AMERIQUE. — REGION POLAIRE. A S
traverse le lac Athapasca, puis le lac de l'Esclave, au nord duquel cessent les bois, et reçoit le déversoir du lac du Grand- Ours.
Honorons le courage des voyageurs anglais qui onl parcouru les terres polaires pour livrer au prix d'une sanlé perdue, au prix môme de la vie, quelques traits de plus à la géographie de l'univers, qu'ils aient fendu à coups de hache les détroits du Nord comme Parry, marché sans trêve dans les plaines sans fin, jusqu'à l'épuisement, comme Franklin, qui n'est pas revenu, ou descendu comme Back des cataractes menant à l'abîme. Le climat de la région où souffrirent ces hommes de fer est terrible : bO à 60 degrés au-dessous de zéro en hiver, de la neige et de la glace pendant la nuit, même en été, et dans le jour estival une chaleur de 30 degrés grillant les herbes qui se hâtent d'embellir le désert. Aussi cette région où tiendraient plusieurs France renfermc-t-elie à peine la population d'une ville de troisième ordre, 80,000 à 100,000 individus.
11 y a des degrés dans le froid et la stérilité qui vient du froid. La (erre polaire anglaise comprend trois régions. D'abord les terres arctiques au nord du 61^ degré : les arbres n'y croissent plus, mais seulement un peu de mousse sur les blocs erratiques, des i^cmblanls d'arbustes au fond des vallons que la rafale des neiges oublie d'ensevelir, et dans les fondrières où s'engourdissejit les ours que l'Indien vient chasser durant les quelques jours de ce qu'il nomme la belle saison. Au sud du 61« degré, c'est-à-dire à partir du grand lac de l'Fsclave, une zone de 1,000 à 1,100 kilomètres de largeur depuis le pied des Rocheuses, en tirant vers l'est, la région des prairies ofl're aux colons de l'avenir des terres capables de moissons, surtout dans le Fertile Belty qui confîno aux États-Unis, et que les immigrants anglais sont à la veille d'envahir. A l'est de la Uégion des Prairies, jusqu'à la baie d'fludson, se prolonge la région des forêts, fouillis de lacs, de torrcnls, de bois, de clairières. L'Indien v\ le trappeur, qui vivent dans ce pays et le voyageur qui ne fait qu'y passer aiment ses charmantes rivières et ses solitudes étroites, qui souvent s'ouvrent tout à coup sur de larges horizon?.
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Il n'y a dans tous ces pays que quelgnos Anglais, Écossais ci Franco-Canadiens, et des métis Bois-lirûies.. anciens serviteurs de la compagnie de la baie d'Iludson. Les auloclitliones sont des esquimaux ou des Indiens. Les l^squimaux parcourent ce que les régions arctiques ont de moins habitable; ils côloient les Indiens, leurs ennemis mortels, sans se mcMer et mOme sans commercer avec eux. On peut les évaluer ;l 10,000 au. moins, à 21), 000 au plus. Dans les prairies, dans les iorOts vivent des tribus indiennes, semblables à celles des États-Unis, sobres, sententieuses, poétiques, mélancoliques, guerrières, ayant l'œil et l'odorat de la bOtc fauve. Il s'y trouve peut-être encore oO,000 à 00,000 Indiens, loulcs tribus comprises. Beaucoup appartiennent à diverses branches de la nation des Algonquins, qui régna sur le Canada et sur une partie des Llals-Unis du Nord.
Point de villes dans cette monarchie de l'hiver. Les comptoirs de la défunte compagnie de la baie d'Iludson n'étaient pas même des villages, mais des baraques où se rencontraient les marchands et les chasseurs de fourrures.
Le GRAND-OUEST CANADIEN est la portion méridionale et habitable de la région des Prairies. Nous lui donnons ce nom parce que les colons du Canada commencent à s'y porter, comme les Yankees de la Nouvelle-Angleterre et du bassin de rohio vers le Far-West des États-Unis.
Jusqu'à ces dernières années, l'Amérique anglaise, hors du Canada et des provinces maritimes, n'était qu'un désert où les Indiens et les trappeurs chassaient les bcMcs ;\ fourrures dans les prairies et les bois, et les castors dans les étangs, au bénéfice de la puissante compagnie de la baie d'Iludson. Cette compagnie de 239 actionnaires avait sonsiégt;:i Londres et employait environ 1 ,500 serviteurs, presque tous des Hois-nrùlés ; son gain annuel se montait ;\ 1,200,000 francs environ ; elle faisait toute la fortune des indigènes qui venaient, à époque fixe, toucher le prix de leur chasse dans quelqu'un de ses 130 comptoirs. La découverte des mines d'or de la Colombie anglaise, la prospérité de rOrégon et des États américains du haut .Mississipi et du haut Missouri, le développement des deux Canada ont fait jeter enfin les yeux sur la région intermédiaire, route du Saint-