CONGO
L'Equateur passe surla colonie française du Gabon {V.France, colonies d'Afrique). Au midi du Gabon et des bouches de rOgoouaï, Iri's-gros lleuve appartenant aussi à la France, le Congo, appelé par quelques-uns Nigrilie méridionale, s'étend au sud jusqu'au cap Frio : là commence une mer peu profonde, hérissée d'écueils, le long d'un rivage de sables calcinés menant à la colonie du Cap.
Dix ans avant qu'un vaisseau portugais eût tourné la borne du cap des TempOtes et sillonné la mer qui vit surgir Adamastor, l'amiral lusitanien Diego Cam avait déjà exploré le delta du Zaïre, fleuve que les indigènes appelaient Moicnzi- E/njaddi (l'Fuu Puissante), et noué des relations avec Ambassée, capitale du vaste empire du Congo, dont dépendaient de nombreux et puissants feudataires. Fn 1509, trente-cinq chrétiens, aidés, dit la légende, par une cavalerie d'anges aux ordres de saint Jacques, détruisirent une innombrable armée de païens. Trois ans après, Dom Affonso I*'^ fervent disciple du Christ, envoyait, par une ambassade, au roi de Lisbonne, la lettre autographe sur laquelle les Portugais se fondent aujourd'hui pour réclamer la totalité des territoires qui formaient autrefois l'empire du Congo. Il recevait un évèque et de nombreux colons européens dans sa capitale, qui avait pris le nom de Saô-Salvador, et aidait ses amis les Dominicains à bâtir une belle ville, douze grandes églises en pierre, des couvents, des séminaires et des palais. Ces temps de splendeur s'évanouirent; l'Furopécn en a perdu le souvenir, mais le Noir émerveillé s'en sou\icnt encore. Les églises et les palais s'efTondrérent avec l'empire dont ils avaient fait la force et lagloire; de hauts palmiers grandin-nt sur leurs ruines. Hienlôt le Congo ne fut plus qu'un pays de chasse, où l'on traqua les esclaves destinés aux provinces brésiliennes de Saô-Paulo, de Minas-Geraes et de Goyaz. Ce malheureux pays se saigna pendant 350 ans aux quatre veines pour enrichir le Brésil,