CÔTE ORIENTALE D'AFRIQUE, ZAMBÈZE
Delà colonie anglaise de Tort-Natal à l'Equateur, et do l'Equateur aux limiles historiques de l'Abyssinio, au conflucul du fleuNC llaouach [12" degré nord], la mer des Indes est côtoyée par une région mal appropriée aux liuropéens en raison
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le sa chaleur et de son insalubrité. Elle porte différents noms [u'on réunit sous celui de côte Orientale. L liasse le Port-Natal, en remontant au nord, on rencontre l'abord les kraal (villages de huttes), les pâturages, les forêts les Cafres Zoulous. La contrée, bien arrosée, est belle. La )aie Delagoa, où débouche le Limpopo, venu du tleuve Transr^aal, vient, dit-on, d'être achetée à moitié par les Boërs transi^aaliens, la moitié septentrionale restant au Portugal.
A partir de cette baie, en tirant sur le nord-est, les Portugais îtendent leur pouvoir, plus nominal que réel, sur 99 millions l'hectares et sur 300,000 hommes. Le pouvoir des Lusitaniens iate ici des jours de leur grandeur, lorsqu'ils régnaient sur outesles côtes d'Afrique, deSanta-Cruzà la mer Rouge, quand Is cherchaient dans l'intérieur le fabuleux royaume du PrèreJean, lorsque Albuquerque trônait dans l'Inde et que dé- )utait la colonisation du Brésil, plus grand et plus merveilleux jue l'Inde même. Le Portugal se crut trop riche, il négligea .'Afrique; tout au plus essaya-t-il deux fois d'atteindre, dans la région du Zambèze, les mines d'or de Manica et de Chicova, ît maintenant la colonie européenne, qui aurait pu se porter )Ur les terres plus saines de l'intérieur et ne consiste qu'en pauvres comptoirs, avec quelques blancs amis de la sieste.
La côte portugaise s'appelle d'abord le Sofala,du nom d'une t-ille de commerce où l'on a cru retrouver l'Ophir de Saloïîon. Sofala se tient au bord de la mer, dans des marais d'où [nonlent les fièvres. Plus au nord, le littoral s'appelle MONO- MOTAPA, et laisse passer le Zambèze.
Le Zambèze, le cours d'eau le plus fort de l'Afrique australe et orientale, deviendra la grande voie entre la mer des Indes et l'intérieur du continent. Son cours supérieur sur le liant plateau nous est encore inconnu ; le cours moyen, paraîtil, sépare les tribus cafres de peuplades d'autre origine; le cours inférieur commence au pied de la formidable cataracte de'Mosioalounya (Fumée Tonnante). Les Angl.iis se seraient crus bien misérables s'ils n'avaient nommé cette merveille de la nature la cascade de Victoria.
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Cent six mètres de hauteur, une masse d'eau énorme donnent à la chute du Zambîze le droit de s'égaler au moins à la chute du Niagara, qui ne tombe que de 45 à 50 mètres Mosioatounya l'emporte en originalité sur sa rivale. l]!le ne se précipite pas dans un bassin largement ouvert à ses pieds devant elle, mais dans une crevasse résultant de la ftMure d'une roche basaltique. La nappe d'eau qui s'engouffre a 2,200 mètres de largeur, en deux bras séparés par une île dont les cocotiers rappellent qu'on est près du Tropique. Du fond de la fissure où se broient les eaux du Zambèze montent des colonnes de vapeur qui s'élèvent à des centaines de mètres au-dessus de l'abîme, puis le tleuve s'enfnil par un profond chenal en zigzag vers un lit plus tranquille et plus ample.
Bien au-dessous de Mosioatounya, les rapides de Kaord Vassa arrêtent, dans la saison des basses eaux, les navires calant quatre pieds ; dans les hautes eaux, ces rapides s'ell'accnt. A Tcté, comptoir portugais, le fleuve a plus de 2 kilomètres et demi de largeur, mais, en aval, dans les gorges de Lupata, son lit se réduit à 2ô0 mèlres ; il est vrai que dans ce passage les crues s'élèvent à to ou 18 mètres. Près de Scnha, il absorbe le Chiré, rivière importante fermée à la navigation, à 200 kilomètres en amont du confluent, par un escalier de neuf cataractes. Le Chiré mène vers de grands lacs, que suivent d'autres lacs vus par le voyageur Liviugstone ou connus seulement par ouïdire : lels le Cliiroua, qui a 125 kilomètres sur 30; le Nyassa, long de 300 kilomètres, large de 100, et situé à 463 mèlres d'allilude ; l'Onnyamési, le Tanganyika (4*^0 kilomètres sur 03; altitude 502 mètres). On ne sait pas encore quels sont les rapports de ces lacs avec les bassins des fleuves africains. Grossissent-ils le Zambèze, le Congo, l'Ogoouaï, le Nil même? — Le Zambèze s'aclièvc par un delta (ouvrrf d(^ forOls. Le Couamo, bras principal, débouche près de Quillimane.
Au nord du Zambèze, le littoral qui fait face j\ .Madagascar, s'appelle MOZAMBIQUE et aj)partient aussi aux Portugais» La capitale de toutes les possessions lusitaniennes de la côte orientale, Mozambique, s.ir un écueil volcanique voisin du
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rivage, compte quelques centaines d'Européens et quelques milliers de Noirs. Le climat de ce littoral, au nord comme au sud du Zambèze, est tellement malsain que la métropole n'y envoie que des condamnés, et ceux-ci, presque tous hommes fortement trempés, y meurent à raison de près de vingt pour cent par an. « De cent Européens, il n'en reste, après cinq ans, que cinq, six ou sept. » Mozambique forme, avec deux autres petites îles, un excellent port. Elle a embarqué pendant des siècles d'innombrables milliers d'esclaves : les uns sont morts sur les vaisseaux négriers, les autres dans les plantations d'Amérique. C'est ainsi que le Brésil a grandi par les douleurs de l'Afrique.
