TURKESTAN RUSSE
Au sud de leurs steppes, les Moscovites viennent d'annexer à l'empire, sous le nom de province du Turke-lan, une parfit^ notab'c du bassin du fleuve Sir ou Sihoun, l'ancien Jaxark', l'rè're jumeau de l'Amour ou Djilioun, jadis Oxus. Ces doux neuves considérables descendent des revers de l'Asie centrale. Tous deux, ;\ l'issue de vallées grandioses, entrent dans les tristes plaines du Touran dont le vent fouette les sables salés, les rougeâtres argiles, les armoises, les ternes euphorbes, les salicornes couleur de sang. 11 siffle aussi dans les joncs et les roseaux des immenses lagunes A. moustiques, quand des escadrons de sauterelles n'ont pas dévoré la flexible HtrOl jusqu'à la vase d'où sortent ses tiges. L'été du Touran est torride, son hiver Irés-froid, l'air d'une sécheresse exceptionnelle, et le sol n'est fertile que parles canaux des rivières. Partout ailleurs, c'est le désert. Appauvri par les saignées, les inliltrations et l'évaporation, encombré par des bancs de sable, le Sir, qui a commencé, sous le nom de Naryn, dans un glacier de 21 kilom<''lres de longueur, le placier Pélrow, finit dans la mer d'Aral. F/Aral couvre 0,200,000 hectares. Ce lac, à l'eau peu salée, est tout ce qui reste de l'ancienne mer qui s'agita sur les steppes touranicns.
Les steppes du Touran sont incroyablement nus. De la mer d'Aral au fleuve Oural, on ne rencontre qu'un arbre, un peuplier; or la distance est de îiOO kilomètres. les Turcomans, cavaliers émériles, assassine consommés, sont grandement fiers