COLONIES ANGLO-HOLLANDAISES
Les colonies anglo-hollandaises embrassent la pointe australe de l'Afrique. Elles paraissent destinées à commander dans un prochain avenir à tout le midi du continent. Actuellement, elles se divisent en cinq Etats : la colonie du Cap, la Cafrerie anglaise, i\atal, l'Etat libre d'Orange et la République de iransvaal. Les trois premiers sont des provinces anglaises, les deux autres, indépendants de l'Angleterre, obéissent en réalité à sa prépondérance, mais ils s'administrent eux-mOmes, et l'élément hollandais y a beaucoup plus de force que l'élément anglais : d'où leur nuni commun de Hépubliqucs ausirohoUandaises, ou Républiques des Bocrs (pr. Bours). Buër, mot hollandais, signifie paysan, colon.
400 GÉOGRAPniE,
COLOxME DU CAP.
I.a colonie du Cap est un ancien établissement hollandais. Prise parles Anglais pendant les guerres de l'Empire, elle leur resta en 1815, et depuis ils ont beaucoup étendu sa sphùre d'action, en même temps que les Hoërs et les immigrants anglais poussaient vers Tintérieur les limites de leurs cultures et le domaine de leurs troupeaux.
Maintenant, de la mer au fleuve Orange, les deux provinces du Cap ont presque la grandeur de la France, 51 millions d'hectares, avec prùs de 600,000 habitants.
Le littoral de celte colonie mérite autant le nom de Cap des TempOtes, donné à ses dangereux promontoires par les découvreurs Portugais, que celui de Cap de Ronne-Espérance, imposé plus tard par un monarque enthousiaste. Les ports y sont rares et mauvais, le Cap et Porl-Élisabeih, les plus fréquentés, nécessitent de grands travaux. Les navires sillonnent la plaine liquide de l'Afrique australe sans crainte de voir sortir des flots le géant Adamaslor, mais ils se méfient du rivage, de ses vents et de ses vagues. Au large du Cap de Bonne-Espérance, sur les flots où se re[icon(renl l'Atlantique et la mer des Indes, on a vu des vagues de 15 à 18 mt'lres de hauteur, et des glaces flottantes détachées du pôle Antarctitjue se hasardent jusque-h\.
Derrière ce rivage imparfait, s'allonge une étroite bande de terres, le plus souvent arides, nuancées de bruyères ;\ fleurs diversicolores, d'arbustes blanchâtres rôtis par le soleil, de mimosas où le secrétaire, oiseau à longues jambes, guette le serpent pour l'écraser à coups de pattes." Ces terrains sont coupés par des i^ourl (delilés) et des kloof (gorges, lits profonds), où de rares averses font tomber des torrents, que les sources des monts sont trop rares pour maintenir en lit plein. iVesque toutes les rivières sèchent avant d'arriver i\ la mer et ù l'Orange, ou ne laissent d'elles que des flaques sales; c'est à ces lagunes d'eau suréchaulVée qu'il faut recourir quand un ciel d'airain a tari les fontaines.