TURKESTAN RUSSE
de celte aridité de leur patrie : «jamais, disent-il<, nous n'avons reposé à l'ombre d'un arbre ou à l'ombre d'un roi. » 11 n'y a donc point dans leTouran de forûts pour abriter lesbûtes fauves ; les ennemis de l'homme s'y réfugient dans les fourrés de roseaux du bas Sir et du bas Amou; le loup y rôde; le sanglier s'y vautre ; le tigre y guette, chasseur terrible et bien armé qui ne vit pas seulement, comme on le croit, dans les chaudes forêts du Tropique. La mer d'Aral diminue. Un dos de terrain affreusement stérile, l'Oust-Ourt, la sépare de la mer Caspienne, qui elle aussi s'amoindrit.
Le Turkestan russe a 80 à 100 millions d'hectares. A côté des 60,000 Russes déjà installés dans le pays, on compte plus d'un million de Kirghises, 123,000 Sartes, 71,000 Tadjiks ou Persan?, 51,000 Usbeks, nationalité turque. Moins les Européens, tout ce monde obéit aux dogmes musulmans. Les Kirghises, qu'il conviendrait d'appeler de leur vrai nom Kazaks, mènent la vie nomade; les autres peuples habitent dans des villes de boue.
11 y a 63,000 âmes àTachkend, capitale du Turkestan russe. La population y est des plus mêlées : il s'y trouve des Sartes, des Tatars Nogaïs, des Kirghises, des Usbeks, des Kachgariens venus du haut Turkestan, des Persans amenés comme esclaves par les Turcomans coupeurs de route, puis enrichis par le commerce des Russes, des Juifs, des Indous, des Afghans. Taclikend porte sur un sol remué par les tremblements de terre; elle se tient prés des montagnes, sur un affluent du Sir.
Au bord de l'aurifère Zérafchan, l'ancien Sogd, dans une vallée délicieuse, Samarcande, cité déchue, commanda à l'empire de Tamerlan, qui eut quoique temps pour capitale Qiehr-i-Sebz, la patrie de cet exterminateur boiteux. On a reproché à la race turque de n'avoir produit que des ravageurs. Nul ne peut la défendre de ce reproche, et pourtant il y a peu de nations plus cordiales et plus débonnaires que les Turcs. Leurs chefs ont abusé de leur bravoure, de leur résignation et de leur faii.itisme musulman.Deson éclat passé, ilresleà Samarcande des mosquées, une école célèbre, 20,0i>0 Ame?, et une banlieue verdoyante le long des dérivations du Zérafjhan.
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