NOUVELLE-GRENADE
Avec Belalcazar, Heredia et d'autres capitaines, l'Andaloir Gonzalo Jimenez de Quesada fut un des conquérants de cette région des Andes. A son arrivée dans la haule plaine de Bogolâ, trouvant à ce bassin bordé de montagnes une grande ressemblance avec les environs de la Grenade espagnole, il donna au pays le nom de Nueva-Granada (Nouvelle-Grenade). Aujourd'hui le nom officiel de la République est Estados Unidosde Colombia (États-Unis de Colombie),
Cent millions d'hectares au moins, cent trente-trois millions avec les territoires disputés au Venezuela, au Brésil, à rÉquateur, appartiennent àccttc République, qui dispose ainsi d'une étendue deux fois et demie plus vaste que la France. Sur celte aire immense ne vivent encore que trois millions d'habitants, deux ou trois par kilomètre carré (70 en France).
L'isthme de Panama est comme un fossé isolant distinctement l'Amérique centrale de l'Amérique du Sud. De cette dépression a profité le chemin de fer interocéanique d'Aspinwall à Panama : longue de 80 kilomètres, celte voie n'a pas besoin de monter à plus de 80 métrés au-dessus de l'Océan. 3,000 ouvriers y réparent continuellement les dégclls lails par des pluies })ressées, par des insectes qui rongent, et surtout par une végétation d'une puissance prodigieuse. Il faut lutter sans relûche pour qu'une nouvelle forêt tropicale n'ensevelisse pas la voie et les stations elles-mêmes. Après quelques années d'abandon, rien ne rappellerait l'homme, la nature aurait tout repris.
F/isthmc de Panama lient son nom d'une ville riveraine du Pacifique, et peuplée d'environ 20,000 habitants, dont un lier^
de niaiici, deux tiers de Noirs et de métis. Il fuit partie du territoire néo-grenadin, lui, qui occupe l'angle nord-ouest de l'Amérique du Sud, et par la Nouvelle-Grenade est la seule République du demi-continent qui se baigne à la fois dans l'Océan de l'est et dans l'Océan de l'ouest.
Trois régions naturelles se distribuent le pays : la région des Andes, hauts plateaux et montagne?, tierras frias et tierras templadas ; la marge étroite du Pacifique ; les plaines ou llanos disputés en partie par les trois l'étais limitrophes. Les llanos s'étendent à la base orientale des Andes, sur de larges rivières qui vont renforcer l'Amazone et l'Orénoque. La rive du Pacifique et les llanos sont les tierras calientcs grenadines.
A son entrée dans le territoire colombien, aux environs du fameux volcan Cerro de Pasto (4,G0O mèt.^, les Andes, venues de l'Equateur, se composent de deux chaînes parallèles, la plus élevée longeant de loin le Pacifique. Ses volcans majeurs dépassent 4,000, quelquefois 4,oOO et 4,800 mOtres.
Bientôt, au lieu de deux chaînes, il y en a trois, qui s'écartent vers le nord comme les branches d'un éventail. La chaîne occidentale ou du Pacifique, entre l'Océan et la profonde vallée du Cauca, a 2,;)00 métrés de hauteur moyenne et des pics de 3,000 à 3,400 mètres. La chaîne centrale, ou cordillère des Volcans, se divise, au pàramo de los Humos, en deux branches, l'une séparant le Magdalena du (^auca, l'autre le Matidalena des llanos. La première garde le nom de cordillère (ientrale, l'autre est la cordillère Orientale. Hans la cordillère <lentrale les principaux volcans sont le Huila (.'1,700 met.), aux trois sommets neigeux, et le Purace (i,9(is met.), volcan actif que sa dernière éruption (1840) aurait diminué de 270 mètres. C'est du Purace que descend la rivière Vinagre (Vinaigre), dont les eaux sont acides — de là leur nom — et se précipitent par deux cascades superbes, l'une de 80, l'autre de lOo mètres de hauteur. t)ans cette même cordillère, plus au nord, les ncvadosou massifs neigeux de Quindiu, du volcan de Tolima, de Santa-Isabel, de Huiz, de la Mcsa de Ilerve s'élèvent k i, 000-5, G 10 mètres. La cordillère Orientale, en général peu fcnllée au-dessus du plateau, reçoit quclquef«)is le nom de Montes de la Suma-Paz d'un de ses grands pics, le Nevado de