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plusieurs tribus avaient eu, pendant trois siùcles, des alliances avec les Scandinaves du Vinland. et en cas de mélange avec les colons anglais elles leur ont rapporté des gouttes de sang européen.

Pour l'instanl, les Etats-Unis, divisés en 37 États et en 10 territoires, s'élendent sur S3o nnillions et demi d'hectares, dixsept fois la France. L'Angleterre avec toutes ses colonies, l'Empire russe et la Chine sont plus vastes. Comme territoire, les Élats-Unis viennent donc en quatrième ligne, avant le Brésil. Comme population, en leur attribuant les quarante millions d'habitants qu'ils vont avoir, ils n'arrivent encore qu'au septième rang, après la Chine (477 millions), l'Iride (193 millions), l'empire anglais (192 millions), l'empire russe (77millions), l'Allemagne, y compris l'Autriche germaine (48millions), la France avec l'Algérie et sans les colonies (41 millions). Avec le prodigieux accroissement qu'ils tirent de Texcôdant des naissances et d'une immigration grandiose ils auront vite atteint la France et l'Allemagne. Quant à la Russie, elle ressemble aux Flats-Fnis pour la persistance avec laquelle elle s'agrandit et se peuple.

I/Furopéen qui débarque dans l'un des Étals de la Nouvelle- Angleterre voit se denteler à l'horizon les arOtes des Alléghanies ou Appalaches. Il arrive dans les verdoyants vallons de ces montagnes, aux flancs chargfjs de l'orcts où les résineux semblent aux arbres à feuilles caduques, en remontant d'abondantes rivières que l'industrie ne laisse point chômer. Aux' États-Unis, on navigue sur toutes les eaux navigables, on enchaîne par des digues tous les courants assez forts pour mettre une usine en branle, et souvent les barrages sont inutiles, presque toutes les rivières alléghaniennes du versant de l'Atlantique tombant dans leur vallée inférieure par des cascades puissantes. De grandes villes industrielles, Lowell, Lawrence, Manchester, Paterson, Pawtucket, Hichmond, Rochester, etc., doivent leur existence à de forts pouvoirs d'eau.

La hauteur moyenne des Alléghanies arrive à peine à mille mètres, et leurs pics les plus hautains à deux mille. Ces montagnes reproduisent généralement la disposition de notre Jura, par le paralléUsme de leurs chaînons, qu'on a comparés à des

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traînées de chenilles rampant sur le sol côle à côte. Le Black Dom (Dôme Noir), ou Mont Milcliell, est le prince des Alléghanies méridionales, monts primitifs qui s'appellent plus spécialement Montagnes Noires (Black Mounlains) ; il n'a pourtant que 2,040 mètres. Les Alléj^hanies septentrionales, primitives aussi, avec des districts de roches ignées, se nomment au contraire Montagnes Blanches (Wliitc Mountains); nul de leur sommet nés élance aussi haut que le Dôme Noir ; le MontMarcy sedrcsse précisémcntà la niOme altitude que le géant du Forez, l*ierre-sur- Haute, dans la France centrale : 1,640 mètres. Le mont ^Vashington, voisin du Canada, s'élève à l,9iS mètres.

Suivant les cantons, les Alléghanies portent bien d'autres noms que Monts lUancs ou Monts Noirs. Elles s'appellent aussi lUue Ridge (Montagnes Bleues), chaîne de Kiltating, Monts de Catbkill, r.rcen Mountains (Montagnes Vertes) Laurel Mountains (Monts des Lauriers), Monts du Cumberland, Monts Adirondak, etc. Ces derniers, dans l'Èlat de New-York, dominent le lac Champlain, qui fut témoin des hauts faits deMontcalm, et le lac le plus vanté de la Nouvelle-Angleterre, le Minnehaha des tribus indiennes. Les Anglais n'ont pas voulu laisser à cette nappe d'eau ravissante, encadrée d'avant-monis gracieu.v et de chaînes sévères, son nom indigène d'FMu Souriante. C'est aujourd'hui le lac George. S'il eût été reconnu de nos jours, ce serait le lac Victoria, ou l'Albert, ou le Wcllinylon, ou le Waterloo, ou le Trafalgar, ou le Nelson, peut-être le Grant, 1c Shermann, le Frémont, le Seward ou le Lincoln. Le globe perd la parure de ses beaux noms. Le lac George a 58 kilomètres de long sur I, iiOO à .'),000 mètres de large; il se dé verso dans le lac Champlain par le torrent qu'interrompent les rapides et les cascades deïiconderoga ou Carillon. Laplus grande profondeur du lac Champlain est de 120 mètres.

Les Alh\L;h;inies arrêtent en partie les pluies que fournit Focéan Atlantique, et, par lu, elles influent sur le climat de l'immense bassin du Mississipi, moins humide, et à latitude égale moins tempéré que les vallées des fleuves côtiers. Parmi ces derniers, les plus grands sont le ('onnerticut, l'Hudson, dont les palissfides ou falaises ont 150 mètres de haut, le Delaware, le Susquéharmah, le Potomac, etc.

