AMERIQUE CENTRALE
I/Amérique centrale ressemble au Mexique par ses tiorras Trias, templadas et calientes, et par ses hauts plateaux allongés dans la même direction entre les deux mêmes océans. Ses plateaux sont également sillonnés de volcans et semé? de ruines d'une antique civilisation indienne.
Le Mexique na qu'une supériorité sur l'Amérique centrale, celle de l'étendue. L'Amérique centrale, mieux située, s'espace entre les deux étranglements de terre qu'on pourrait appeler les isthmes de Suez du Nouveau-Monde, si au lieu de sables incendiés et arides, les istiimes de Téhuantépec et de l*anama n'avaient les averses du Tropique, un sol généreux et une végétation splendide. On percera ces isthmes comme l'isthme d'L^yple, et l'Amérique centrale, sur le territoire de laquelle se creusent encore deux autres passages possibles entre l'Atlantique et le Pacifique, se trouvera sur la route la plus fréquentée du monde.
L'Amérique centrale est moins massive, plus étroite que le Mexique, les capitales de ses Républiques se raj)proclîent plus des deux mers que les grandes villes de l'Anahuac ; les plateaux y sont moins élevés, plus féconds, et le climat yn''»
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lise mieux l'idéal du printemps éternel : à Guatemala, pendant le jour comme pendant la nuit, et toute l'année, l'atmosphère g irde une tiédeur également éloignée du froid antipathique et des chaleurs accablantes ; le thermomètre s'y lient constamment entre dix-sept degrés et demi et vingtdeux degrés et demi. Sans les volcans, les tremblements de terre, la convoitise étrangère, qui a déjà lancé contre ses côtes des bataillons de flibustiers yunkees, l'Amérique centrale serait le joyau du ISouveau-Monde.
Géograpliiquemcnt^ l'Amérique centrale va de l'isthme de Téhuantépcc à l'isthme de Panama, points où s'afîuissent les sierras de l'Amérique du Nord et les Andes de l'Amérique du Sud : au premier de ces isthmes, le sol tombe à 200 mètres; au second, à 00 mètres seulement.
Politiquement, elle n'atteint pas ces limites naturelles : au nord, le Mexique lui prend trois provinces. Chiapas, ïabasco et le Yucatan ; au sud, une portion du plateau de la Costa-Rica dépend de la Nouvelle-Grenade. Sur le rivage du golfe du Mexique s'étendent la colonie anglaise de Bélize et le territoire soi-disant autonome des Mosquitos.
Dépouillée de ces contrées, l'Amérique centrale n'a que 45 millions d'hectares, avec un peu plus de deux millions et demi d'habitants, soit 6 habitants par kilomètre carré (en France, 70). La population, assez dense dans le San-Salvador où il n'y a pas moins de 32 habitants par kilomètre carré, l'est trois fois moins dans le Guatemala, et dans les trois autres États, eile est extrêmement clair-semée : 2 à 3 individus par kilomètre carré. KUe se compose de Ladinos ou Latins, métis de Blancs et d'Indiens, d'Indiens, de Blancs, de Nègres et de Mulâtres. Les Blancs ne dominent que dans la Costa-Hica.
Bu nord-ouest au sud-est, le pays comprend cinq Bépubliques fédcfrées : le Guatemala, le San-Salvador, le Honduras, le Nicaragua, la Costa-Uica.
Le GUATEMALA, vaste de 10 ù 11 millions d'hectares, a 1,200,000 habitants. 11 embrasse le plateau le plus étendu et le
plus élevé de la Confédération. S'il n'a que jOO mètres audessus de l'Océan vers les frontières du San-Salvador, plus au nord, son altitude varie entre 1,300 et l,9o0 met.; les Altos de Quezaltenango, où se montre parfois la neige, ont même 2,;j00 mètres de haut. Les volcans longent la marge du Pacifique, où ï'invieniOy saison des pluies, revivifie les plantes que sèche le verano (éié) ; sur le rivage du golfe du Mexique il n'y a pas de saison sans averses, et la végétation n'y languit jamais. Les deux volcans jumeaux d'Acatenango et de Fucgo ont 4,1 uO et 4,001 mètres, et il y a sur le territoire de la République environ vingt-cinq cheminées d'éruption, dont plusieurs encore actives.
Les lilancs sont peu nombreux dans le Guatemala, l'une des cinq Républiques où la fusion des races a fait \v. moins de progrès. Les métis proviennent du mélange dos Kspngnols avec les Mayas, les Aztèques cl les ToUèques. Parmi les Indiens, beaucoup sont des Indios bravos, encore païens, mais la masse de la nation adhère à la religion catholique : à coup sûr, les anccMres des Guatémaltèques étaient plus civilisés, eux qui tle\èrent et sculptèrent les monuments que l'on contemple avec étonnement dans les ruines de Coban, de Ticàl, de Dolores et d'autres grandes cités du temps passé. Sans compter l'espagnol, on parle sur le territoire de la République \ingtsix idiomes se ramenant à trois langues indiennes, le quiche, le maya et le nahuall. Sans immigration, le nombre des habilants du Guatemala double toutes les vingt-cinq années.
