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CHILI

C'est ChiU (pr. Tchilé), et non pas Chili, que ce pays s'appelle. Son étendue, un peu supérieure à celle de la (irande-

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Bretagne, un peu inférieure à celle de la Prusîo avnnt ses victoires, est de 34 millions et demi d'hectares, soit 56 à 1)1 déparlements français. Sa population s'élève à 2,100,000 habitants : 6 par kilomètre carré (70 en France).

De tous /es pays espagnols du Pacifique, le Chili seul se trouve en dehors des Tropiques, aussi la division en terres chaudes, tempérées cl froides n'y a-t-ellc pas la môme importance que dans les aulres Républiques des Andes. A l'exception des ùièîiicls brûlanls, secs et stériles qui continuent le désert péruvien d'Atacama jusque dans le voisinage de Coquimbo, les licrras templadas, fécondes, juste assez pluvieuses, douces à habiter, occupent tout l'espace entre les renflements andins et l'Océan, que sillonne, dans la direction du nord, le courant froid de Humboldt, issu des mers antarctiques. Ces terres tempérées embrassent environ huit millions d'hectares, l'aire de treize départements français, dans une contrée grande comme les deux tiers de la France. D'énormes montagnes couvrent le reste de leurs pics à frimas, de leurs gorges à foriMs, de leurs bois d'araucarias, de leurs hauts versants où l'hiver s'éternise.

Les Andes font leur première apparition dans la montagne du cap Ilorn (1,000 met.), roche sévère au-devant de laquelle s'impatiente une mer redoutée. D'ile en île, la chaîne arrive au continent et pousse an nord sous le nom de cordillère de Patagonie. Immédiatement voisine du Pacifique, elle sépare la côte chilienne des larges et froids déserts patagons, réclamés en vain par le Chili : leur situation à l'orient des Andes 1:: entraîne invinciblement dans l'orbite de lUienos-Ayres.

Les Nevados de la cordillère en partie volcanique de Palagonie sont peu connus encore; les principaux s'élèvent A 2,000-2,500 mètres. Vis-ù-vis de leurs rudes versarils, de leurs torrents, de leurs forOts de hêtres toujours verls, se suivent des îles que des chenaux étroits isolent du rivage. Il pleut conslammenl sur ces île?, sur les délroils^ sur la côte que scient ces golfes resserrés comme des fiords. Mais quand par hasard les vents déchirent les nuages, le soleil éclaire un des spectacles les plus grandioses de li zone tempérée. Le regard no sait (in'admirer le plus : le fouillis d'îles, les fiords

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OU la montagne, dont les glaciers descendent jusqu'à la plage de la mer. L'air du Chili méridional verse tant d'humidilû sur le versant occidental des Andes pat;»gones qu'il y a sous le 4G" degré des glaciers léchés par l'OcOan. C'est comme si la glace éternelle frôlait le rivage de la Saintonge ou du Poitou, rivage auquel manquent, il est vraj, des montagnes de 2,000 mùlros.

Deux des îles de ce littoral, le plus frangé de l'Amérique du Sud, ont une grande étendue "Wellington et Ghiloë. Chilot' vaste de 1,350,000 hectares, commande à un archipel de cent vingt îles séparces du conlincnt par le détroit dé Chacas. Cette terre supérieurement dotée possède un rivage extrêmement découpé, des ports où la marée monte de huit ^ douze mètres, de grandes forûts sur des montagnes de cinq ;"i huit cents mètres, des campagnes féconde?, un climat égal et Irèshumido, avec 2 à 3 mètres de pluie par an. La population y augmente fort vite, elle est aujourd'hui de plus de 00,000 Ames. La capitale se nomme Ancud.

Au col de Perez Rusalcs, menant de Puerto-Monte à un lac d'où sort le Hio Negro de Palagonie, commencent les Andes du Chili. 11 y a dans ces parages une véritable cassure de l'épine dorsale de l'Amérique du Sud. La rivière Aysen, formée dans la Patagonie argentine, pénétrerait en Chili par une fissure des Andes et viendrait se jeter dans l'océ.in Pacifique.

Jusqu'à ce jour, on a relové trois volcans actifs dans la cordillère Chilienne : le volcan d'Antnco (•J.735 mètres), celui de Villarica, celui d'Osorno. L'Aconcagna :«i,S3l mètres), qui a quelque temps passé pour le monarque des Andes, n'appartient pas au Chili, mais la République possède le Tapungato (Oj.'inO mètre-), Je volcan de Maypu (:i,3S4 mètres) et le Cerro del .MiTcedario (r»,7'j8 mètres). Au nord du Descabezado de Maule, /es glaciers s'amoindrissent et deviennent rares. De ces hautes Andes à la côte du Pacifique, il y a trois descentes et deux moritées. A la base de la grande cordillère s'étend la dépression connue sous le nom de Vdllcs Audinos (vallées andincs), puis >ienl lacordilleradcl Medioou cordillère Moyenne, d'où l'on redescend vers le pied de la cordillcra de, la Costa, qu'il faut encore gravir avant de voir la plaine liquide.