Au Cap Delgado, rers le dixième degré de latitude australe, la domination portugaise a son terme, et là aussi s'arrêtent les peuplades cuivrées qui, ne se connaissant pas assez pour s'ûlre donné un nom colieclit", ont reçu le nom de Cafres des Arabes, depuis de longs siècles pirates, converlisseurs et marchands dans ces régions. Aux tribus cafres, commandées par une aristocratie guerrière, souvent renouvelée dans les combats, succèdent les Saoualiili (en arabe, habitanis du Sahel ou littoral). Jusque vers Mombas, le rivage se nomme plus spécialement Mzima (colline), et il a pour habitants des Nègres métissés d'Arabes, les Vamrima (hommes des collines), de religion musulmane. Derrière les Vamrima, dans l'intérieur, vivent des Noirs non mélangés, restés païens, les Vaginsi (esclaves) ; ces indigènes, dont les peuplades se suivent au loin jusque sur les rivages des grands lacs, sont la source intarissable où puisent les Arabes trafiquants de chair noire; c'est de là qu'ils approvisionnent d'esclaves et de concubines une partie de la côte d'Afrique et d'Asie, de l'archipel des Comores à la ville de Mascale.
Quiloa, grand centre du commerce des esclaves, donne son nom à la côte qui s'étend au nord du cap Pelgado. Vient ensuite le littoral do Zanzibar, ville de -40 à 50,000 habitani?, dans une île qui en a près de 1 00,0<iO. I/ile de Zanzibar est séparée du continent par un détroit qui a 31 kilomètres de travers dans la partie la plus resserrée ; la longueur de l'île est de 83 kilomètres, sa largeur maxima de 33 ; sa colline la
plus fiùre ne s'élève qu'à ioO mùlrcs. Au nord du littoral de Zanzibar commence la côte de Mélinde. A divers degrés de servitude, de la soumission pure au simple hommage de suzeraineté, ces trois rivages relèvent d'un sultan originaire de la ville arabe de iMascale. Du cap Delgado au fleuve Juba ou Ojoub, la population se compose d'éléments divers : les Noirs aulochlhones y ont beaucoup gagné en noblesse de physionomie par de nombreuses alliarices avec le sang arabe (et peutêtre le sang cafre), et leurs idiomes se rapportent à la grande langue banlou.Les Arabes, qui sont nombreux dans les villes de commerce, ont répandu leur langue en même temps que leur religion, apprendre le Coran dans l'idiome de Mahomet étant le vœu de tout Musulman. Il y a beaucoup de Banyans, négociants indous, dans les ports du rivage et des îles de corail qui l'accompagnent. Les Portugais, jadis les maîtres de toutes ces plages, ont disparu de leurs comptoirs un moment florissants et fameux de Quiloa, Mombas, Mélinde, Brava, Magadoxo.
La côte des Saouahili, serrée de près par les plus hautes montagnes connues de l'Afrique, le Kilimandjaro et le Kéuia, profite à la fois du soleil équatoiial et de la neige des grands sommets. La végétation y est aussi exubérante dans le plat pays que le climat accablant et pernicieux, mais quand on a dépassé l'Kquateur, à mesure qu'on approche du foyer brillant de l'Arabie et de la cuvette torride de la mer Bouge, la nature perd de son opulence. Aux environs du cap duardafui, appelé jadis, dit Camoëns, le cap Aromates, l'aridité du rivage et de SOS montagnes rappelle, en beaucoup d'endroits, l'indigence des déserts. La côte d'Ajan et la côte d'Adel parlent toutes deux de ce cap Guardafui. La première court au sud ;\ la rencontre du littoral saouahili, la seconde ;\ l'ouest jusqu'au pied de la citadelle montagneuse de l'Abyssinie.
Vi encore les Arabes exercent une influence très-considérabh' : l'Arabie est si près, avec sa réserve inépuisable de guerriers, de (onimerçants, de chasseurs d'hommes. Mais les Arabes, qui ont converti une fraction des indigènes à l'Islam, ne dominent que sur le littoral. Dans les monts de l'intérieur, dans les vallées embrassées par des parois de roche et des volcans assoupis ou éteints, on retrouve cotte belle race dont la peau
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noire ou bronzée, avec toutes les nuances intermédiaires, ne détruit point la noblesse de traits. Noblesse puisée vraisemblablement dans une origine indoue ou sémitique, et maintenue jusqu'à nos jours par les croisements avec les Arabes. A celte race, qui ne peut renier ni ses pères nègres, ni ses ancûtres à type supérieur, appartiennent les farouches et fourbes Somali et les Adcl, peuples qui ont maintenu leurs langues vis-à-vis des Arabes dans les régions en arrière de la côte. Ils sont évidemment parents des Abyssiniens, retranchés près de là dans leurs montagnes, des Uanakils, des Gallas, etc.
Derrière les Saouahili, les Somali, les Adel, pèsent les féroces Gallas, ces négroïdes nombreux, audacieux et féconds qui dépècent l'Abyssinie et portent leur sang à l'Egypte et à l'Arabie par les enfants et les femmes qu'on leur dérobe ou qu'ils vendent. Ils ont déjà maintes fois ravagé le littoral de la mer des Indes. Quoique voisins de cette mer Rouge que les Européens ont de toutlemps pratiquée, leurs monts à frimas, leurs forêts, leurs savanes, leurs fieuves descendant au Ml ou à l'océan Indien, nous sont encore à peu près inconnus. Ils ne le resteront pas longtemps, car le pays des Gallas se trouve sur le chemin le plus court entre la mer, le Nil supérieur et les grands lacs.
Les îles Açores sont aussi près de l'Europe que de l'Afrique, mais, d'habitude, on lesattribueà cette dernière, peutêtre parce que Madère et îles du Cap-Vert, autres possessions portugaises, tippartiennent réellement à la mer africaine.