La capitale, la Nouvelle-Guatemala (i:\000 hab.), a son site à l,i)29 mètres d'altitude, à Mugt et quelques kilomètres seulement du Pacifique, sur le faîte entre les deux mers, près de deux mauvais voisins, le volcan de l'Kau (3,7')3 met.) et le volcan du Fou. Llle a succédé à la Vieille-Guatemala, l'ancienne métropole espagnole, saccagée il y a cent ans, par un tremblement de terre, comme celle-ci avait remplacé la résidence des rois indiens, l'Antitiue.-Guateuiala, emportée par une iuondali(Vi >ubile.
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Le SAN-SALVADOR, ou simplement SALVADOR, le
seul des cinq Étals qui n'aille pas d'un Océan à l'autre, n'a que i, 900,000 hectares, l'étendue de trois départements français, mais sa population atteint 600,000 âmes. C'est un des paysles plus habités du Nouveau-Monde. Il comprend une lisière étroite le long du Pacifique, des versants de forêts profondes,, et une haute plaine faisant partie du plateau de Honduras r large environ de oO kilomètres, ce plateau, d'une aKitude moyenne de 600 mètres, renferme des groupes superbes de volcans qui continuent ceux du Guatemala. On en compte^ sans les volcans de boue, vingt-neuf, éteints ou actifs, d'élévations diverses, entre 1,100 et 2,400 mètres. Le plus haut se nomme le San-Vicente; le San-Miguel a vomi une plaine de lave de 40 kilomètres de long sur lo de large; Tlzalco, soulevé en 1793, a toujours grandi depuis. Le climat salvadorien est très-chaud, mais sec et saUibre, parce que les montagnes barrent la roule du San-Salvador aux nuages de l'Atlantique, et que le grand Océan fournit ici peu de pluie.
Les Ladinos comprennent la majorité des Salvadoriéns. Après eux arrivent les Indiens, issus d'une branche des Aztèques mexicains : quelques villages parlent encore le nahuatl. Les Blancs purs forment à peine le quarantième de la population.
La capilale de cette République prospère, San-Salvador- (30,000 hab.), est bâtie à moins de 50 kilomètres du Pacifique, à 667 mètres d'allitude, près d'uti volcan de môme nom qu'elle (1,000 met.). Elle était autrefois plus grande, mais le tremblement de terre de 18o4 l'a anéantie et les habilants n'y sont revenus qu'au bout de quatre ans.
Les grandes ruines indiennes d'Opico prouvent que les anciens maîtres du plateau de Salvador ne le cédaient pas en habileté aux constructeurs des antiques cités du Yucatan, du Guatemala, du Honduras.
Le HONDURAS, grand de V6 millions d'hectares, peuplé de 350,000 habitants, ne possède sur le grand Oiéan que la
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baie trôs-vastc et tiùs-sûre de Fonseca, enlourée de volcaiiif. Sur le ri\agc beaucoup plus étendu de l'AHantique s'ouvre Puerlo-Caballos, port de premier ordre. Entre les deux nappes marines, la Manura de Coniayagua, an'aissemenl do la montagne, est comme un lossé transversal dont on pourra profiter pour creuser un canal inter-occanien. Seulement il faudra, par des étage;? d'écluses ou par un tunnel, franchir un faîte de près de 8o0 moires de hauteur. L'altitude moyenne du plateau fort tounnenlé de Honduras approche de l,<iUO mèlres, et les montagnes les plus considérables dépassent peut-ôtre 3,000.
Les Blancs, les indiens purs, les Noirs, originaires de (aih.i et de la Jamaïque, les Mulfllres, ne sont pas très-nombreux dans la République. Les Honduriens, en majorité [.adinos, tirent mal parti d'un pays auquel la variété des climats permet de tout produire, de la vunille et de la salsepareille dos Tropiques jusqu'au sapin des Vosges. Avec du travail, le Honduras prendrait le premier rang dans l'Amérique cenlralc ; le sol, qu'agitent rarement les tremblements de terre, excelle en fécondité, le sous-sûl regorge de métaux, le clitnat est parfait en beaucoup de districts, car la moyenne y varie de 13 ;\ 20 degrés. Malgi-é tout cela, par la paicïse et la négligence des Honduriens, le Honduras est la dernière des cinq Ht'inibliques. De vastes ruines des villes indiennes, telles que celles d'Olancho, montrent que cet admirable pays ne fut pas toujours aussi méprisé et aussi désert.
La capitale, Comayagua (3,U00 liab.), bourg à demi ruiné, s'élève à (>0f) mèlres d'altitude, non loin des ruines indicimes de Ténampua.
A une faible distance du Honduras, l'ile de Roatau a servi d'asile aux (Caraïbes noirs débarqués par Ie> Anglais sur son rivage, à la lin du xvni" siècle. Les Caraïbes noirs descendaient du mélange des Indiens cara'ibcs avec les Nègres des Antilles.
Le NICARAGUA (12 millions d'hectares, /iOO,000 Ames) constitue, dans l'ensemble, la terre la plus basse etjaplus tro-
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picale de la Confédération. Il donne une portion considérable de son domaine à la vallée du San-Juau, tributaire de l'Atlantique, et au lac delNicaragua d'où tort ce fleuve.
