EGYPTE PROPRE
le reste étant terre saharienne vide, hormis dans les rares oasis et sous les tentes de quelques ravines. La grande masse des Égyptiens se compose de fellahs, laboureurs d'origine arabe, tantôt purs, tantôt môles d'éléments noirs ou coptes. Les Coptes, au nombre de 200,000, la plupart citadins et tous chrétiens de forme, descendent, avec plus ou moins de croisemenls, des anciens Égyptiens. Leur type, oscillant entre le type de l'homme blanc et celui du Négroïde, mais plus voisin du premier que du f 'îcond, reproduit assez fidèlement la physionomie des mor(,s embaumés qui remplissent les cavernes funéraires des rochers du fleuve. Les Turcs, anciens dominateurs du pays, s'alliaient aux femmes arabes et à des esclaves importées du Caucase; on en compte 300,000. Les Arabes nomades, ou Bédouins, sont, paraît-il, 100,000 environ. Les Européens, surtout les Italiens et les Français du Midi, gagnent rapidement en nombre à Alexandrie, au Caire, à Port-Saïd, à Suez, sur le trajet du canal de l'isthme. Ils sont maintenant 85,000, mais leur accroissement provient d'une immigration active, non de la supériorité des naissances sur les décès. L'Egypte dévore les étrangers qu.'ellc attire. Si tous ceux qu'elle a tués par son soleil et ses fièvres avaient été momifiés, ses immenses nécropoles ne les contiendraient pas et le mort envahirait la maison du vivant. Les enfants des Européens et des Turcs succombent presque tous avant de devenir des hommes. Les Arabes se maintiennent et même s'accroissent par l'excédant des naissances sur les décès, et par la constante arrivée d'esclaves amenés du midi : 70,000 Nègres ou Gallas, razziés, achetés, volés, renforcent annuellement l'empire égyptien. Que cette importation continue, et les femmes noires ou bronzées transformeront la race arabe en Egypte, comme elles le font dans l'Arabie même.
Les Arabes formant la majorité en Egypte, l'islamisme est la religion générale, l'arabe la langue usuelle.
La résidence du vice-roi, le Caire, porte en arabe le nom de Mesr-el'Cdhirah, la victorieuse. Elle marche à la tèle de toutes les villes arabes et africaines par sa population de 315,000 habitant?, dont 20,000 Européens. A 1,800 mèlres du Nil, sur lequel Boulak est son port, elle adosse à la colline do
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Mokattam (200 mi^'t.) la masse de ses ruelles sans pavés, ses 400 mosquées à minarets, ses jardins, ses palmiers, ses cyprùs. On dit la mosquée du sultan Hassan supérieure à l'Aliiambra lui-mî^me. Le Caire est peu éloigné des Pyramides, d'où plus de quarante siècles contemplent la misùre des fellahs, non loin de Mempliis, qui fut la rivale de Thèbes et qui plus que Thôbesaperdu ses palais, ses temples et ses tombeaux.
Alexandrie (240,000 hab.), à l'embouchure du canal de Mdlimoudieh, dérivé du Nil, sur une île et sur des dunes littorales, prés du lac Maréotis, regagne par le commerce une partie dp son ancienne importance. Il y eut un moment où elle ne reconnaissait dans tout l'empire romain de rivale que Rome et la dépassait dans les travaux de l'intelligence. Cité en apparence aussi occidentale qu'arabe, elle loge prés de 55,000 Européens.
Trois villes mi-européennes mi-arabes, villes d'avenir, bordent le canal de Suez : Port-Saïd, sur la Méditerranée ; Ismaïlia, sur un des lacs salés qu'utilise le canal ; Suez, sur la mer Rouge, dans une contrée brûlée, que vivifie un canal dérivé du Nil.
Des oasis égyptiennes, la plus fameuse jadis, l'oasis de Xipiter-Ammon, s'appelle aujmird'hui Siouah. La dépression qu'elle occupe est inférieure au niveau marin. Ses habitants sont de race berbère.
En remontant le Nil, l'Kgypte a étendu sa domination sur la Nubie, le Sennaar et le Kordofan : en tout 130 millions d'hectares et 2,500,000 habitants.
La NUBIE a tiré son nom de son peuple Qutochlhonc, les Nouba. C'est la conlinualion exacte de l'Egypte : à l'ouest, le désert libyen avec quelques oasis; àl'est, le désert encore, avec des montagnes dépassant par quelques pics l'altitude de 2,000 mètres; au delà de ces monts, la mer Hou^'.
Au sein de ce désori, solitude aflYeuso qui s'appelle aussi bien di'sert de Koro.-«ko ou désert de lîayouda, que Hahrr.ela-Ma (Mer sans eau), la vallée du Nil constitue toute la