‹ Géographie (volume 2)Chapitre 64 sur 104 · AMÉRIQUE. — GRAND-OUEST CANADIEN · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE. — GRAND-OUEST CANADIEN

Laurent et des grands lacs au rivage du Pacifique. Alors, ons'est aperçu qjc le climat y est supportable, la terre suitisamment cultivable, et qu'il y a plus de (rente millions d'hectares dans la contrée qu'on a d'avance nommée Fertile Belt (zone fertile) et Wheat-Belt (zone du blé), sur le lac Ouinipeg (4,o00,000 hectares), sur le Saskatchaouan, la Rivière-Rouge, et l'Assiniboine, tributaire de la Rivière-Rouge.

La compagnie de la baie d'Hudson a dû déposer son privilège et céder le pays à l'action des bergers et des agriculteurs. Pendant qu'on s'occupait d'ouvrir une route directe du fond du lac Supérieur à la Rivière-Rouge, et môme du nom i imposer à la future colonie, les habitants déjà installés depuis de longues années se sont soulevés contre leur grande métropole anglaise et contre le Canada, leur métropole en sous-ordre. La rébellion a été facilement vaincue.

En ce moment, cet empire anglais Àe l'avenir est un ensemble de petits établissements appelés la Riviôre-Rouge du nom de cours d'eau sur lequel sont établies les plus anciennes habitations de la contrée. La Rivière-Rouge vient des États-Unis, et va tomber, comme le Saskatchaouan, dans le lac Ouinipeg: celui-ci confie son trop plein au Nelson, large fleuve qui s'achève dans la baie d'Hudson. Le nom officiel de la colonie est MANITOBA.

Sur 50,000 individus, on compte à la Rivière-Rougs près de 40,000 Indiens et 12,000 Blancs et métis. Parmi tes Blancs, se trouvent plusieurs milliers d'Écossais^, descendant de colons introduits, il y a soixante ans, par un lord et parlant encore en partie le gaélique des Highlanders. Les métis sont généralement des Bois-Brûlés, de langue française et de religion catholique. Les Canadiens-Français purs et les métis qui en dérivent ont plus de penchant pour la chasse, la pèche et les voyages, que les colons des autres origines.

A la tète des rivières formant le Saskatchaouan, le Mackenzie, la Rivière de la Paix, des cols entaillent les montagnes boisées, élevées, polaires i leurs faîtes, qui s'interposent entre le versant de la baie d'Hudson et le bassin du Pacifique. Dès qu'on

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commence à descendre à l'oiicsl, avec les torrents qui fuient vers le rivage du plus ample des Océans, on s'aperçoit combien ce versant de l'Amérique anglaise a d'avantage sur l'autre. Lii COLOMBIE ANGLAISE, protégée des froids stt'rilisants par le paravent des monts, s'ouvre en plein ù l'humidité du grand Océan, et par la vertu des pluies, elle/levient une terre brumeuse, mouillée, désagréable, mais bien autrement habilable, à allitudcs et à lalitudus égales, que la demi-Sibcric qui s'étend à l'orient du rideau des montagnes.

Avec l'île de Vancouver, la Colombie anglaise a presque exactement l'étendue de la France, 1)1) millions d'hectares, mais avec i)0, 000 habitants seulement, car le désert n'y recule que lentement, et depuis peu d'années. Il y a quinze ans, de faibles tribus d'Indiens, et les employés de quelques forts delà compagnie de la liaie d'Ihidson représentaient seuls la race humaine dans celte contrée liche par ses mines, par ses forêts sans fin d'arbres si hauts et si gros qu'on y taille des canots pour cent hommes, par ses rivages superbement frangés, suite de promontoires, d'inlrt^ ou tiords, d'îles et d'archipels. Tout à coup la nouvelle se répandit qu'on avait découvert, à Caribou, des mines d'or plus riches que celles de la Californie. Alors ce fut une fièvre. Des milliers d'Orégoniens, de Californiens, d'Yankees, d'Anglais, de Canadiens s'y jetèrent en quelques mois. La rigueur du climat, la nécessité de tout créer firent beaucoup de victimes, et plus encore de malheureux, mais la première population était fixée sur le sol, l'agriculture était née. AuparaNant la colonie était viable, désormais elle vivait : elle végétait plutôt, car, faute d'émigranis, elle se développe avec une lenteur inconnue aux élablissements de l'Angleterre. La plupart de ses Indiens appartiennent aux tribus des Téles- Plates.

Presque tous les Néo-Colombiens se conccnlrcnl sur la côle et sur les rives du Frazer et des rivières de son bassin. A 4S kilom. de l'embouchure du Frazer dans la baie de Géorgie, New-'Wrstmiuster, la ville principale de la colonie, aligne ses embryons de rues entre la rive du fleuve cl la lisière d'une forêt de pins et de cèdres d'une hauteur extraordinaire

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