Le lac de Nicaragua, vaste de 6oO,000 hectares, c'est-à-dire comme douze Léman, a pour cadre des volcans, des monts cultivés, des versants boisés. De son sein jaillissent trois volcans éteints; sa profondeur va de IG à 40, et môme à 80 mètres ; son altitude n'est que de 37 mètres. Par une' rivière que déshonorent des marais, le Tipitapa, il recueille les eaux du lac de Managua, situé à 47 mètres et grand comme le lac de Genève. Entre le lac de Managua et l'océan Pacifique, le dos de terrain de la Cordillère de Nicaragua n'a que quelques lieues delargeur, aussi le San-Juan et ses deux lacs étages ont-ils été souvent proposés pour le trajet du canal destiné à réunir les deux océans. Malheureusement, le fleuve a des rapides, des hauts-fonds et trop peu d'eau pour les grands vaisceaux : il n'en roule pas moins, paraît-il, mille mètres cubes d'eau par seconde en moyenne.
Au nord de la République, un plateau très-inégal, d'une altitude de 1,000 mètres environ,va se lier au plateau du Honduras. Sur vingt bouches d'éruption reconnues, trois au moins n'ont pas cessé de rejeter des laves et de souffler des flammes et de la fumée. Lecône volcanique du ïélica (2,183 mètres) est la plus haute moulagne du Nicaragua.
Dans le Nicaragua, où les races sont fort mélangées, les Ladinos font les trois cinquièmes de la population, les Indiens purs le quart, les Noirs et Mulâtres le dix-septième, les Dlancs purs le vingt-cinquième. Quelques Indiens de l'intérieur parlent encore les antiques dialectes de leurs ancélres, dont plusieurs tribus se ramitiaient au grand tronc des Aztèques. Les gens de sang noir, en Nicaragua, préfèrent le pajs bas et chaud aux plaines hautes où vit de préférence ce qui a quelques gouttes de sangre azul dans les artères. La population, moins belle que dans les autres ilépubliques, y est aussi plus indolente.
Managua (iO,OUO liab.) est riveraine du lac qui porte son nom.
S32 GEOGRAPniE.
La COSTA-RICA (o à 6 millions d'hectares, 10:;,r:00 liab.) -est la portion la plus mince de l'Amcrique centrale; elle continue le plateau de Veragua (GOO à 1,000 mût. d'altitude), qui ccmmoncc à la dépression de Panama, et devrait apparlenir à la Confôdoration au lieu de dépendre de la Nouvelle-Grenade. Onze volcans, dont quatre actifs, garnissent les plateaux de Cosla-Rica, dominés aussi par une Cordillère très-boisée, de 2,000 mètres d'élévation moyenne. Parmi ces volcans, les plus beaux sont le .Monte Planco (3,578 met.), î'Irazu ou volcan de Cartago (3,507 met.), et le Turrialba (3,431) met.). I>a plus importante des liantes plaines, celle de Cartago, s'élend à t,2;i0-l,G0O met. d'altitude.
La Costa-Uica appartient presque exclusivement à la race blanche pure : chez les paysans un homme sur cinq, chez les citadins un sur vingt seulement portent dans leurs traits quelques traces, rarement caractérisées, d'un mélange du sang indien avec le sang espagnol. Les Costa-Riciens descendent d'immigrants delà Calice, cries Callegos ou Caliciens sont un des peuples espagnols les plus honnOle?, les plus laboricnv en même temps que les plus portés à se déplacer et A franchir les mers. A celle origine, les citoyens de la Costa-Rica doivent l'amour du travail et les qualités solides qui les ont mis à la lèle de l'Amérique centrait'.
La capitale se nomme San-José; c'est une ville de 2.'l,r00 habitants, établie à 1,288 mètres d'altitude, ;\ 06 kilomètres de Punta-Arénas, port du Pacifique, à f22 kilom. de l'Allanlique. Les jours les plus froids n'y font pas baisser le llierniomètre au-dessous de 13°7:i, les jours les plus chauds l'élèvenl rarement à 27°.
Sur le rivage guatémaltèque et la côte mexicaine du Yucalan, le long du golfe de Honduras, s'étend le HONDURAS ANGLAIS (t,3:i0,n00 hectares; 35, 000 hab.), colonie où les Iti- <liens, les Métis, les Nègres sont séparément plus nombreux que les Blancs. Le chef lieu, Bélize, port du golfe, renferme 5,000 individus, presque tous des Noirs.
Entre les éeiix Amérique s'étend une mer qui est comme la Méditerranée du Nouveau-Monde. Elle baigne au nord les côtes plates des États-Unis, qui lui envoient le puissant Mississipi, au sud la Nouvelle-Grenade et le Venezuela, dont les sierras majestueuses serrent généralement de trùs-prùs ses rivages. A l'ouest, le Mexique, le Yucatan, l'Amérique centrale, bordent ses eaux par une étroite lisière de terres basses dont la chaleur, l'humidité et les fièvres font un séjour terrible. A l'est, une traînée d'îles s'allonge enire l'Atlantique et cette mer intérieure, de la pointe de la Floride aux bouches de rOrénoque, comme une jetée où les ouvertures occuperaient autant d'espace que la digue. Ces îles, celles du nord-ouest grandes, toutes les autres petites, sont les Antilles, débris peut-être d'une vaste terre submergée, car leur flore et leur faune différent beaucoup de la flore et de la faune de l'Amérique avoisinante. Le bassin qu'elles séparent de la grande mer s'appelle mer des Antilles : il communique avec l'autre parlie de la méditerranée américaine, avec le golfe du Mexique, par une large passe, le canal de Yucatan, qui se creuse entre le cap Catoche (Yucatan) et le cap Saint-Antoine {île de Cuba).