Les Açores regardent, à 1,000 kilom. de distance dans la mer qui va do Lisbonne à New- York, les rivages occidentaux du Portugal. Sans comprendre les îlots, elles sont au nombre de neuf, couvrant ensemble If'-8,000 hectares, avec 2i30,000 habitants. Corvo, la plus plus petite et la plus au nord, n'a pas 2,500 hectares ; Santa-Maria est la plus méridioniil»^. ; Saint-
Michel (80,000 hectares), la plus grande. Pico a le plus haut sommet, un volcan de 2,400 miHrcs dont la cime, fumante, diton, resplendit de neige pendant quatre mois de l'annÔL'. Les autres îles se nomment Florès, Fayal, Saint-George, Graciosa et Terceira. Toutes sont montagneuses, toutes volcaniques et sujettes aux tremblements de terre; toutes enfin se signalent par la mOme fécondité dans leurs ravins, dont le sol est composé de laves délitées. On croit que l'archipel pourrait soutenir l,oOO,000 habitants, six fois la population actuelle, Inais presque tout le terrain reste inculte. La faute en revient aux majorats qui arrjîtunt le développement de la petite culture, si prospère dans les pays du midi. Le climat, le m«?me que dans le sud du Portugal (moyenne annuelle, 17° 5), favorise surtout l'oranger : on y voit, dit-on, des arbres mêlant 25,000 oranges aux feuilles et aux fleurs de leurs rameaux. L'Archipel expédie par an cent millions d'oranj^'cs en Lurope. La vigne donne des vins qui ressemblent à ceux de Madùre.
Les Portugais ont à la fois enrichi et appauvri les Açores. Quand ils débarquèrent pour la première fois dans les mauvais ports de cet archipel aux rives roides, ils n'y trouvèrent ni hommes ni mammifères. Ils le peuplèrent et lui firent présent des animaux de l't^urope, mais ils ne tardèrent pas à enlever à ses monts leur couronne de forêts, il n'y reste maintenant que des arbres isolés et des bouquets de cèdres, de pins et de sapins.
La pfipulalion descend de colons portugais, fortement mélangés de Llamands; elle parle le portugais et professe la religion catholique. Après avoir fléchi pendant quelques années, elle est remontée au chiffre de 250,000, qu'elle avait atteint longtemps auparavant. L'émigration a beaucoup d'activité dans ces îles. Les A(;oriens peuplèrent les premiers des districts brésiliens qui sont aujourd'hui des provinces grandes comme des royaumes; maintenant, ils gagrient en grand nombre le Brésil, qui est le principal rendez-vous de l'exode portugaise, les Antilles, la (iuyane anglaise, et même une pioNince métropolitaine, l'Algarve, qui est faiblement peupler. Ainsi les Açores rendent en partie au Portugal ce qu'elle^ reçurent jadis de lui. Franchir la mer coûte si peu à ces insulaires que
beaucoup d'entre eux partent tous les ans pour le Brésil, comme les maçons de la Creuse pour Paris; ils louent leurs bras pour la récolte, font quelques économies, reprennent la mer et rentrent au logis jusqu'à la saison suivante. Beaucoup d'Açoriens servent sur les baleiniers des États-Unis.
Les trois maîtresses villes, Ponta-Delgada,Angra,Horta, renferment IG,000, 12,000 et 0,000 habitants.
Au sud-ouest de cet archipel, en tirant sur les Antilles, des fucus appelés raisins des Tropiques sont soutenus à la surface de l'Océan, où ils ne plongent point de racines, par des vésicules pleines d'air. Ils recouvrent de leur tapis d'un vert rouilleux ou jaunâtre une étendue d'au moins 400 millions d'hectares. Cet espace, égal à plus de sept France, a nom la mer de Sargasses. Il y a d'autres champs immenses de fucus sur l'Atlantique et le Pacifique.
Madère n'est guère plus loin du cap Saint-Vincent (Portugal) que du littoral de l'empire marocain. Cette île fait à peu près toute l'étendue d'un archipel portugais de 81,500 hectares. Porto-Santo, au nord, autour d'une montagne aiguë, n'a que 10 à 12 kilomètres sur 4, et 1,500 habitants : c'est par elle que les Portugais inaugurèrent ,en 1418, l'odyssée de leurs découvertes. Les Dos Santos ont une très-faible surface. Les lies Désertes sont trois écueils.
Madère, longue de 50 kilomètres, large de 20, donne toute sa surface à des monts et à des gorges : monts volcaniques, gorges de basaltes et de laves; le Pico Ruivo, sa tète la plus haute, se dresse à 1,800 mètres environ. Les pentes de ces pics, lors de la découverte de l'île par les Portugais JoAo Gonçalvez et Tristan Vaz (1419), étaient chargées de forOls, et c'est même de là que vint le nom de Madère, en portugais Madcira (bois, madrier). Les forêts incendiées par les premiers colons couvrirent les laves décomposées, de cendres qui augmentèrent encore li fertilité du sol; Madère produit le café et la canne à sucre* mais sou
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fameux vignoble, jadis la riclicsic de l'île, a fiilli disparaîire devant roïdiiiin.
Depuis quelques années, .Madùre a été choisie pour slalion médicale par des cenlaines d'Anglais qui viennent y combattre la plilhisie pulmonaire, et souvent la guérir.
11 y a U 1,000 iiabitants dans l'archipel de Madère. Ainsi qu'aux Açores, la population est de souche portugaise, elle est catholique et parle la langue de Portugal. De mûme aussi elle s'accroît lentement ou se mairitient à peine, par suite d'une émigration très-forte vers le Brésil, la Guyane anglaise et les Antilles. Les Madériens se louent surtout pour Démérara, dans la mortelle Guyane ; ils y vont faire une saison de travaux agricoles, et reviennent avec quelque argent, quand ils n'ont pas été niuissunnés. Le siège du gouvernement, Funchal, renferme 18,000 ûmcs.
Les lies Canaries font face au Maroc, vers les parages où l'empire barbare confine au Grand-Désert. La distance de l'Archipel au continent varie entre 90 kilomètres pour Fortaventura et 280 pour l*alma. Ce sont les îles fortunées des Anciens perdues de vue dans les^ténèbres du moyen flge, retrouvées, dit-on, par les Génois en 129.), et colonisées par les Espagnols à partir de 1478. Llles dépendent de l'Lspagne.
L'Archipel couvre 727,000 hectares de ses sept grandes lies peuplées et de ses cinq petites îles inhabitées. Sa population monte à 2."16,000 individus. Los grandes îles sont Palma, à l'ouest extrême; Gomera; Ténériffe, la plus vaste (l*jj,(i00 hectares); Canarie (1 011,000 hectares); lîle de Fer, d'où beaucoup de cartes font partir les méridiens, à la dilTérence des cirtes anglaises, qui se rapportent au méridien de Greenwich, et des ("arles françaises, qui parlent de l'observatoire de Paris; Fortaventura et Lanzarotte, proches de la côte. ï.es petites lies s'appellent Graciosa, Alegranza, Santa-Clara, Lobes et Rocca.