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Des torrenls abondants donnent aux vallées chiliennes l'aspect riant et la fertilité qui font défaut au littoral péruvien. I.Gurs irrigations aidant les pluies, le Chili s'appelle sans se vanter le « Jardin du Nouveau-Monde » et « le Grenier du Pacifique méridional. » Ses blés viennent jusqu'en France. Les forces souterraines qui se manifestent à toute heure parles cheminées des volcans sont le seul ennemi de ce pays prospère : de temps à autre elles font chanceler les villes, parfois elles les renversent.

Une portion du Chili septentrional se ressent du voisinage du désert d'Atacama. Il faut aller dans le Chili du Sud pour trouver les torrents à pleins bords et les beaux lacs. Le Tolten sort du lac de X'illarica, où se projette l'ombre d'un volcan superbe ; le Bobio se distingue par un cours comparativement long; le Calle-Calle, branche de la riviùre de Valdivia, puise à trois lacs, le Calafquen, le Panguipulli, le Rinihue; le Bueno reçoit également les eaux de trois lacs, le Ranco, le Puyegue, le Rapumo ; le Maullin, qui tombe en mer vis-à-vis de Cliiloë, a son léman dans le Llanquihue, dont la nappe d'eau de 45 kilomètres de long, sur autant de large, est dominée par le magnifique volcan d'Osorno : le Llanquihue réfléchit des forêts encore intactes, tandis que dans le reste du Chili, excepté en Araucanie, les bois disparaissent devant la brutalité du colon et la soif de fortune du marchand.

La population croît annuellement de vingt à vingt-cinq mille individus par an, et double en trente années. Elle grandirait bien plus vite sans une émigraticTu très-considérable qui se dirige du Chili vers le Pérou et surtout vers les provinces argentines situées au pied du versant oriental des Andes. Cette émigration date de l'ère coloniale, quand tes provinces faisaient partie du Chili. I^lle n'a pas de conlre-poids dans l'immigraliv..! européenne, qui a de tout temps été très-faible, à cause du grand éloignement de la République par rapport à l'I'spaL'ne, à l'Italie, à la France, à lAllemagne. Sur les 2,100,000 habitants, le plus grand nombre descend des conquérants et des colons espagnols, mais non sans mélange avec les indigènes que les iucas du Pérou avaient commencé à civiliser. Aujourd'liui la fusion des races est à peu près complète dans

les dislricls anciennement habités. Dans les hautes Andes, le sang indien a reçu peu de sang blanc.

Au sud, à partir du ToKen, sur lot» kilomètres de littoral, vivent les Araucans,qui sont des sauvages d'un brun passablement clair. Les Araucans luttèrent à outrance contre l'Kspagne, ils lui firent perdre plus de soldats que tous les grands peuples de l'ancienne Amérique ensemble, et ils ne furent pas domptés. Les Espagnols chassés des colonies, ils ont tenu télé aux Chiliens et ils ont gardé leur langue et leurs mœurs. Récemment, ils avaient pris pour chef un avoué de Périgueux. Mais les voici cernés au nord et au sud par les IJlancs, les villes policées se rapprochent d'eux, la mer les resserre à l'ouest, la Cordillère à l'orient. Ces trente à quarante mille Indiens petits et trapus, ces excellents cavaliers ne resteront pas longtemps ycnle braV'i, l'heure des Araucans a sonné. Déjà, d'ailleurs, leur race a été fort altérée par des croisements avec le sang européen. Les Chilotes, insulaires de Chiloë, sont des Araucans métissés de Hlancs et parlant un idiome indien, concurremment avec l'espagnol.

Tous les Chiliens sont catholiques, presque tous usent de la langue espagnole.

Le chef-lieu de la République, Santiago (1111,000 liab.), s'élève entre mer et mont, à liiO kilomètres du Crand Océan, A 509 mètres d'altitude, sur le Mapocho, torrent qui gagne le fleuve Maypu. La plaine qu'elle occupe a des palmiers parmi ses arbres; toutefois, la moyenne annuelle n'y est pas même de 13°, ce qui tient à la hauteur du sol. La vallée de Santiago est marécageuse, le climat mauvais, exposé aux gelées d'hiver cl aux changements brusques. — Le port de cette capitale est Valparaiso (70,000 âmes), cité fort commerçante, sur un triste ri\age, <'n dépit de son nom espagnol qui veut dire Val du Paradis. L'une et l'autre ville sont très sujettes aux IrembleracnU de terre.

A 600 kilomètres en mer, Juan Fcrnandez on Mas-a-

Tlerra est le lieu de déportalitm du Chili; des familles allemandes viennent de s'iuirtaller dans cette lie, où se dretse un

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