C'est dans la méditerranée américaine que se chauffe le Ciulfstream; c'est au détroit de Remini qu'il en sort. Dans ce détroit, aussi appelé canal de la Floride, — il s'ouvre enIre la rangée des îles llahama et le littoral à coraux de la presqu île floridienne, — le courant du Golfe surmonte un courant polaire marchant en sens inverse à 400 mètres environ de profondeur. La largeur du Gulfsiream, à ce point de départ, est de 50 kilomètres; son épaisseur, entre le niveau de l'eau elle courant polaire, arrive en moyenne à 370 mètres, son volume à 33 millions de mètres cubes par seconde : sept cent cinquante mille fois l'étiage de la Seine à I»aris; la chaleur de ses eaux e.4 de 30 degrés, et jusque dans les parages de Terre-Neuve sa lempéralure reste supérieure à 20 degrés, au sein d'une mer voisine de la congélation.
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Les Antilles ont ensemble 23 millions d'hectares, moins de la moitié de la France, avec environ 4 millions d'hommes, dont plus de 1,200,000 Blancs. Un instant, vers le milieu du xvii<^ siùcle, on les appela lies de Darlovent. Aujourd'hui, on leur conserve encore, à côté de leur nom habituel, le nom d'Indes occidentales, donné lors de la découverte de ces lies par le grand (lolomb, qui crut y trouver ce qu'il cherchait, le prolongement de l'Inde asiatique. Lllcs ont, d'ailleurs, quelques traits de ressemblance avec la presqu'île de l'indus et du Gange : la situation dans la région tropicale, une végétation brillante sur un sol généreux, quoique déjà appauvri en maints parages par le déboisement et la culture forcée, un climat cliaud et humide, des pluies telles qu'il en tombe jusqu'à 10 métrés par an, enfin la fièvre jaune, aussi meurtrière que le choléra du Hengalo.
Les Antilles se redressent presque toutes en montagnes, les petites comme les grandes. Les petites sont ou calcaires ou volcaniques. Dans ces dernières, il y a sept volcans qui n'ont pas encore tout à fait abdiqué, et dans leur rayon d'activité, des tremblements de terre détruisent en quelques secondes ce qui a été construit avec beaucoup d'années. L'Archipel est également maltraité par des ouragans horribles : *il y aura bientôt ci'nt ans, une tourmente noya dans la Martinique 4,000 hommes montés sur 40 navire?, des villes et des bourgs furent comme extirpés du sol, et î),000 victimes restèrent sous les débris. Le même ouragan rasa la Harbade et engloutit à Sainte-Lucie une flotte anglaise avec ses 0,000 marins.
Le climat des Antilles mine rLuropécn, mais on peut lui échapper en fixant sa demeure dans un air plus frais que celui du rivage des mers. Par leurs mornes, leurs pitons, leurs nionlaunes, les Antilles ont, comme vis-à-vis d'elles rAmériqin.' latine, leurs terres chaudes, tempérées et froides. Ces deux dernières plaisent à LLuropéen qui y retrouve, à partir de quehiues centaines de mètres d'altitude, le climat des pays ri\erains delà Méditerranée, et, s'il monte assez haut, des froids vifs et quelques neiges. Les terres basses, au climat pUnicux, aux jours rarement sans nuées, conviennent aux Noirs cl aux Métis qui forment près des trois quarts de la pO'
pulation de rarchipel et portent les différents noms de Mamelouks, mulâtres, quarterons, cabres, griffes, sacatras.
On importa les Nôgres aux Antilles pour remplacer les indiens, presque anéantis par l'excès de travail, les mauvais traitements, le fusil, la dent des chiens dresse's à la chasse de l'homme. Surplus d'un million d'Haïtiens, à peine en restait-il 150,000 vingt-cinq ans après la conquête espagnole. Dans les petites Antilles, les Caraïbes, qui se donnaient dans leur langue le nom de Bénarée, disparurent moins vite, mais ils ne voulaient point cultiver pour l'envaliiséeur, contre lequel ils luKùrent avec héroïsme. Pendant plus de trois siècles, les Nègres ont donc défriché les Antilles en qualité d'esclaves, sous le fouet des surveillants, dans les plantations de canne à sucre, de café, de cacao, de tabac, de coton d'où sortirent longtemps les plus brillantes fortunes de l'Europe. Libres aujourd'hui dans les Antilles françaises, anglaises, etc., et ù la veille de le devenir dans les Antilles espagnoles, ils se dédommagent, par l'indolence, du travail qui fatigua leurs ancêtres. Les planteurs, menacés de voir leurs propriétés retomber en friche, font venir de l'Inde et de la Chine des travailleurs qui pourront bien ne laisser un jour aux descendants des Noirs libérés que la domesticilé dans ks villes et la sauvagerie dans les bois.
