouvre entre Florès et Comodo, île sans habitants assiégée du côté opposé par le détroit de Sapy, qui bat aussi le rivage de Soumbava.

Sandelbosch, mi-hollandaise, mi-indépendante, s'appelle de son \rai nom Soumba on Tchindana : son nom néerlandais veut dire Forêt de Sandal. Les indigènes y sont de la race de Timor. L'île a 220,000 hectares.

Soumbava (l,î)0?,000 hectares\ divisée en fiefs de princes malais reconnaissant la suzeraineté des Pays-Pas, tiendrait -X Lomboc sans le détroit d'Alias. Le Timhoro, son principal volcan, commande de loin Bima, première ville de l'île. Il avait plus de i,;)00 mètres au commencement de 181;;; depuis l'éruption du mois d'r.Nril de cette année, l'une des plus terribles de rhistoire, il en a 3,000 ;\ peine : le tiers supérieur du cOne craqua dans la tourmente et s'cITondra sur les versants; le bruit s'en entendit jusqu'A Ternate et jusque dans

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l'île de Sumatra, à Bencoulen. Un lac dort aujourd'hui dans le fond de ce cratère qui coula la vie à oO,000 hommes par l'éruption, la famine et les épidémies consécutives. La pluie de cendres s'étendit jusqu'à Sumatra, en Australie, à IJornéo, faisant en plein jour la nuit dans un rayon de iiOO kilomùtres. Sur la mer, la pierre ponce vomie par le Timboro formait une couche d'un mètre d'épaisseur. Parmi les vingt volcans de Soumbava, le Timboro n'est pas le seul dangereux, le Gounong- Api et le Vader Smid se font redouter par leurs éruptions. Cette île peu salubre pèche par de mauvaises eaux et par un sol sec où croissent de préférence des plantes épineuses, l^lle n'a guère que 75,000 habitants; les Malais qui l'habitent semblent parents des Bougis de Célèbes. Les Européens n'y sont même pas cent.

Dans l'île de Lomboc ( o50,000 hectares ), la principale ville a nom Matasam. Pareille à Soumbava, Lomboc n'offre à la végétation qu'un terrain sec, mais des irrigations merveilleusement combinées portent aux champs disposés en terrasse lu fécondité que développe l'action de l'eau dans les pays à soleil. L'Lurope n'a pas de plus beaux arrosages. Le tigre, inconnu dans l'île voisine de Soumbava, prélève ici sa dime sur les animaux des bois. Le volcan de Lomboc lève sa cime à près de 2,500 mètres. Les insulaires, les Sassac, Malais mahométans, obéissent à une aristocratie de Malais brahmanistes venus de Bali.

Avec Bali, Lomboc constitue une possession hollandaise de près de 1,200,000 hectares avec 860,000 hommes. Le chenal étroit (20 à 25 kilom.) qui divise les deux îles sépare le monde australien du monde indou. En allant de l'une à l'autre, on change de création, comme si l'on passait d'Europe en Amérique.

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