'■l'as une seule des Canaries qui ne se redresse en montagne : Lanzarotte a son Monte-Famera (084 m.), Fuertaventura son
Monte de la Muda (683 m.), Canarie son Pico de los Pechos (1,951 m.), Gomera sa Cumbre Garojona (1,340 m.), Palma son Pico de la Cruz (2,356 m.), l'île de Fer son Pico de 1,520 m., Ténériiïe enfin son Pico de Teyde.
Toutes sont volcaniques, surtout Palma etTénériiïe. Le cratère de la Caldera (chaudière), dans Palma, au pied du Pico de los Muchachos (2,100 m.), surpasse les autres entonnoirs de feu de l'archipel ' par la grandeur de ses dimensions. Sa largeur est de 5 à 6 kilomètres; ses parois ont de 300 à GOO mètresde hauteur et se continuent encore de GOOà 900 mètres en altitude par le versant quasi perpendiculaire du Pico. Dans TénérifFe, le fameux pic de Teyde ou de Ténériffe montre par un éternel dégorgement de soulre, de vapeurs et de fumées, que sa noble pyramide n'a point encore fermé sa solfatare. De sa cime, revêtue de genêts grisâtres nommés rétamas, le pic de Teyde regarde au loin son archipel et sa mer, et de loin on l'aperçoit trônant à 3,715 mètres, c J'ai, dit Ilumboldt, j'ai vu dans la zone torride des contrées où la nature est plus majestueuse, plus opulente dans la diversité de ses formes végétales ; mais, après avoir visité les bords de l'Orénoque, les Cordillièrcs du Pérou et les belles v.illées du Mexique, je dois le déclarer, je n'ai rien trouvé de plus varié que Ténérilîe, rien de plus attirant, de plus harmonieux par l'heureux mélange de la roche et de la verdure. » Quelque part il dit aussi : « Pour chasser la mélancolie et rendre la paix à une âme douloureusement combattue, je ne connais rien comme vivre à Ténériffe ou à Madère. » Les Canaries méritent donc bien leur ancien nom d'îles Fortunées. Le climat, la plastique du sol, le mont, la mer, tout y est beau, seulement les chaleurs s'élèvent souvent à un très-haut degré, il n'y pleut pas assez, et le Sahara y envoie des escadrons de sauterelles. La température moyenne de Ténéritle, sur la côte, approche de 22 degrés.
Les,2oG, 000 Canariens ont dans leurs veines du sang espagnol, du sang tlamand, quelque peu de sang noir, et assez de sang guanche pour qu'un savant ail dit : « Le (Canarien moderne n'est autre chose qu'un (iuancho baptisé. » Les Cuanches, autochthones de l'archipel, formaient, à l'arrivée des Castillans, une
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petite nation agricole. Probablement, ils se rattachaient nu tronc des Berbères marocains. Ils furent exterminés, et deux il ne reste que la modification apportée à rélément envabis- Beur, les monuments barbares de l'île de Lanzarote, et des momies dans dos grottes, car, comme les anciens égyptiens, les Guancbes embaumaient leurs morts. On rencontre encore aux Canaries quelques Nègres, fils de ceux qui furent importés à l'époque où l'on cultivait la canne à sucre dans l'archipel. Le nombre des habitants augmente très-lentement, et on l'a vu diminuer, à certaines années, par l'émigration vers les Philippines et vers l'Amérique espagnole, surtout vers le Venezuela. Santa-Cruz de Santiago, dans l'Ile de Ténériffe, sur un rivage sablonneux, administre les Canaries, mais elle n'a que l(>,00u habitants, moins qu'une autre Santa-Cruz (12,000 habitants), sise dans l'île de Palma.
Les ILES DU CAP-VERT, possession portugaise, ne comprennent pas tout à fait 430,000 hectares, avec 07,000 habitants. Sur quatorze, il y en a dix habitées. Leur nom dit leur situation dans la mer d'Afrique : elles regardent laSénégambie française, le cap Vert des Luropéens, la pointe de Dakar des indigènes du Cayor. Toutes sont montagneuses, beaucoup ont encore des cimes fumantes.
Quel contraste que celui de cet archipel avec l'archipel de Ténéritlel Les Canaries montrent un éden en face du Grand- Désert ; les îles du Cap-Vert, malgré la fertilité d'un sol volcanique, deviennent un désert \is-i\-vis d'un littoral peuple. Bien que sur la côte du Sénégal et de la Gambie, il pleu\e six à sept mois par an, l'archipel du Cap-Vert reste des années entières sans voir tomber une goutte de pluie, comme en 1831, 1N32, 1833, et la population y meurt littéralement de soif. La séclieresse persistante paralyse la terre, et la famine, entrant en lice, prend p.ir elle-mOme ou fait fuir par l'expatriation le dixième, le cinquième, et jusqu'à la moitié di's habitants de ces lies. Si l'exagération n'a pas fausse les documents, la famine d'il y a quarante ans enleva ou fit partir
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30 à oO, 000 individus sur 56, 000. La plupart des émigrants des îles du Cap-Verlse dirigent vers le Brésil. Les 67, 000 habitants sont ou des Portugais de race pure, en très-grande minorité, ou des descendants d'Espagnols des Canaries, ou des Mulâtres et des Nègres. Tout ce monde professe le catholicisme et parle un portugais altéré par beaucoup de mots provenant des langues africaines que jargonnaient les Noirs introduits dans l'archipel.
La capitale se nomme Porto Praya; elle occupe une plage de la plus étendue des îles, Santiago, en portugais Saô- Tiago ou île du Cap-Vert. Santiago, fort malsaine, est assez bien arrosée par les ruisseaux descendus de ses montagnes (Pico de Antonio, 1, 350 m.). S'il y a plus de mille Blancs purs dans sa population, on y voit aussi beaucoup de INègres luisants, véritables fils de la noire Guinée.
Saint-Antoine, seconde en grandeur, possède un pic de près de 2, 500 mètres, le Paô de Assucar (Pain de sucre), qu'on dislingue de plus de 80 kilomètres en mer.
Saint-Vincent, séjour salubre, n'avait pas d'habitants quand lui arrivèrent, à la fin du siècle dernier, vingt familles de l'île de Fogo.