Quelques îles renferment encore çù et là des familles de ces Caraïbes énergiques qui avaient exterminé les autochlhoncs Igneris. La destruction des Caraïbes coûta beaucoup de sang et beaucoup de temps aux Européens. Quant aux Indiens confiants, honnêtes et débonnaires de Cuba et d'Haïti, ils sont tous descendus dans la tombe et la mort de leur race est un crime de l'Esiiagne.
L'île d'Haïti ne dépend d'aucun peuple d'Europe ou d'Amérique. Les antres Antilles relèvent de l'Espagne, de l'Angleterre, de la Fiance, de la Hollande, du Danemark ou de la Suède. Les iNoiis ont adopté la religion et la langue des différentes nations qui colonisèrent les îles, seulement cette religion se mêle de superstitions africaines, et l'espagnol, l'anglais, le français qu'ils [)arlent prennent dans leur bouche une physionomie singulièrement enfantine.
53C GLOGUAriIIE.
Les ANTILLES ESPAGNOLES prennent à elles seules la moilié de l'archipel en territoire et en population. Mlles s'étendent sur près de treize millions d'hectares, avec plus de doux millions d'habitants.
Cuba^ la plus grande et la plus importante des Antilles, vaut pour l'étendue vingt dcparlemenis français, environ douze millions d'hectares, bille nourrit 1,470,000 personnes, 1,000,000 mOme, s'il est vrai qu'il y ait des dizaines de milliers d'esclaves omis dans les recensements. Cette île est également voisine de la Floride (Étals-Uni?) et du Yucatan (Mexique) : de la première la sépare le canal de la Floride, ou d'Alaminos, large de 200 à 250 kilomùlres; entre elle et la côte ferme du Mexique passe le Ilot du canal de Yucatan.
La (( toujours fidèle » Cuba, comme la traitaient les Espagnols, contre lesquels elle soutient depuis trois ans une rude guerre d'indépendance, Cuba s'annonce de la mer par des ports excellents, tels que la Havane, Cienfuegos ou Jagua, Nuevitas, Mpe, Bahia Honda, Malaguela, Puerto de! Padre, Manati, etc. File est fort allongée (t,o9o kilom.), et fort étroite (tO à 21)0 kilom.; 88 en moyenne), et n'a pas m«>ins de 2.o00 kilomètres de côtes. D'un bout à l'autre courent des montagnes dont le principal pic, le Turquino, s'élance à 2,373 mètres, altitude moyenne entre nos Cévenncsct nos Pyrénées. Les valb'cs des petits fleuves et les Vegas (I), où se porte surtout la colonisation, se, distinguent par une fécondité quia valu à Cuba le surnom de « perle des Antilles. »
Bien que le bas pays éprouve des chaleurs très-fortes et lrès-per?i?fantes, que l'Ftiropéen y dépérisse à la longue, quoique la lièvre jaune fasse de terribles visites dans l(>s villes et les pucblos (bourgs) voisins de la mer, les Blancs forment la majorité <\ Cuba. Sur 1,470,00!) personnes, on compte 70:;, 000 Blancs, qui fournissent en moyenne il naissances par année sur 1,000 individus, contre seulement 2i décès. Les hommes de souche européenne n'étaient pas 100,000 en 1774. Les Cubains blancs sont généralement d'origine espagnole, eux-mêmes ou leurs ancéires étant venus de FFspagne ,dci
(1) Plaines irriguées, ensemble de jardin.*.
Canaries du de divers points de l'Amérique latine, tels que le Mexique et le Venezuela. Les individus arrivés d'Espagne, au nombre d'environ 100,000, sont surnommés Fenmsulares, gens de la Péninsule; il y a plus de 25,000 Canarioles. Parmi les autres Blancs, on trouve un grand nombre de Béarnais et de Gascons. La France méridionale envoie tant d'immigranls à l'île que le français pur et le français créole sont très-répandus, concurremment avec l'espagnol, dans certains districts : notamment prùs de Santiago. Dans les villes, il y a beaucoup d'Anglais et d'Américains du Nord. Les Nùgres et les mulâtres affranchis comptent pour 225,000, les esclaves pbur 380,000. Sur les 100,000 Chinois il n'y a encore que trùs-peu de femmes.
La capitale, la Havane, la ville aux cigarres fameux, n'a pas moins de 180 à 200,000 5mes. Elle occupe l'entrée d'une vaste baie de la côte septentrionale tournée vers la pointe de la Floride. L'air y est tiède et énervant, le climat malsain, la fièvre jaune fréquente.
L'autre île espagnole, Puerto-Rico, embrasse 030,000 hectares. Elle est voisine des Petites Antilles du nord. Le passage de Mena, d'une largeur de 150 kilomètres,la sépare de la partie espagnole d'Haïti. Des monts boisés recouvrent Tîle, qu passe pour la plus salubre des Antilles; leur tête la plus haute, le Yunque de Luquillo, n'a pas plus de 1,120 mètres. Comme ù Cuba, les Blancs forment la majorité. Parmi les 000,000 habitants, ils l'emportent de quelques milliers sur les hommes do couleur libres ou encore esclaves. Les Espagnols sont les plus nombreux des Blancs nés hors de l'ile ; on en compte près de 13,000, puis arrivent les Français. 11 n'y a encore que très-peu de Chinois. Quant aux Indiens, ils ont disparu depuis des siècles.