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La nature calcaire des AUéghanies centrales détermine chez. elles, avec une rare grandeur, les accidents communs dans les régions constituées par ce genre de roches. Les pertes d'eau, les rivières souterraines, les grottes, les fontaines bouillonnantes y abondent. La caverne du Manmouth, dans l'État du Kentuky, n'a pas de rivales connues dans le monde : 15 kilomètres de la gueule à l'extrémité; 240 kilomètres en 223 couloirs; des salles si vastes et si élevées que l'obscurité des parois et des voûtes n'est que faiblement dispersée par l'éclat des flambeaux; sous ces dômes, des lacs buvant ou versant l'eau d'autres lacs par des rivières tordues dans les ténébreux corridors. Les Américains ont appelé Styx, du nom d'un fleuve des enfers grecs, le principal courant de la caverne du Manmouth. Des animaux étranges, un poisson aveugle, des lézards et des grillons hideux, des rats gigantesques, et sans doute des bêles timides et traînantes qu'on ne connaît point encore, vivent dans les flots sombres el sur les rives que le Styx abandonne dans son recul de l'été. Ces rives, il les noie quand les grandes pluies tombées sur le sol découvert, dans le beau bassin de la Rivière Verte, arrivent en cascades par leurs mystérieux chemins, et, montant le long des parois, remplissent le canal' stygien jusqu'à la clef de ses voûtes. On ne sait où courent les flols sinistres entrevus à la torche dans mille grottes alléghaniennes. Beaucoup se laissent glisser de vasque en vasque souterraine jusqu'à la mer Atlantique. Sur la côte floridienne, géorgienne et carolinienne, des ruisseaux, des rivières, surgissent du fond marin, quelquefois avec une telle masse et une telle force que leurs eaux douces soulèvent l'eau salée et viennent jaillir à la siirface de l'Océan. On a vu ces courants hypogées vomir assez d'eau pour dessaler à demi la mer près du rivage.

' A la base orientale d'un chaînon des AUéghanies, Pittsbourg, l'ancien fort Duquet^ne des Français, est devenue le Birmingham et le Sheffield des Ltals-Unis, grAce aux dépôts de houille et aux mines de fer delà montagne. Les bassins houillers des Étals-Unis n'ont de rivaux qu'en Chine pour la puissance el pour l'étendue. Quand l'Angleterre n'aufa plus de charbon minéral, l'Union tirera toujours des millions de tonnes des en-

traillcs de ses Alléghanie?, de la Pennsylvanie, du vaste État de rilliiiois, dont les quatre cinquièmes appartiennent au traîner houiller, et qui pourrait, dit-on, donner par an cent millions de tonnes pendant treize mille années. D'autres l^tats encore pourvoiraient si ceux-ci faisaient défaut.

Comme si ce n'était pas assez de ces lichesses végétales et métalliques, une richesse prodigieuse s'ajoute à toutes les autres sous ces fécondes roches. I-a l'ennsylvanie, dont dépend Pittsbourg, fait sortir de ses obscurités souterraines des jets intermittents, des ruisseaux, quelquefois des rivières de pétrole. Un grand district dont les eaux finissent par rejoindre robio en a pris le nom de l'étrolia. La poursuite furieuse de l'huile minérale y a renouvelé les scènes de l'Australie et de la Californie lors de la découverte des mines d'or. On y a vu, on y voit encore les aventures, les coups de dé, les ruines, les richesses inouies jetées au hasard par le destin sur une foule affamée d'égoïsme. D'immenses fortunes s'y sont faites en quelques années, souvent en quelques mois et même en quelques semaines, et il y a aux Klats-Unis, de par le pétrole, une aristocratie dont bien des grands seigneurs attribuent sûrement leur opulence à leur mérite. Le centre le plus actif de l'extraction du pétrole est en ce moment la Pennsylvanie, mais plusieurs autres Ktats de ITniou possèdent aussi d'immenses provisions d'huile de roche. De mOme le llaul-Cauada, qui a aussi sa lièvre de recherclies.

Pittsbourg, la ville du fer où sonnent les marteaux, occupe, à 207 mètres d'altitude, V' coniluent de la claire Alléghany et (le la Monongahéla, deux rivières de cinq cents mètres de largeur, quelque temps encore reconnaissables dans le lit qui les réunit par la dillérencc de couleur de leurs eaux. Leur confluent forme l'Ohio, que les Français du Canada et de la Louisiane, appelaient à bon droit la Polie Hivièrc. Par l'Obio, par le Kentucky, le Cumberland, le Tennessee, ses affluents, toutes les sources du prnchanl oriental des Alléghanies vont s'engloutir au loin dans le Mississipi. Uu'on mette bout à bout la Loire, la Seine et la (raronne, on aura la longueur de l'Ohio. Dans son cours moyen et inférieur, encombré d'ilesvcrtes, sa largeur varie entre 350 et 1,300 mètres, l'aire de son bassin

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