Fogo (le feu) renferme dans son sein son ennemi, un volcan de 2,700 mètres aux éruptions redoutables. C'est une île saine, mais des plus sèches de l'archipel et des plus exposées à la famine.
La charmante Brava (la sauvage) a été surnommée le paradis de l'archipel. Elle n'a presque pas d'arbres, mais le climat, dit-on, y vaut celui du Porlugal méridional, et l'eau ne manque pas X ses fontaines. La population provient d'émigrants de Madère et de familles chassées de Fogo, en 1680, par une grande éruption volcanique.
Boavista se vante d'èlre aussi salubre que Brava. Maio, au contraire, est insalubre. L'île de Sal, son nom le dit, produit du sel. Dans Saint-Nicolas s'élève le mont G'ordo(l2U0 m.}, volcan éteint.
Les îles du golfe de Guinée, Fernando-Po, l'île du Prince,
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Saint-Thom;i5, Annobom, se suivent presque en ligne droite du nord-est au sud-est, au nord et au midi de rÉquateur. Lin prolongeant au loin leur ligne, on arriverait à Sainte-Hélène.
Fernando-Po s'écrit ainsi dans la langue des Espagnols, les maîtres actuels de lîle, mais la véritable orthographe est celle du nom du découvreur portugais (1471), Fernâo do Pô. Bien pourvue de ports, de ruisseaux, de terrains volcaniques féconds, Fernando-Po, malheureusement, a contre elle un climat périlleux, et ni les Portugais, premiers possesseurs, ni les Espagnols n'ont créé de colonie persislante sur ses cent mille hectares. L'Kspagne y déporte des criminels et des victimes de ses guerres civiles. L'Angleterre seule y a fondé quelque chose : Clarence, petite ville de Nùgres, dut son existence, à partir de 1S27, aux Anglais attirés dans les parages du delta du Niger par les intérûls du commerce et par la présence dans ces eaux de la cruisière chargée de pourchasser les négriers. Le pic de Clarence, chargé de furets, se lève à 2,886 mètres; comme il émerge presque immédiatement de la plaine des mers, ce superbe pilier granitique paraît plus sublime encore; il fait dignement face au pic continental grandiose de (lamerones.
On évalue diversement la population de Fernando-Po A 4,000-20,000 habitants, des Nègres amenés paries Anglais et dos lîubies : ceux-ci sont des aulochthones de petilo taille, moins noirs que cuivrés, des païens qui jusqu'à ce jour ont méprisé les prédications des missionnaires.
Lile du Prince, en portugais ilha do Principe, dépend du Porlugal. Ses forêts touiïues préservent du soleil une multitude de ruisseaux nés dans de hautes montagnes dont la plus grande s'appelle Rec de Perroquet (Hico de l*apagaio). Les insulaires y parlent un portugais défiguré par l'influence d'idiiimes nègres, lile ayant eu pour premieis habilanls des aventuriers lusilaniens qui s'eni[)ressèrent d'importer des esclaves noirs. La capitale a nom Saint- Antoiue.
Avec l'île du Prince, Saint-Thomas (Saô-Thomé\ beaucoup plus grande, couvre près de 120,000 hectares, avec un peu moins de 20,000 âmes. Saint-Thomas s'élùve à 240 kilomètres environ du continent. Ses montagnes se dressent presque sous la ligne équatoriale; le pic de Saô-Thomé, point culminant, monte à 1,800 mètres.
Les montagnes de Saint-Thomas sont profusément boisées, leurs vallées ont toutes leur torrent constant, mais ces torrents s'extravasent, ils font des marais, et l'insalubrité de l'air mine les Européens fixés dans cette île, qui était beaucoup plus florissante autrefois. Pendant le seizième siècle, elle fui occupée par des Portugais planteurs de sucre et maîtres d'esclaves. Quand la renommée du Brésil eut grandi, presque tous ces planteurs passèrent la mer et se firent Brésiliens. L'île du Prince connut la même prospérité, partagea la môme décadence, et ses colons partirent aussi pour le Brésil.
Le petit peuple de Saint-Thomas provient de l'alliance avec les négresses du continent, des premiers Portugais établis dans l'île, qui était inhabitée lorsque les Européens y débarquèrent. La langue des insulaires est, comme à l'île du Prince, un portugais bâtard.
Le chef-lieu porte le même nom que l'île; il borde un torrent qui vient de se précipiter pur la belle cascade de Glou- Lou.
Annobom (Bonne-Année, en portugais) fut découverte le premier janvier 1471. D'abord portugaise ainsi que Fernando Pu, elle est devenue espagnole comme Fernando-Po, et comme Fornando-Po les Espagnols ne l'ont point utilisée.
Quand les Portugais y arrivèrent, elle était déserte. Quelques marins, des soldats, des gens de fortune y traînèrent des esclaves, dans là seconde moitié du seizième siècle. De la sorte naquit une race mêlée où le noir domine, race aujourd'hui presque sauvage, catholique de nom et se servant d'un portugais bien éloigné de la langue du Camoens. On dit les gens d'Annohom au nombre d'environ trois à quatre mille.
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L'Ascension (7,000 hec(ares), au\ Anglais, à égale dislance de l'Afrique et du Brésil, et assez prùs de l'Equateur, est un rocher volcanique sans végétation. Ses montagnes, rouges ou noires, atteignent leur point culminant dans la montagne Verte (805 m.), terminée par deux pitons. L'Ascension, 'que les Portugais découvrirent en 1501, n'a reçu ses premiers habitants qu'en 1S15, et elle nourrit aujourd'hui un demi-millier d'hommes, qui s'accommodent d'un climat brûlant, mais salubre. Le chef-lieu a nom Georgesto-wn. Dans les eaux voisines se ptichent les tortues de mer les plus grosses qu'où connaisse : elles pèsent de 200 à iOO kilogrammes.
Sainte-Hélène, à 1,300 kilomètres des terres, jaillit du fond de mers exlrûmement profondes. 12,000 hectares, 7,000 habitants, dont la moitié de Nègres, c'est toute l'aire et toute la population de cette île aride que le reboisement améliore un peu. Les courants froids venus du Pôle austral lui donnent presque le climat et la végétation du Chili, distant de 7,000 kilomètres et placé beaucoup plus en avant dans la zone antarctique. L'influence de la latitude torride plie ici devant la puissance du milieu marin, et sous le seizième degré de latitude, la moyenne annuelle de l'île dépasse à peine celle de Lisbonne, qui est pourtant ville située sous le trente-neuvième.