San- Juan (23,000 liab.), chef-lieu de l'île, est bâtie sur vu îlot delà côte septentrionale.
Entre Cuba et Porto-Ilico, l'île d'Haïti se partage en deux Ri'publiques indépendantes.
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Haïti OU Saint-Domingue (708,000 liab.) pourrait disputer à Cuba le surnom de perle des Antilles. Beaucoup moins vaste, car elle n'a qu'un peu plus de sept millions d'hectares, 12 départements français, elle est certainement plus fertile, mais les Nuirs et les Mulâtres de ses deux Républiques, privés de l'aide des Blancs, tirent le moindre parti possible de leur sol. La nature y prodigue en vain ses magnificences, le soleil ses rayons, tous les végétaux croissent inutilement dans ses vallées, et nul ne recherche les minéraux de ses montagnes.
Haïti, l'Antille centrale, grand corps ovale dont les membres sont des presqu'îles, a gardé, ou plutôt repris le noni que lui dormaient ses habitants indiens, lorsque Christophe Colomb découvrit leurs rivages. Ce nom d'Haïti sign'fiait « la montagneuse ». L'ile, en effet, porte plusieurs chaînes ; le massif le plus élevé, le Cibao, dresse un pic de prés de 2,200 mètres. De nombreux fleuves, petits comme on doit l'attendre d'une terre où la montagne touche à l'Océan, arrosent en tous sens Haïti et forment à leur embouchure quelques bons ports. Ainsi qu'à Cuba et dans le Honduras, l'acajou, très-bel arbre et bois magnifique, grandit dans les forets de cette île.
L'ancienne partie française de l'île, Saint-Domingue, aujourd'hui spécialement nommée Haïti, occupe une petite portion du tronc et les longues péninsules de la côte occidentale, que sépare de Cuba le canal au Veut, large :\ l'endroit le plus étroit de 80 kilomètres seulement. Elle prend un peu plus du tiers de lile, 2,GoO,000 hectare?, et sa population, évaluée à 57?, 000 habitants, vaut quatre fois et au delA celle des deux autres tiers.
Tout près delà rive nord ouest de Saint-Domingue, à portée du canal au \enl, la petite île de la Tortue, d'un abord pénible, servait d'asile, dans la première moitié du xvr siècle, à des coureurs d'aventures français. Durant les guerres souvent renouvelées que nous soulîimics alors contre l'Espagne, ces hommes «le fortune, ces pirates, ces boucaniers ou chasseurs, s'attaquèrent pour leur propre compte à la grande île Dominicaine, qui iippartenait tout entière à la couronne de Caslillr et Léon. Avant que le siècle fi\t à son terme, les presqu'î-
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les de louest et la grande vallée de l'Artibonilc, conquises et colonisées par les aventuriers, étaient devenues terre française en vertu du traité de Ryswick. De ce traité ;i la Révolution, nulle colonie à esclaves ne prospéra comme elle : Anglais, Espagnols, Porluguais, Hollandais y reconnaissaient rétablissement module. Elle languit aujourd'hui dans l'indolence et se débat dans les guerres civiles, depuis que, vers Jafin du siècle dernier, à la suite d'égorgemenls qui n'étaient que des représailles, les Noirs et les Mulâtres ont extirpé ou chassé les Blancs. Cette révolte fut pour nous un désastre immense, €ar presque toutes les familles nobles de la P'rance avaient des parents ou des amis à Saint-Domingue. Maintenant que les Noirs et les sang-môlé de l'île ont leur destinée dans leurs mains, sans aucune intervention d'Europe, ils s'usent dans le désordre et dans la haine d'une classe pour l'autre. Il y a constante inimitié de Noirs à Mulâtres, ceux-ci plus intelligents, plus beaux et plus fiers, ceux-là p'ijs nombreux. La population ne s'accroît plus,peut-ôtre recule-t-elle,et les plantations d'autrefois sont vaincues par la forêt. Tour à tour empire et république, Ilaïli reconnaît le pape, mais vénère aussi tant soit peu les gris-gris et les fétiches. La langue nationale est le français. Le gouvernement réside à Port-au-Prince (20,000 hab.).
La République Dominicaine (4,600,000 hectares, 130,000 hab.) couvre le centre et l'est de l'île. Le mont Cibao fait partie de son territoire, et ce qu'il y a de plus viril dans sa faible population s'est concentré sur les hautes terres qui s'espacent autour de ce géant d'Haïti. Des forêts spleiidides, 'acajou, cèdre, ébénier, descendent avec les monts jusque dans des plaines aussi fécondes et plus vastes que celles de la République voisine. La ibrét d'Yuna a l'avantage de borddr une rivière navigable qui s'achève dans la superbe baie de Samana.
Cette ancienne colonie espagnole fut le premier établissement des Castillans en Amérique, Elle débuta par la prospérité et par la splendeur ; les hidalgos, les routiers, /is chcr^ cheurs d'or,les convertisseurs de laPéninsule s'y précipilèreni à milliers, de belles villes y grandirent. En même temps dimi-
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nuaient les Caraïbes, surmenés ou massacrés, mais leur race, détruite enapparence, survit obscurément. Les espagnols amenaient peu de femmes avec eux dans le Nouveau-Monde, où ils couraient pour s'enrichir et non pour fonder des familles. Ils s'associèrent donc aux filles des Caraïbes, et la nation don^inicaine doit plutôt son origine à l'alliance des Européens et des Indiens qu'au mélange des Blancs et des Nègres. C'est l'inverse d'Haïti d'où le sang caraïbe a disparu, où l'élément noir domine l'élément mulâtre, et où le type blanc ne se voit plus.
Fernand Cortez avait été petit employé dans un bourg de l'île. Quand il eut dompté le Mexique, les Dominicains, éblouisde sa furtune, émigrèrcMit en masse vers le continent, et la colonie dépérit. Elle est loin d'avoir repris sa première vigueur. L'abandon définitif de ses rivages par l'émigration européenne, la guerre civile, les combats contre la République voisine, la paresse d'esprit des habitants ne sont pas de nature à la rele- \er.
Tout le peuple professe la religion catholique et parle l'espagnol. La capitale, Santo-Domingo, la première en date des \illes biltics parles Européens eu Amérique, occupe les bords du fleuve Ozama, à son embouchure sur la côte méridionale. Sous Charles-Quint, la grande affluence des immigrants eu j avait fait une cité vivante, all'airée, pompeuse, pleine de solides monunienls que les Espagnols, nouveaux ilomains, plantaient dans le sol a cette période glorieuse de leur épopée. Aujourd'hui le silence et la tristesse y séjournent.
Ta Jamaïque, au sud de Cuba, est la plus grande des AN- TILLES ANGLAISES. Sur 1,100,000 hectares, elle contient 4o0,000 liabilanis, dont un trente-deuxième seulement de Blancs. Son ancien nom indien Xaimaca signifiait, assure-t-on, pays des rivières, et vraiment l'Ile est bien pourvue de torrents. Les Blue Mounlains (Montagnes Bleues), frangées de cols élevés et difficiles, ont pour pics principaux le (ireat-Cascade (2,301 m.) et le Cold ÎUdge (2,488 met.) : il se pourrait que ce dernier 1
n'eût pas de rival dans les Antilles. Les parties basses de 1 île, marécageuses par endroits, et exposées à une chaleur lourde €t dévorante, sont insalubres, mais les hautes vallées ont le privilège d'un climat très-sain. La capitale, Spanish Town est une ville de rien, mais Kingston, fameuse par son rhum, compte 36,000 habitants.
Cuba, Puerto-Rico, Haïti et la Jamaïque forment les Grandes Antilles. Tout le reste de l'archipel se compose de petites îles €t d'îlots nommés dans leur ensemble les Petites Antilles.
Les PETITES ANTILLES ANGLAISES (830,000 hectares; 400,000 hab.) sont, du nord au sud :
Antigoa (28,000 hectares, 30,000 hab. ; un quinzième de Blancs), île calcaire, sans eau; sa capitale, Saint-John (1 6,000 hab.), est en môme temps le chef-lieu de toutes les Antilles anglaises.
Saint-Christophe ou Saint-Kitts (I7,G00 hectares; 25,000 hab.) : le mont Misery, ancien volcan, a 1,128 mètre?,
Nevis (10,000 hab.), salubre et bien arrosée, est un volcan de 750 mèlres de hauteur.
Montserrat (12,000 hecf.; 7 à 8,000 hab. : les Blancs sont, dit-on, d'origine irlandaise) reçut ce nom de Colomb à cause de sa ressemblance avec la fameuse montagne de Montserrat, l'une des grandes curiosités et le principal pèlerinage de la Catalogne. C'est une île volcanique où le pic de la Soufrière dégorge encore des vapeurs.
La Dominique (75,000 hecf. ; 25,000 hab.), fort élevée, a pour principale cime le volcan du Morne Diablotin. Cette île était plus riche quand elle dépendait de la France. Ainsi de Sainte-Lucie.
Sainte-Lucie (64,000 hect.; 30,000 hab., dont 1,000 lilaucs), ancienne colonie française, a conservé notre langue, l'.llc renferme de vastes forêts où serpente le venimeux bor throps. Son climat est humide, et des ruisseaux bien fourni» tombent de son massif volcanique, que dominentles deux pitons de la Soufrière.
Saint- Vincent (:54,000 hect. ; 32,000 hab., dont 2,350 Blancs, descendant en partie des Portugais des îles d'Afrique)
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a des monts de ^,200 mètres d'altitude, des forais, des torrents, un bon climat. Le Morne Garrou est un volcan actif.
La Barbade enlrelient plus de i:>0,000 liabilanis sur moins de 43,000 hectares d'un sol calcaire et peu élevé : cela fait 359 individus par kilomùlre carré, cinq fois plus proportionnellement que la France. Peu de pays ont une population aussi serrée. Sous un climat fort salubre, c'est la mieux cultivée des Antilles. Parmi les 153,000 Barbadiens, il y a 10,000 à 17,000 Blancs.
Grenade (32,500 hect. ; 37,000 hab., desquels 6 à 7,000 Blancs) est une île malsaine, mais très-gracieuse. Ni les sources, ni les torrents n'y manquent; le Morne Michel (830 mètres) et le Morne Rouge, dont les noms rappellent l'ancienne colonisation française, commandent à ses autres cratères.