Sainte-Hélène, rocher basaltique, a pour principale cime le pic de Diane (87o m.), qui commande le val de Longvvood, où mourut Nai)oléon.
Cette lie, découverte par les Portugais, a été transformée par les Anglais en une citadelle imprenable, le (Gibraltar et le Périm de celle des deux routes de l'Inde que ne surveillent pas le Gibraltar d'Kspagne et le Périm d'Arabie. La capitale le nomme Jamestcwn.
Tristan da Gunha, révélée par un navigateur portugais, qui lui laissa son nom, s'élève au loin dans l'océan Allan-
tique du sud, plus près du cap de Bonne-Espérance que d'aucun autre rivage, à peu de dislance du quarantiùme degré. Elle groupe ses vallons bien arrosés autour d'un volcan mort de plus de 2,o00 mètres de hauteur, sous un ciel d'une salubrité irréprochable. doO individus environ, d'origines diverses, de langue anglaise, habitent Tristan da Cunha et les deux îles moins étendues qui forment archipel avec elle. Ils acceptent la suzeraineté du Cap et conséquemment de l'Angleterre.
Dans l'océan Indien, Bourbon, Maurice, les Seychelles, les Amirantes, les Comores, îles anglaises, françaises ou indépendantes, gravitent, minces satellites, autour de l'énorme Madagascar.
MADAGASCAR ne reconnaît dans le monde que deux îles plus grandes qu'elle ; la Nouvelle-Guinée et Bornéo. Par sa situation elle est à l'Afrique australe, plateau attaché, à l'Afrique plus basse du nord, ce que Ceylan est au Décan, plateau lié aux plaines de l'Inde septentrionale. Le canal de Mozambique, large de 350 kilomètres, et parcouru par un courant rapide venu des parages indous, la sépare de l'Afrique portugaise orientale et du delta du Zambèze.
Son aire égale presque celle de la France avec le Rhin pour frontière, environ 00 millions d'hectares. Sa longueur atteint près de I,GOO kilomètres du nord-est au sud-ouest, sa largeur oscille entre 300 et 450 kilomètres. Les quatre cinquièmes ou les cinq sixièmes du territoire, au sud, se trouvent en dehors de la zone tropicale; tout le reste s'allonge au nord du Tropique du Capricorne dans la direction de l'Equateur.
Madagascar se partage en terres basses et en montagnes. Les terres basses, d'une fécondité médiocre, et même stériles sur d'assez vastes étendues, occupent surtout l'ouest et le midi de l'île. Les chaînes recouvrent le nord et l'est jusque dans le voisinage de la mer, aussi les fleuves ont-ils un cours limité dans ces deux parages : en conjpensation, ils sont abondants, d'abord parce que les montagnes du nord sont élevées, ensuite
parce que le versant oriental reçoit des pluies copieuses de la mer des Indes. De ce côté de Madagascar, les vallées sont fertiles et leurs forOts se prolongent à l'infini et vont gravir les pics. C'est aux liôles sauvages de ces grands bois que lile dut son nom indigène de Nosindambo (île des Sanglier?), nom qu'elle vient de quitter chez les iMalgaches eux-mêmes pour s'appeler à l'européenne, Madagascar,
Le prin(i[)al massif, fait de granit, pourrait se nommer monis des Ilovas, d'iiprès la race qui de là commande au reste de Madagascar. Son altitude moyenne ne dépasserait pas 1,000 à 1,200 mètres, et ses tètes les plus hautes n'ont guère que 2,000 mètres, et non 3,500 à 'j,00r», comme on l'a cru longtemps. I.es cimes culminantes se dressent eu vue de Tanaiiari\ou, la capitale de l'Ile, dans le groupe d'Ankatra. Nulle d'elles, avec cette altitude médiocre sous une pareille latitude, ne peut s'éclairer de neiges persislantes. mai? il descend beaucoup d'eau de leurs croupes généralement arrondies. Malheureusement, les fleuves qui s'y forment ne portent point bateau, malgré leur volume ; ils descendent de cascade en cascade et d'étranglement en élranglement, puis sont barrés ;\ leur embouchure par des sables, principalement sur la côle orientale. N'ayant pas d'issue à leur aise, les eaux forment en arrière des marais, cause première de l'insalubrilé qui a fait échouer loutes les entreprises des Français sur Madagascar. Le plus considérable des lleuves malgaches, le Helsiloiika, et son affluent l'Ikioupa mènent tous deux à Tananari\ou. Le Hetsibouka se perd au nord-ouest de l'île, dans la magnifique baie de Hombélok.
Il faut d'autant plus regretter l'impuissance à porter bateau des rivières de Maihigascar que l'ile, dans sa partie septentrionale, surtout au nord-ouest, abonde en baies vastes et sî\res, dont quelques-unes pourraient donner un asile à toutes les Hottes de la mer à la fois. Sur '«,000 kilomètres de rivage, îiOO au moins, le long de l'océan des Indes comme le long du canal, à partir du cap d'Ambre ou cap du Nord, sont très-richement dotés eu abris s-ùis pour les vais^eaux. On peut citer les baies d'Antoniiil, de Diego Suarcz, celle que proléire l'Ile française de Nossi-Bé, la baie de Bombétok, etc.
Ayant en même temps des plaines basses, des plaines hautes
ÎLES D'AFRFQUIi:. 433
et des montagnes sous le soleil du Tropique, Madagascar possède l'inappréciable avantage de la superposiliou et du la pénétration des climats et des plantes. L'île ne refuserait rien si elle était cultivée comme elle le demande. Au privilège de se pr(5ter à tous les produits, du globe, Madagascar réunit le mérite de posséder une flore à elle et une l'aune originale. Malgré le voisinage de l'Afrique, elle nourrit des animaux qu'on ne voit pas sur ce continent, et dont la présence a fait conjecturer que cette île est le reste encore émergé d'une terre sur laquelle pèse maintenant la mer des Indes. Le tenrec, qui a des dards comme le hérisson, l'élrange ayeaye cherchant la nuit les insectes dans la fente des troncs, les makis, singes-écureuils à longue queue fourrée, ne se rencontrent que dans l'île malgache. L'épiornis, oiseau géant, a disparu. Les grands animaux du Tropique africain n'y ont point pris pied, ni les beaux, ni les hideux, pas plus les félins superbes que le monstrueux hippopotame, le rhinocéros et l'éléphant que son front magnifique sauve à peine du ridicule ; seul, l'affreux caïman fait songer au continent prochain. Pas de serpents dangereux dans la forêt; tout au plus des araignées boursouflées qui font horreur.