Tabago (2.'), 000 hectares), exempte d'ouragan?, n'a qu'un Blanc sur 128 habitants. Le principal morne y atteint oSl mètres. La population s'élèveà ! 0,000 individus environ. C'est entre Tabago et la Trinité, que le tlot de mer chaud qui s'appellera plus loin le Courant du Golfe passe de l'Atlantique dans la mer des Antilles.
La Trinité, non plus, ne connaît guère les ouragans. C'est la plus grande des Petites Antilles. Sa nature géologique cl sa proximité du continent américain, en face du délia de rOrénoque, en font une dépendance du Venezuela, une île de l'Amérique du Sud plulOtqu'une Antillc. Klle n'a pas moins de 455,000 hectares, mais un vingt-deuxième seulement du sol c?t en culture ; le reste appartient aux bois, aux savanes, aux marécages redoutables, i des montagnes qui prolongent en réalité les Andes, et dont le pic majeur, le Tucutché, se dresse \ 910 mètres. Le climat est salubre, excepté dans le voisinage et sous le vent des marais. Ayant été peuplée, vers la tin du siècle dernier, par des émigrés de Saint-Diimingue, la Trinité a pour langue nationale le français créole. Sur 85,000 habilants, DU ne compte guère que 5 à 0,000 Blancs pur.^, parmi lesquels heoucoup sont des Portugais de Madère.
Ce sont là les Antilles anglaises. L'Angleterre possède aussi d.insces mers, au nord de Cuba, au sud-ejftde la Floride, l'arcliipel des Bahamas, ou Lucayes, îles ou îlots madrépori-
ques, au nombre de plusieurs centaines. L'archipel, accru de nos jours encore par de nouveaux récifs de corail, a 1,400 kilomètres de longueur, sur une largeur moyenne de 300, et près de 140,000 hectares. Très-sèches, mais saines, les Bahamas sont en grande partie inhabitées ; elles renferment 35,000 habitants, parmi lesquels 6,000 Blancs. L'industrie principale est le sauvetage des navires, fréquemment en détresse dans ces parages semés de coraux. Le centre commercial, Nassau, s'élève dans l'île Providence. C'est par l'une des Bahamas, on ne sait laquelle, que Colomb toucha pour la première fois le Nouveau-Monde.
A moins de 1,000 kilomètres de la côte des États- Uni?, à plus de 1,000 kilomètres des Bahamas, en plein Atlantique, les Bermudes (7,000 hectares ; 12,000 habitants, les trois cinquièmes Blancs) tirent leur nom du capitaine espagnol qui vit le premier leur ceinture de coraux : pour son malheur, car il y naufragea. Files forment un archipel de plusieurs centaines d'îlots bas, sans eau, salubres et bien cultivés ; la barrière des coraux y donne accès par des passes qui ne sont pas toutes sûres. Les Anglais y ont un arsenal et des chantiers maritimes où travaillent 1,500 galériens.
Pour les ANTILLES FRANÇAISE. ^ V. France : colonies de l'Amérique du Nord.
Les ANTILLES HOLLANDAISES (95,000 hectares 35,000 hab.) sont :
En pleine mer,
Saba, énorme tour calcaire inaccessible, hors au sud par une petite anse sablonneuse d'où un soulier grimpe en zigzag dans la roche. Ses 1,800 habitants construisent des bateaux et tricotent des bas.
Saint-Eustache ('2,000 hab.), îlot volcanique sans une goutte d'eau de source. LePunch-Bowl y ouvre un cratère de 300 met. do profondeur.
su GEOGRAPHIE.
Le tiers de l'île de Saint-Martin, avec 3,000 habilanls. Los deux autres tiers apparliennent à la France.
Prùs de la côte du Venezuela,
Curaçao (42,500 hectares), à 75 kilomètres de la côte ferme, île montueuse et aride, connue dans le monde par l'excellente liqueur à laquelle elle a donné son nom, mais qu'on fabrique en Hollande avec des écorces d'orange. Les21,O0(i habitants de Curaçao parlent un hideux patois, le papamienlo, formé de mots et de lambeaux de phrases pris au hollandais, au français, à l'espagnol, au portugais et à l'indien goajire.
Oruba (20,000 hect. ; 4,000 liab.), terre montagneuse.
Bonaire, île élevée qui n'a pas 4,000 habitants, sur près de 25,000 hectares.
Les ANTILLES DANOISES (21,000 hcct.; 38,000 nao.; sont Saint-Jean, Saint-Thomas, dont le port est important comme point de correspondance de lignes de bateaux à vapeur, et Sainte-Croix (10,000 hect.; 23,000 hab.,un dixième lîlancs), où l'on parle anglais.
L'ANTILLE SUÉDOISE est Saint-Barthélémy, ou Saint-Bart (21,000 hect. ; 3,000 hab., dont un cinquième blancs). Celle île de volcans éteints n'a pas une source : on va chercher l'eau potable en bateau, dans l'île de Saint-Cliristophe, ;\ ;12 kilomètres de dislance. Saint-IJarlhélemy, colonisée par la France, est plus française que Scandinave.
KOUVELLE-GUENADE. 54^
AMÉRIOUE DU SUD.