A Madagascar, la salubrité croît d'étage en étage. Un roi des Hovas a pu dire: « Comment craindrais-je les Blancs? j'ai contre eux deux généraux invincibles, tazo et hazo! » Tazo, c'est la fiùvre, hazo la forêt. Mais si la mort s'engendre à tout instant du jour et de la nuit, des mois chauds et des mois tièdes, dans les lagunes à demi dérobées sous les racines conquérantes des mangliers et des palétuviers; si la côte orientale a reçu pour ses fièvres paludéennes le surnom de Cimetière des Européen?, le plateau des Hovas est sain comme la France méridionale. Le peuple des Hovas, aujourd'hui maître de l'île, mais venu à une époque comparativement récente, habita d'abord les plaines basses de la côte. Décimé par la fièvre des marais, il remonta le cours des fleuves, et, à travers les forêts elles montagnes, quand il eut gravi le dernier échelon des plateaux, il se trouva sur des plaines fraîches et saines où un climat favorable doubla le nombre, la force et l'audact de ses guerriers. Aujourd'hui même, quoique bien iriférieurs eu
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nombre aux vingt-cinq peuplades qui habitent Madagascar, ils régnent sur l'île. Quand les miasmes de la côte ont diminué leurs garnisons du pays conquis, les soldats reviennent dans les plaines de la santé pour n'en redescendre qu'aprùs avoir retrouvé leur force premit're dans l'air régénérant d'en haut, au milieu des montagnes boisées, près des clairs ruisseaux et des sources éternelles.
Vingt-cinq nations vivent dans Madagascar; toutes usent de la même langue, un dialecte malais. Ce n'est pas que la majeure partie des immigrants qui ont peuplé cette grande île lïït d'origine malaise; la masse de la population provient plutôt d'éléments cafres influencés par le sang arabe, le sang saouahili et entin par le sang hova. Si la race de la majorité est africaine, la langue des derniers venus, les Hovas, dont le type rappelle assez le type malais, a pris le pas sur les autres. Ainsi la France, nation de provenance celtique par le plus grand nombre de ses ancêtres, parle un langage latin.-
On attribue à Madagascar quatre millions d'habitants, dont un million d'IIovas ; le tiers environ des Madécasses serait de teint noir, et les deux autres tiers de couleur cuivrée. Les Sakalaves habitent le versant occidental et une partie du sud, les Bétsimisarakes se tiennent sur le versant de la mer des hides : de même que les Sakalaves voient de leur Côte l'île française de Nossi-Bé, les Bétïimisarakcs contemplent de leur rivage Tîle française do Sainte-Marie. I-es Bétaniménes, qui sont probablement parents des Hovas, ont maintes fois apparu dans l'histoire extérieure de Madagascar, car avec les Bétsimisarakes, ils gardent la rive qui fut le théAtre de beaucoup de no^ tentatives de colonisation. Les Hovas ont pour demeute le centre de l'île, son haut massif graniliqne ; au midi, ils continent aux Bétïiléos, au nord-est aux Anlsiliianakes des bords du grand lac d'AlaouIre.
Les Hovas sont les rois abhorrés de toutes ces petites nations qu'ils conquirent par la ruse et le fer et qu'ils tiennent par la cruauté, ils sont païens, ainsi que les autres tribus de l'île, auxquelles les Arabes, n'ont encore pu faire adopter la religion musulmane.
Par un étrange hasard, cette île grande et belle a causé
moins de rivalités entre les peuples maritimes que le dernier rocher sans arbre et sans eau de la mer des Antilles. Les Anglais eux-mûmes, habitués à s'emparer coûte que coûte des meilleurs rivages de l'univers, n'ont sérieusement essayé d'y prendre quelque influence que depuis peu d'années, à la suite des missioimaires protestants que l'Angleterre et l'Ecosse lancent sur tous les pays du globe.
Le missionnaire, sa bible à la main ; derrière le missionnaire, le trafiquant avec sa quincaillerie et ses étoffes; derrière le marchand, le colon, puis le marin et le soldat, telle a été pour beaucoup de pays devenus anglais la marche de l'asservissement. Nommerons-nous la Nouvelle-Zélande, où les missionnaires auront en vain voulu sauver de la mort le peuple maori qu'ils avaient adopté, élevé et momentanément fait chrétien? LaFrance, elle, a plusieurs fois pris pied sur ce sol que lui reconnaissent les traités, mais les fièvres pernicieuses en ont chassé ses garnisons. Ses tentatives n'auraient pas été vaines si les Français avaient imitéles Hovas, si, fuyant l'empestement du rivage, ils avaient porté leurs forts dans la haute région du centre. Une fois soumis, le pays se franciserait promptement par les colons de Bourbon et de Maurice, prûls à s'y jeter en masse, car ils étouffent sur leurs petites îles.
Tananarivou (en malgache les Mille Cases), sur l'Ikioupa, renfermerai! 75,000 personnes. Elle est située chez les Ilovas, à une altitude considérable, dans une plaine couverte de champs de riz.
Pour Bourbon, Sainte-Marie, Nossi-Bé, Nossi-Mitsiou, Nossi- Fali, Mayotte, V. France : colonies d'Afrique.
Mayottc, île française, fait partie des Comores.
Les Comores autres que Muyotte ne dépendent de personne. Elh^s se baignent dans les flots septentrionaux du canal de Mozambique, à égale distance de Madagascar et do la cOl^
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africaine. Terres volcaniques ayant pour avant-postes de^ I écueilsde corail, elles sont peuplées par un mélange d'Arabe^ de Saouahili et de Cafros.
Dans la Grande Comore, ou Angarifa, s'élève un vol can non encore éteint. Le plus haut des pics de cette île all<?in 2,400 mètres, et le piton culminant de l'île d'Anjouan mont à peu près à la mOmc altitude.
Les gens des Comores ont adopté l'islam; beaucoup parlen arabe.
Maurice, à une cinquantaine de lieues au nord-est de Bourbon, s'appelait île de France quand elle était une de nojr colonies. Son domaine comprend 183,000 hectares seulement, i mais le nombre de ses habitants dépasse 340,000.
Maurice, île volcanique surtout composée de basaltes, recon-< naît pour son plus haut sommet un volcan éteint de 960 métrés d'altitude, le piton de la Rivière Noire. Elle a pris rang parmi les plus riches pays de production du monde depuis que le? Anglais y ont remplacé par des coulies indous et chinois le? anciens esclaves nègres, grands amis du farniente. A l'élendut de la production en denrées tropicales répond un commerc. immense, que favorisent d'excellents ports. Bourbon n'a pa d'abris, Madagascar est barbare et malsaine, Maurice est 1. grand refuge dans ces mers, en même temps que le grand champ de cannes à sucre. Elle est souvent dévastée par d'implacables ouragans, telle que la tourmente de 1773, qui l'ut si fatale à la ville de i^ort-Louis et à bien des habitations de llle. (A Maurice, le mot habitation désigne ce que nous appellerion en France une ferme, et le mot habitant répond à notre mot de propriétaire.)
l/ile appartenait aux Français depuis 1721 quand un grand administrateur, I-a Bourdonnaye, lui donna rapidement la première place entre nos colonies de la mer des Indes. Ellf devint le siège d'une société élégante et polie, et si Berlin et l^rny naquirent à Bourbon, l'île de France était digne d'abriter les amours de Paul et Virginie. Les Anglais nous en-
vinicnl ccKo pofilo KrHncp inpiilnir»', ol h loiir onvl(^ fo nuM.ïil la liniiio. Ce rorhor pordii ro ( Iwnignnll «Inns |pf» lomps iIp luMo or) iiii fiid (lo rorpnlros : «lo l.-j pnrinloni ]o<i «•i'(»i';t»iirf) qui rnvirciil au coiniiiprcc bi ilnimitpK^ pour stiixMiil»' millions iln valeurs do nr»r> à \H\(). (>ll(^ nrinr^o l), mio \\(*\\o Inrinlilahlt» noilsl'crilovn, inal^rô r<^rlnl i]o la hnlnilh» do Mnlif^luMirii, l'tllïi do nos bolloR vicloiros Piir fîior, Oiinlro ans aprj^ts, qnniid iirtiiK payAmosA rijiropo le prix do ti(t^ dosnsiros, lo pI»^iii|Miloii(if»lro français fit la f(dio <1(^ rofuRoiA l'AriKlnlorm uns lidbiilofl pdi- BCSflions do l'Indr», jioiir la rançon do (m^Ho ÎIo. f.'llo t\o Traficn resta donr, arjglais(;, ol ropril lo rifirri do Maiirico, rpTollo lonall de ses anoions rn/illros iKdhiri'Iais, main la pliy-ijonotnio, la lan gue, lr!S rna'iir» Bont fuiooro IrançiiROn. Maiiriro ol lldiiilMMi continiionl à ro lrailo,r d'Ilos sdMira, ot il y a pou d'Ar^çlaU parmi les clnquanto à s'»ixanto rnlll(« HIanrn do IVIaniico. A côt('î de ces derniers, on oornpio à pon pr/'s un norniiro /î^nl de Noirs et de Mnlrtlros alîranrJiis. To ro«lo , |diiH do '200,000 hommes, est eonstilu^) prosr/tie oxolimlvomonl par dn« travailleurs indons. f'armi les eornrnorç'inls, Il y a d<«R (Ihlnoln, quelques Ar;ibe«, des Indous maliom^'lans, don Parais.
Port-Loul», la mAIropolo, au bord d'une rado exeollonfc, compte .'îO,000 tjabi tan ts.
On réunit r/uelquefois Maurice e( iJonrbon Htun In nom d/» Mascarei^nes (du découvreur, Je l'ortufijain MaHcarnrjbas), h Diego Hodrifçuez, ou jçimplerncnl Mo'iri><ue/. Modri^oo/^ auf Anglais, ç»t Ufta île granitique de 1 1,000 bectares el de i'tU babitants.
* ' ' "' ' *' ' ' r, les AmirHMf^n et Um ft«y/5h#»IM<i,
T , b«nci* d" »;<bl" et d'' corail, ont au»*)
>part^.nij k U VrtiUf'A fÀ <1^pendefit ffittititfjinfii an l'Angl^-
UhUt
fiai eriv>*>/î fr»MUu^ ». d'no tW» h MabA, ^«iii^Ott-
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rieuse, qui possède un hùpilal de lépreux et produit le palmier portant la double noiv de coco. L'Archipel, qui a 29 îles, est situé en moyenne à G30 kilomùtres de Madagascar, à 1,760 de Maurice. Toutes ses îles se ressemblent par leur constitution montagneuse, leurs bancs de sables, leurs coraux, leurs pentes chargées de forûls, leurs vallons bien pourvus d'eau, leur climat charmant, doux, salubre et jamais affligé d'ouragans. Ses 7,500 habitants, Noirs, coulios indous. Blancs, parlent un français eiïéminé, corrompu à la créole ; le catholicisme domine chez eux. Les Blancs ont pour pures des colons venus de Bourbon et de Maurice, à partir de 1742, et des transportés politiques français (isoi). Le sang noir a été fourni par les négresses du Mozambique .
Port-Victoria, dans l'Ile de Mahé, au pied d'une petite montagne boisée, le Morne-Houge (i.iO mitres), borde une baie superbe et très-sûro, à deux entrées. Son bon climat en a fuit le sanatorium des Mauriciens.
Socotora, au large du cap Guardafui, à l'entrée du golfe d'Adcn, nourrit peu d'habitants sur ses 275,000 hectares. Les 5,000 musulmans, Arabes et Saouahilis, qui vivent sur sa côte avant-bordée de coraux, ont pour capitale Tamarida. Ils obéissent à un sultan d'Arabie. La masse de l'île consiste en plateaux calcaires et en monts de granit de l,r.:)0 métrés au plus. L'alos est le produit le plus renommé de Socotora.